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TARIFS EDF : PROGLIO JUSTIFIE L’ESCROQUERIE DES HAUSSES RÉCENTES ET À VENIR

20 Août 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #France

TARIFS EDF : PROGLIO JUSTIFIE L’ESCROQUERIE DES HAUSSES RÉCENTES ET À VENIR

Prenons maintenant le temps de revenir, car cette affaire est emblématique du système politique et économique que nous subissons, sur la hausse des tarifs de l’électricité appliquée par EDF le 1er août.

Extrait du site lemonde.fr, le 31 juillet 2013 à 7 heures 56 (propos recueillis par Pierre le Hir, Cédric Pietralunga et Denis Cosnard) :

« HENRI PROGLIO : ‘’LA FRANCE GARDERA L’ÉLECTRICITÉ LA MOINS CHÈRE D’EUROPE’’

« Si certains à gauche continuent de réclamer sa tête, Henri Proglio, refuse de courber l’échine, fort de ses succès à la tête d'EDF, comme l'attestent les résultats semestriels du groupe, publiés mardi 30 juillet. La fermeture de Fessenheim ? Une décision "politique", estime le PDG d'EDF, qui compte réclamer des indemnités. La hausse des tarifs de l'électricité ? EDF aurait pu les augmenter encore plus, relativise M. Proglio, qui assure que la question du renouvellement de son mandat en 2014 ne se pose pas..."pour le moment".

« (…) Les tarifs de l'électricité pour les particuliers vont augmenter de 5% jeudi, puis 5% en 2014 et sans doute encore 5% en 2015. Êtes-vous satisfait ?

C'est le résultat d'une discussion avec les pouvoirs publics. Il fallait trouver une solution qui garantisse l'équilibre économique de cette maison, tout en étant acceptable par les clients. L'autorité de régulation réclamait une hausse de 17% pour rattraper les augmentations qui n'avaient pas eu lieu. J'ai plaidé pour un mouvement plus modéré et étalé sur plusieurs années. Cela nous permet de planifier nos investissements, et aux clients de savoir où ils vont. Ensemble, EDF et le gouvernement ont apporté une réponse qui me paraît ambitieusement raisonnable.

« 15% en trois ans, c'est tout de même beaucoup !

Bien-sûr, c'est difficile à expliquer aux gens. Mais vous verrez qu'ailleurs en Europe, les hausses seront bien supérieures. L’Allemagne a déjà relevé ses tarifs de 12% au 1er janvier, et il y aura d'autres hausses. Le mouvement sera le même en Grande-Bretagne.

« La France se croyait à l'abri, grâce au nucléaire...

C'est un atout, mais pour le pérenniser, il faut moderniser en permanence notre outil industriel. Donc beaucoup investir. Cela coûte cher. Mais au final, la France gardera l'électricité la moins chère d'Europe. Aujourd'hui, nos prix sont inférieurs de 35% à la moyenne européenne. Avec l'Allemagne, l'écart est de un à deux.

« (…) Votre mandat se termine l'an prochain. Êtes-vous candidat pour un autre ?

J'ai une mission, je l'accomplis, et la question de la suite ne se pose pas pour le moment.

« Selon Le Point, des banquiers de votre épouse, la comédienne Rachida Khalil, ont été intrigués par des mouvements suspects sur ses comptes. Elle a notamment reçu 20 000 euros d'une entreprise de conseil qui travaille pour EDF. Qu'en est-il ?

EDF n'a rien à voir avec cela. C'est une manipulation. Mais il en faut davantage pour me déstabiliser. "Caramba, encore raté ! ", comme on dit dans Tintin...».

Le commentaire de ForumSi :

TARIFS EDF : PROGLIO JUSTIFIE L’ESCROQUERIE DES HAUSSES RÉCENTES ET À VENIR

« Caramba, encore raté ! » : comme il est sympathique ce PDG d’EDF citant un personnage de Tintin, se dira un lecteur non averti. Et ce lecteur se trompera, bien entendu, car si Proglio était un personnage de Tintin, ce serait plutôt l’un des gnomes de Wall Street (celui, par exemple, qui combat l’expédition européenne de L’Etoile mystérieuse) que le dynamique reporter dessiné par Hergé et dont le modèle était, dit-on, Léon Degrelle, lequel fut un journaliste talentueux avant de devenir le leader du rexisme belge.

Mais laissons là les aventures de Tintin, pour revenir à celles de Proglio. Nous aurons certainement l’occasion d’en conter quelques épisodes à nos lecteurs. Pour cette fois, nous nous cantonnerons au plus récent de ces épisodes : la hausse des tarifs EDF du 1er août.

