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SARIN EN SYRIE : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME DE DAMAS ?

23 Août 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #Après la Libye - à qui le tour

SARIN EN SYRIE : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME DE DAMAS ?

Extrait du site msn.com le 22 août 2013 :

« SYRIE : (…) REPRISE DES BOMBARDEMENTS

« Des activistes rapportent que les forces du président syrien Bachar al-Assad ont repris le bombardement des faubourgs de Damas contrôlés par les rebelles.

Des roquettes tirées par des "orgues de Staline" et des obus de mortier se sont abattus aux premières heures du jour sur Djobar et Zamalka, deux des quartiers de la région de Ghouta où, selon l'opposition syrienne, des gaz neurotoxiques auraient fait entre 500 et 1.300 morts, mercredi 21 août. (…) ».

Le commentaire de ForumSi :

SARIN EN SYRIE : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME DE DAMAS ?

L’annonce faite début mai, par Carla Del Ponte (magistrat suisse membre de la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les violences en Syrie), de l’utilisation de gaz sarin, « contre leur propre peuple » (pour reprendre la formule répétée mécaniquement, à propos des autorités baasistes, par tous les soi-disant « journalistes » des gros médias), par les criminels obscurantistes qui combattent le pouvoir légitime du président Assad, cette annonce, qui aurait dû soulever une vague d’indignation chez les professionnels des droits de l’homme, a laissé ceux-ci de marbre.

A l’inverse, des échantillons ramenés, nous dit-on, par deux journalistes du Monde (quelle confiance peut-on leur accorder ? La France ne dispose-t-elle pas de services secrets auxquels confier ce type de mission ?), d’une ville aux mains des forces obscurantistes attaquée par l’armée syrienne, échantillons promptement examinés par nos laboratoires militaires et « prouvant » paraît-il, l’emploi du même gaz sarin par les militaires syriens, ont fait l’objet d’un déluge de propagande, ainsi que de déclarations martiales de MM. Hollande et Fabius, nous disant que cette-fois-ci, la « ligne rouge » avait été franchie et qu’il était urgentissime de livrer des armes aux rebelles syriens.

Depuis, plus rien…Et puis avant-hier, soudainement, alors que la terrible crise qui frappe la malheureuse Egypte semblait un peu se calmer, les gros médias nous assénaient un retour en force de l’affaire syrienne, avec un déluge de vidéos atroces sorties d’on ne sait où et des commentaires nous affirmant que « les forces de Bachar el-Assad » -selon la terminologie qu’ils emploient tous : quelle marque d’indépendance !- s’étaient livrées à un massacre à l’aide d’armes chimiques dans un quartier de Damas tenu par les insurgés obscurantistes.

Bien évidemment, Fabius (que la photo que nous avons retenue montre en entretien fraternel avec le Premier israélien Netanyahu) s’est immédiatement mis en avant sur ce sujet ; et il revient en force dans un tweet de ce jour, en annonçant que, « si le Conseil de sécurité ne prend pas de décisions, elles seront prises d’une autre façon ». Car M. Fabius, tout comme Bernard-Henri Lévy (cf. nos articles et commentaires regroupés sous la rubrique « Après la Libye, à qui le tour ? »), souhaite bien entendu que la France intervienne militairement contre la Syrie baasiste, sans que l’on sache très bien en quoi une telle intervention serait conforme aux intérêts français et européens (mais ceux-ci ne semblent pas prioritaires aux yeux de MM. Fabius et Lévy).

LE JEU DE L’ARABIE SÉOUDITE, DU QATAR ET…D’ISRAËL

Qui plus est, on se demande en quoi une telle intervention serait justifiée par les pseudo-raisons mêmes que M. Fabius et les gros médias mettent en avant, à savoir punir le régime de « Bachar » (comme disent ces cuistres) d’avoir gazé « son propre peuple ». Car il serait proprement sidérant, en effet, que ledit régime se soit lancé dans une attaque au gaz, alors que viennent d’arriver à Damas des inspecteurs de l’ONU chargés justement d’enquêter sur la réalité de telles attaques dans un passé récent. Il y a donc de fortes chances pour que le gazage récemment survenu à Damas, s’il a vraiment eu lieu (compte tenu de l’état lamentable du système d’information français, cette précaution rédactionnelle n’est pas inutile), soit le résultat d’une provocation soigneusement orchestrée.

« A qui profite le crime ? », dit fort justement la sagesse populaire. Certainement pas au régime syrien, traîné dans la boue par tous les médias atlantistes, réactionnaires arabes et sionistes. Voilà une seconde raison pour pencher vers l’hypothèse d’une provocation. Mais alors, qui peut donc se trouver derrière celle-ci ? On pensera inévitablement, en ce qui concerne les exécutants, à des groupes terroristes manipulés dans le cadre d’une intervention plus ou moins directe de services secrets, par exemple séoudiens ou qatariens, les uns et les autres ayant hâte de reprendre leurs activités en Syrie après avoir brillamment réussi à faire basculer l’Egypte dans le sang (le Qatar en poussant Morsi à l’intransigeance et l’Arabie séoudite en finançant les actions du général al-Sissi). Eh bien, nous avouerons que cette piste-là, si elle est plausible, ne nous satisfait pas totalement. Ou, plus exactement, si elle peut être utile pour identifier des intervenants plus ou moins directs, elle ne répond pas de façon satisfaisante à la question fondamentale : à qui profite le crime ?

En effet, nous ne voyons pas très bien en quoi l’activisme délirant des régimes réactionnaires de l’Arabie séoudite et du Qatar profite en quoi que ce soit à l’intérêt bien compris de ces deux pays, ni à la cause arabe en général, ni à celle de la Palestine en particulier. En ce qui concerne cette dernière, on notera d’ailleurs que, comme nous l’avions -hélas !- prévu dans notre commentaire du 19 novembre 2012, le Hamas n’a absolument rien gagné à sa rupture avec la Syrie baasiste et à son rapprochement avec les dirigeants obscurantistes du Qatar : leur allié Morsi a (un peu) gêné Israël, mais, maintenant qu’il n’est plus au pouvoir, le Hamas se trouve placé dans un dangereux isolement.

Ainsi libéré du côté de Morsi et du Hamas, Israël peut maintenant reprendre ses grandes manœuvres visant à affaiblir l’Iran, sa cible régionale principale (cf., par exemple, notre commentaire du 30 mai) en travaillant à la chute du pouvoir d’Assad, allié fidèle de l’Iran révolutionnaire. Dans cette optique, le crime de Damas tombe on ne peut mieux pour les dirigeants sionistes, qui vont pouvoir, une fois de plus, œuvrer en faveur d’une intervention militaire contre la Syrie. C’est d’ailleurs dans cette direction que M. Fabius penchait ouvertement, et avec, semble-t-il, une certaine délectation (ce n’est pas lui qui risquera sa peau dans l’affaire !), lors de ses interventions publiques du 22 août. Décidément, la situation est à nouveau très tendue et Israël, qui passe son temps à jeter de l’huile sur le feu, peut compter sur ses fidèles relais, en particulier au sein du gouvernement soi-disant français. Il va donc falloir redoubler de vigilance et dénoncer le sale piège où des dirigeants indignes tentent de nous entraîner :

OUI À LA SEULE DÉFENSE DES INTÉRÊTS FRANÇAIS ET EUROPÉENS ! NON À LA GUERRE CONTRE LA SYRIE !

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