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NÉGOCIATION TRANSATLANTIQUE : L’EUROPE EN DANGER !

23 Septembre 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #Europe

NÉGOCIATION TRANSATLANTIQUE : L’EUROPE EN DANGER !

Les gros médias sévissant en France ont annoncé avec une certaine discrétion, fin juin, l’ouverture de négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis pour la mise en place d’un vaste marché de libre-échange transatlantique. Dans cette affaire, ce sont les Etats-Unis qui sont demandeurs et, comme d’habitude, l’Union européenne a donné une suite favorable à la demande américaine, après avoir fait semblant de s’indigner de l’espionnage de l’ensemble des citoyens de l’Union par l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine.

Dans les négociations qui s’engagent, Obama va défendre, d’abord et avant tout, les intérêts américains. Et les représentants de l’Union européenne, vont-ils défendre, quant à eux, les intérêts européens ? Si l’on en croit les extraits de l’article du Figaro que nous présentons et commentons ci-dessous, la réponse est malheureusement négative, hélas ! Cet article du Figaro est déjà bien ancien, puisqu’il date du 25 janvier dernier. Nous l’avions relevé et classé, en attendant l’occasion de pouvoir le commenter, occasion qui nous est fournie aujourd’hui par le lancement des négociations transatlantiques, dont les phases les plus importantes ne devaient pas intervenir, en principe, avant la rentrée (sous réserve que la gravissime crise syrienne ne les reporte pas encore plus loin dans le temps).

L’article dont nous allons maintenant livrer des extraits et notre commentaire à nos lecteurs fait le point de ce que pensent deux poids lourds de l’Union européenne, Angela Merkel et David Cameron, à propos de l’Europe et de la politique qu’ils souhaitent lui voir mener : c’est absolument consternant !

Extrait du site lefigaro.fr, le 25 janvier 2013 à 11 heures 58 (article de Jean-Pierre Robin) :

« MERKEL SOUTIENT CAMERON POUR UNE EUROPE PLUS LIBÉRALE

« La chancelière et le premier ministre britannique se sont retrouvés à Davos.

« Angela Merkel est totalement d'accord avec David Cameron sur sa conception de l'Europe. La priorité essentielle devrait être la compétitivité et le libre-échange. (…) La chancelière allemande a cité à plusieurs reprises le premier ministre britannique, pour louer ses propositions en faveur de profondes réformes structurelles, et à aucun moment elle n'a fait allusion ni de près ni de loin au projet de référendum sur l'Union européenne outre-Manche ! (…) ‘’Alors que l'Europe regroupe 7 % de la population mondiale et 25 % du PIB du monde, ses dépenses sociales en représentent 50 %. On ne pourra défendre notre système social qu'en étant innovateur’’, a-t-elle martelé, reprenant des chiffres qui lui tiennent manifestement à cœur.

« La ‘’dame de fer’’ allemande a rebondi sur une autre suggestion de son homologue britannique: «Le libre-échange est essentiel pour la croissance. (...) En tant que première économie exportatrice de produits industriels au monde, ex aequo avec la Chine, l'Allemagne a toujours milité à la fois pour le marché unique européen, dont la création remonte à 1992, et pour une Europe la plus ouverte possible à la concurrence internationale.

« Ce sont précisément les deux points que David Cameron entend défendre à tout prix. (…). Quant au grand marché de libre-échange transatlantique dont Londres et Berlin ont toujours rêvé, ‘’il permettrait de créer 2 millions d'emplois en Europe’’, selon lui.

En revanche, Cameron n'a pas caché les inquiétudes que lui inspire l'euro, ‘’et tout ce que cela implique, l'union bancaire et bien d'autres conséquences pour un pays qui n'y participe pas et n'y participera jamais’’. Mais là aussi Angela Merkel a tenu à le rassurer. (…).

La première et la troisième économie de l'Union européenne veulent converger. ‘’Le moment est venu de revoir l'Europe comme un moteur de croissance et non comme un motif de plainte pour nos concitoyens’’, insiste David Cameron. (…).

L'Europe sera libérale ou déclinera? Le débat est lancé ».

Le commentaire de ForumSi :

NÉGOCIATION TRANSATLANTIQUE : L’EUROPE EN DANGER !

On croit rêver lorsque l’on relit les extraits reproduits ci-dessus des échanges entre Merkel et Cameron à Davos. On a le sentiment d’être revenu à la belle époque (« belle », si l’on peut dire) de Reagan et Thatcher, lorsque ces deux sinistres personnages nous promettaient que la mise en œuvre de dérégulations maximales allaient se traduire par les monts et merveilles attendus du libéralisme triomphant.