Nous noterons tout d’abord que, lorsque les journalistes du Monde mentionnent une hausse de 15 % en trois ans, ils commettent une erreur logique. Si, en effet, les hausses appliquées sont de 5 % en 2013, 2014 et 2015, le résultat final est beaucoup plus proche de 16 % que de 15 %, puisque, en partant d’un indice 100 avant la hausse de 2013, on aboutit, après celle de 2015, à un indice égal à : 100 * 1,05 * 1,05 * 1,05 = 115,76. Et cet écart de 0,76 % par rapport aux 15 % retenu par Le Monde est bien évidemment loin d’être négligeable, compte tenu de cette masse colossale qu’est le chiffre d’affaires d’EDF. Proglio en est conscient, sans aucun doute, mais s’est bien évidemment abstenu d’attirer l’attention de ses interlocuteurs sur ce point.

LE MÉCANISME D’ESCROQUERIE IMAGINÉ PAR LA CRE

Avec une hausse totale proche de 16 %, on est à l’évidence très proche des 17 % « réclamés » par l’ « autorité de régulation ». Mais quelle est donc cette « autorité de régulation » et pour quelle raison « réclame-t-elle » (au lieu de se contenter de « proposer ») une augmentation de 17 % des tarifs EDF ?

L’ « autorité de régulation » dont il est ici question est un fromage républicain dont la dénomination exacte est Commission de régulation de l’énergie (CRE). Nos lecteurs les plus fidèles connaissent cet intéressant organisme puisque, dans notre premier commentaire, daté du 13 septembre 2011, nous avions examiné un extrait du bulletin n° 6 de la CRE consacré aux tarifs réglementés de l’électricité. Et comme nous allons le voir maintenant, nous étions dès alors dans le vif du sujet que nous commentons aujourd’hui. Reproduisons, en effet, le commentaire que nous avait inspiré la lecture du bulletin n° 6 (juillet 2011) de la CRE :

-les tarifs réglementés actuels, appliqués par EDF et qui permettent de couvrir l’ensemble des frais (production, transport, distribution et commercialisation), sont inférieurs à ceux des fournisseurs « alternatifs » ;

-pour être compétitifs, ceux-ci devraient donc normalement –si l’on en croit les dogmes libéraux- baisser leurs tarifs à un niveau comparable à ceux d’EDF ;

-or, d’après le bulletin de la CRE, la solution retenue pour assurer la « contestabilité » (c’est-à-dire la possibilité pour un fournisseur alternatif de proposer une offre compétitive) est au contraire d’augmenter les tarifs d’EDF !

DES HAUSSES SANS CAUSE ET UNE CONCURRENCE ARTIFICIELLE

Vous croyez rêver, chers lecteurs, et pourtant, tel n’est pas le cas. Nous nous trouvons bien en face d’un système de hausse sans cause, visant à mettre en place une concurrence totalement artificielle, au détriment, comme il se doit, des consommateurs français d’électricité, qui vont devoir ainsi payer une électricité au prix artificiellement relevé. La hausse du 1er août 2013, ainsi que celles annoncées pour 2014 et 2015 rentrent exactement dans ce schéma, qui n’est rien d’autre que le mécanisme d’une escroquerie.

Et que l’on ne nous dise pas que ces hausses sont rendues nécessaires par l’entretien des centrales nucléaires, alors que la CRE écrit que les tarifs réglementés appliqués par EDF lui permettent de couvrir la totalité de ses frais, d’une part, et que, d’autre part, Le Monde nous indique que, grâce à la brillante gestion de Proglio, EDF dispose de résultats semble-t-il appréciables, lesquels, selon nous, devraient être en priorité utilisés, au moins en partie, pour financer d’éventuelles insuffisances d’entretien des centrales. Nous écrivons « éventuelles » car l’article du Monde ne donne aucun chiffre à ce sujet, de même d’ailleurs qu’il ne fournit aucune indication chiffrée sur le sûrement très brillant compte de résultat d’EDF à la sauce Proglio : décidément, les journalistes du Monde ne sont pas curieux !

Ce qui est clair, en tout cas, c’est que le mécanisme d’escroquerie concocté par la CRE il y a déjà deux ans est en cours de mise en place, avec la complicité de Proglio : comment voudrait-on, dans ces conditions, que celui-ci perde sa place à la tête d’EDF, dès lors qu’il a accepté de partager le gâteau d’un chiffre d’affaires monumental avec ses petits camarades des autres fromages républicains ? Evidemment, une fois de plus, c’est le portefeuille des Français qui va souffrir, ces Français dont l’argent a financé pendant des décennies une grande entreprise qui s’appelait L’Electricité de France, grande entreprise qui a été privatisée, paraît-il pour répondre aux attentes libérales de la Commission anti-européenne de Bruxelles : mais au fait, a-t-on demandé aux Français ce qu’ils pensaient de cette privatisation ? Celle-ci, tout comme l’infamie du mariage homosexuel, ne méritait-elle pas, à tout le moins, un référendum ? C’est fou comme les républicains craignent de demander son avis au peuple français !

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