Mais depuis, les crises ont succédé aux crises, les « bulles » (informatique, immobilière, financière, etc.) ont succédé aux bulles, jusqu’à la gigantesque crise des subprimes, dont l’éclatement, en octobre 2008, a entraîné une crise financière, économique, sociale et monétaire dont le monde en général, et tout particulièrement l’Europe, ne sont pas encore sortis.

Alors, il convient une bonne fois pour toutes de régler son compte à l’idéologie libérale, qui est à l’origine de tout cela et dont les seuls bénéficiaires ne sont que les insupportables gnomes de Wall Street (cf. notre série d’articles regroupés sous la rubrique « Quand Wall Street attaque l’euro »). Et pour régler leur compte à l’idéologie libérale et à ses profiteurs de la finance new-yorkaise, quoi de plus simple que de réfuter les propos ahurissants de Merkel-Thatcher et de Cameron-Reagan ? Ces propos portant sur le libre-échange, d’une part, et sur l’Europe, d’autre part, c’est en abordant successivement ces deux thèmes que nous allons pulvériser les propos des deux comparses de Davos.

LE LIBRE ÉCHANGE N’EST PAS UNE BÉNÉDICTION : C’EST LA PIRE DES CALAMITÉS

La priorité essentielle, nous disent-ils, devrait être la compétitivité et le libre-échange. Mais comment serions-nous compétitifs, dès lors que nos prix de revient, en Europe, sont nettement supérieurs à ceux de nos concurrents extérieurs, d’une part parce que notre protection sociale a un coût, et, d’autre part, parce que l’euro est une monnaie forte, ce qui accroît encore notre difficulté à être compétitifs dans un marché mondialisé selon les principes du libre-échange. Compétitivité et libre-échange sont donc contradictoires dans le cas des Européens (mais évidemment pas dans celui des Chinois, par exemple). Pour être compétitifs, les Européens doivent donc taxer, d’une façon ou d’une autre, les produits de ces concurrents déloyaux qui négligent la protection sociale de leurs travailleurs et laisse filer leur monnaie. Dans la mesure où la taxation des importations n’est probablement pas compatible avec les contraintes de cette OMC à laquelle nos dirigeants nous ont soumis, par incompétence ou par une hostilité dissimulée, mais réelle, à la défense des intérêts légitimes des peuples européens, il est vraisemblablement possible de contourner rapidement cet obstacle en ayant recours à une application résolue du mécanisme de « TVA sociale » tel que nous l’avons décrit dans notre article du 4 décembre 2012 et d’obtenir ainsi le résultat attendu en termes d’amélioration de la compétitivité.

Contrairement à ce qu’affirme le couple Merkel-Cameron, le libre-échange n’est absolument pas essentiel pour la croissance européenne, bien au contraire, puisqu’il est justement à l’origine de l’effondrement des économies européennes, effondrement dont nous venons d’évoquer brièvement les deux causes principales : le différentiel de prix de revient et les glissements monétaires. Nous envoyer combattre sur les rings du libre-échange dans ces conditions revient à nous demander de boxer avec un poing attaché dans le dos : nous sommes certains de perdre et c’est bien ce qui se passe. Pour gagner, il faut être compétitif, et pour être compétitif, répétons-le, il faut taxer les produits des concurrents déloyaux, ainsi que nous venons de le proposer.

On notera par ailleurs que, en militant pour une Europe la plus ouverte possible à la concurrence internationale, la Merkel scie la branche sur laquelle l’Allemagne est assise, qui exporte d’abord dans les autres pays européens : en favorisant une ouverture de l’Europe encore plus nette qu’elle ne l’est déjà (serait-ce encore possible ?!), l’Allemagne affaiblirait les autres pays européens, ses principaux clients, et, par conséquent, s’affaiblirait elle-même. Du reste, Merkel elle-même est-elle vraiment certaine que l’Allemagne ait tout à gagner à une telle ouverture ? Les prévisions de son PIB ne sont pourtant guère encourageantes (+ 0,3 % en 2013 selon les indications données par la Bundesbank en juin dernier)…En vérité, en Allemagne comme dans les autres pays européens, seule une petite caste richissime a intérêt à encore plus d’ouverture de nos frontières, tout simplement parce qu’elle travaille (si l’on peut dire) et raisonne au niveau mondial. Que les peuples européens, y compris le peuple allemand, en souffrent, elle n’en a cure, car elle est totalement coupée du peuple et de la régression sociale qu’entraîne la mondialisation : d’où une situation d’injustice qui se développe et que nous ne pouvons accepter, car l’injustice en général, et l’injustice sociale en particulier, créent des déséquilibres profonds qui ne sont rien d’autre qu’une insulte à l’ordre du monde, cet ordre du monde dont les philosophes grecs nous ont appris qu’il était voulu par les dieux !

Dans ces conditions, il est bien évident que le « grand marché de libre-échange transatlantique » dont rêvent Merkel et Cameron ne créera certainement pas deux millions d’emplois en Europe, mais bel et bien deux millions de chômeurs supplémentaires, puisque c’est toujours de cette façon que s’est traduite l’adhésion bêtement disciplinée de l’Europe à l’idéologie libérale et libre-échangiste, dès lors que celle-ci refusait de prendre en compte le différentiel des prix de revient et l’impact des glissements monétaires.

SI L’EUROPE EST EN DÉCLIN, C’EST À CAUSE DU LIBÉRALISME !

Il est ahurissant que Merkel ait tenu à rassurer Cameron à propos de l’euro et de l’ « union bancaire » qu’il implique : il n’y a pas, en effet, à rassurer dans ce domaine un pays, la Grande-Bretagne, qui a clairement refusé de participer à cette entreprise unitaire et identitaire que représente l’euro, de même qu’il a toujours clairement refusé de participer à tout projet véritablement européen : politiquement et économiquement, la Grande-Bretagne n’appartient pas au camp européen, mais à celui des Etats-Unis ; c’est comme cela au moins depuis Churchill, qui préférait le « grand large » à l’Europe, et la grande erreur de Pompidou, qui fut pourtant un grand président français, est d’avoir favorisé l’entrée de la Grande-Bretagne dans les structures unitaires européennes.

« Le moment est venu de revoir l’Europe comme un moteur de croissance », dit Cameron. Nous sommes bien d’accord avec cette affirmation, sauf que ce n’est certainement pas le libéralisme, qui l’a cassée, qui redonnera de la croissance aux économies européennes. Dans notre série d’articles et de commentaires regroupées sous la rubrique « Quand Wall Street attaque l’euro », nous nous sommes efforcés de dégager ce que devraient être les grands axes d’une véritable politique de relance européenne. Sans nous lasser, nous rappellerons le résumé que nous en présentions dans notre commentaire du 28 février, initialement consacré aux dernières élections italiennes ; il y a, à notre sens, cinq mesures essentielles à prendre pour que l’Europe retrouve le chemin d’une croissance durable :

1-une dénonciation partielle de la dette due aux banques américaines, dénonciation partielle égale à l’impact de la crise des subprimes sur les économies européennes, y compris les plans de relance mis en place pour y répondre ;

2-la mise en route, à l’aide de la masse financière ainsi libérée (complétée des éventuels 1 100 milliards d’euros dont M. Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, a affirmé -cf. notre commentaire du 28 juin 2012- que la mobilisation au service de la croissance européenne était possible dans le cadre du budget européen, ce sans augmentation de la dette), d’une politique de relance dont les fruits seront protégés par une taxation ciblée des importations en provenance des pays laissant filer leur monnaie ou présentant un différentiel notable de leurs prix de revient par rapport à ceux de nos productions ; on s’engagera ainsi dans la voie d’un redressement enfin durable et l’on disposera des moyens de rembourser la fraction légitimement due de la dette ;

3-La sécurisation de ce dispositif par l’interdiction aux non-Européens d’acheter des valeurs d’Etat européennes, l’idée étant ici que les investisseurs européens, quant à eux, ne s’amuseront pas à spéculer contre leur propre monnaie ;

4-toujours en vue de sécuriser le dispositif -mais aussi par souci de justice- l’interdiction à Goldman Sachs d’exercer toute activité en Europe, puisque, en conseillant à la Grèce de maquiller ses comptes pour entrer dans la zone euro, c’est cet établissement emblématique des gnomes spéculateurs de Wall Street qui a confectionné le détonateur de la crise où les peuples européens sont aujourd’hui plongés, une crise méthodiquement construite dans le but de détruire l’euro et de rétablir la suprématie du dollar ;

5-la mobilisation, toujours au service de la croissance européenne, des dédommagements que l’on doit exiger de Standard & Poor’s, dont la notation favorable aux dérivés des subprimes a égaré les investisseurs et est ainsi à l’origine de la gigantesque crise financière, économique, sociale et monétaire où l’Europe se trouve immergée (cf. notre commentaire du 7 février).

Tel est le programme qu’il paraît indispensable d’appliquer pour obtenir le redressement de l’Europe. Mais peut-on attendre cette application de la part de la direction actuelle de l’Union européenne , Bien évidemment non, car ce programme, résolument combatif, interventionniste et planificateur, en un mot résolument colbertiste, est totalement étranger aux schémas libéraux qui occupent la totalité de l’esprit des dirigeants européens actuels.

NON, MME MERKEL, NON, M. CAMERON, L’EUROPE NE SE RÉSUME PAS À UN…MARCHÉ !

Pour s’en convaincre, il suffit de reprendre les propos d’une Merkel ou d’un Cameron, pour qui l’Europe n’est finalement qu’un marché, dont la prospérité devrait découler tout naturellement de son adhésion à un marché encore plus grand, ce grand marché transatlantique que proposent les Etats-Unis, ces mêmes Etats-Unis qui ont saccagé les économies européennes avec les produits dérivés des subprimes. Or, les subprimes n’auraient jamais causé de tels dégâts en Europe sans les dérégulations imposées par le couple Reagan-Thatcher au nom du développement de l’économie de marché et du libéralisme.

La leçon n’a-t-elle pas été suffisante ? Il faut croire que non, si l’on considère les déclarations du couple Merkel-Cameron, qui apparaît ainsi tout aussi détestable que celui qui l’a précédé. Répétons-le : l’Europe n’a rien à attendre des négociations sur le grand marché transatlantique, sinon, comme la crise actuelle, directement issue de celle des subprimes, le montre clairement, un surcroît de récession et de pauvreté.

Il est ahurissant que les dirigeants européens acceptent encore de tomber ainsi dans les pièges tendus par la finance américaine. Il n’y a à cela que deux explications : soit ce sont des naïfs littéralement obsédés par les théories libérales, soit ce sont des complices de la petite caste des capitalistes mondialisés, lesquels sont les seuls -avec leurs complices du monde politique auxquels ils distribuent quelques miettes- à profiter des multiples dérégulations et ouvertures mercantiles qui détruisent les économies européennes et les peuples européens depuis des décennies.

Car ce sont les peuples européens qui souffrent des menées libérales, et ce sont les nations européennes qui régressent à chaque mise en œuvre des mesures libre-échangistes voulues par les gnomes de Wall Street et la petite caste qui, en Europe, en bénéficie. Une petite caste qui, inutile de le préciser, n’a plus rien à voir, ni avec les peuples européens, ni avec le destin des nations européennes, mais n’éprouve d’intérêt que pour un marché mondialisé dont elle espère tirer un profit maximal.

Or, ce qui nous intéresse, ce n’est bien évidemment pas la situation, toujours meilleure, de ladite petite caste, mais celle des peuples européens, en dégradation constante. Car, n’en déplaise à Mme Merkel et à M. Cameron, l’Europe ne se résume pas à un « marché » ! L’Europe, c’est un ensemble de peuples celtes, gréco-latins, germaniques, nordiques et slaves partageant une même origine, attestée en particulier par des dieux voisins, et qui ont tous en tête ce nouvel Âge d’or que représenta pour eux, selon l’expression de Virgile, l’unité et la paix glorieuse apportées par l’avènement de l’Empire romain.

Et cet Âge d’or de l’unité européenne, ils n’ont cessé, depuis la chute de l’Empire, de chercher à le retrouver, que ce soit au travers du règne de Charlemagne ou de celui de Frédéric de Hohenstaufen, dans les tentations de notre roi Henri IV de se faire élire empereur par les princes protestants d’Allemagne, dans le règne ouvertement « solaire » de Louis XIV, dans l’aventure napoléonienne, dans la Croisade contre le bolchevisme et, plus récemment, dans l’adhésion critique, mais adhésion quand même, au processus de construction d’une Union européenne.

Car, si nous sommes, à ForumSi, des nationalistes français sans complexe, nous sommes également, sans plus de complexe, des partisans ardents de l’idée impériale européenne, puisque, comme tous les européens conscients de leur Histoire et de leurs racines, nous ne pouvons qu’appuyer tout ce qui va dans le sens de la reconstruction de l’Empire et de la naissance d’un nouvel Âge d’or européen.

En écrivant ce que nous venons d’écrire, nous sommes conscients de développer un argumentaire qui se situe à des années-lumière de ce que peuvent imaginer ces personnages gris et manipulés que sont la Merkel et le Cameron. Et pourtant, c’est bien sur les bases idéologiques que nous venons d’esquisser que l’Europe retrouvera de la foi, du dynamisme et des muscles ! « L’Europe sera libérale ou déclinera ? », interroge Le Figaro. Notre réponse est claire : l’expérience a montré que l’Europe déclinait parce qu’elle était engagée dans l’impasse libérale où ceux qui bénéficient de son déclin tentent de la maintenir. Il faut donc en sortir. Et pour cela, il faut que l’Europe retrouve le chemin de son destin impérial. « Autarchia europea ! » clament les camarades de la Casapound (cf. notre commentaire du 27 novembre 2012). Et ils ont bien raison :

VIVE L’AUTARCIE EUROPÉENNE ! ET VIVE L’EUROPE IMPÉRIALE !

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