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GABRIELE ADINOLFI, UN HOMME LIBRE EN MARGE DE LA CASAPOUND

9 Août 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #Casapound

GABRIELE ADINOLFI, UN HOMME LIBRE EN MARGE DE LA CASAPOUND

Nous publions ci-dessous de larges extraits, suivis d’un commentaire, d’un entretien récemment accordé par Gabriele Adinolfi au site coupdetrafalgar.wordpress.com.

« UN FASCISTE À CHEVAL SUR DEUX MILLÉNAIRES

« Activiste au sein de la droite radicale extraparlementaire pendant les années de plomb en Italie, Gabriele Adinolfi est aujourd’hui un théoricien éminent de la mouvance néofasciste dont fait partie Casapound. Entretien dans son appartement, autour d’un café à la napolitaine.

« (…) La soixantaine avenante et les cheveux blancs bien enracinés, un accent italien collé à la langue de Molière qu’il manie volontiers, Gabriele Adinolfi n’a pas franchement la dégaine du « facho » que l’on se représenterait de ce côté-ci des Alpes. Soutien précieux de Casapound, il reste fidèle à son rôle d’intellectuel, en marge du mouvement. Il anime le think-tank Polaris qui prône un regain de souveraineté pour sortir l’Italie de la crise.

« 1968. Venu grossir les rangs du Mouvement Social Italien (MSI) – le parti fasciste de l’époque – à l’âge de quatorze ans lors des protestations estudiantines, le jeune Gabriele ne quittera plus la mouvance nationale-révolutionnaire. Après la guerre civile, il fonde Terza Posizione avec des camarades. Le mouvement extraparlementaire devra porter le chapeau pour les attentats de la gare de Bologne en 1980. (…) Adinolfi, inquiété après l’attentat et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, se réfugie à Paris.

Durant son exil, Adinolfi poursuit son engagement politique. Il contribue à plusieurs revues pour faire de la contre-information de son propre aveu. (…).

« ‘’Le communisme, c’est une utopie, le fascisme, c’est un mythe’’

« Aujourd’hui, Adinolfi est de retour dans le quartier de Nomentano, à Rome. D’emblée, il nie la pertinence du système qui nous conditionne tous dans des schémas désuets, qui appartiennent à une autre époque. Ouvertement fasciste, il considère qu’il n’y a plus eu de démocratie réelle, comprendre au service du peuple, depuis la chute de l’empire romain d’Occident.

Pro-européen, il vilipende les nationalistes d’aujourd’hui qu’il considère comme ridicules et complètement dépassés. Selon lui, le peuple n’a pas le pouvoir car il subit la logique du clientélisme et la loi des lobbys qui n’en sont pas (…) et auxquels il voudrait opposer des lobbys populaires, pour ceux qui ne font partie d’aucune minorité.

« Habilement, le théoricien manie les concepts. Un système mixte, comme le préconise Aristote, un euro à se réapproprier, à extirper du joug de la Banque Centrale Européenne (BCE), la qualification d’une élite, de la virilité spirituelle. Il prend son temps pour développer sa vision du monde au gré des questions, mais aussi le sens qu’il donne à la vie, au bien commun, au devoir de toujours défendre le plus faible, à être pour cela prêt au don de soi, au sacrifice.

Politiquement, il prône le développement d’une contre-culture et travaille à recréer du pouvoir. Il suggère notamment l’agrégation d’artisans et d’agriculteurs et le renforcement des forces syndicales, en s’alliant au besoin même avec des communistes pour échapper au diktat des grands propriétaires.

« ‘’En Italie, on vote comme au foot. On ne supporte pas les petites équipes’’

« Adinolfi condamne le choix de Casapound de se lancer en politique institutionnelle (…). C’est en restant extraparlementaire que le mouvement a du mérite, pas en se fourvoyant sur l’échiquier de la politique officielle.

La notion de l’identité reste floue dans son propos. La question n’est pas de définir l’identité, elle est à la fois culturelle et instinctive, il faut la sentir. Il embraye : ‘’Souvent, on se réclame d’événements ou d’époques que l’on n’a pas vécus, cela n’a aucun sens’’. Au cours des années 70, le mythe fasciste est devenu un héritage. Sans suivre aucun modèle, des gens disaient : ‘’Je suis fasciste, j’ai raison, je suis meilleur que les autres’’. Ils ne s’étaient confrontés à rien du tout. C’était absurde.

« Naturellement, le bonhomme a son avis sur l’immigration. Il ne faut pas la combattre, assène-t-il, il faut régler le processus. Il illustre ce qu’il appelle ‘’coopération entre pays’’ pour un rééquilibrage : ‘’En Italie, les cotisations sociales des immigrés nous permettent de subvenir au fait que nous ne cotisons pas assez. Or, nous avons beaucoup de gens sans emploi. Si on changeait de politique économique, on pourrait imaginer bloquer les cotisations des immigrés vers un fonds d’investissement dans leur pays d’origine, quitte à devoir y renoncer. Tout en restant ici, l’immigré verrait son intégration favorisée et ferait bénéficier son pays d’origine des fruits de son travail’’.

Il embraye sur la théorie du choc des civilisations qu’il condamne : la menace islamiste d’aujourd’hui, c’est la menace communiste d’il y a vingt ans (…) et les minorités djihadistes wahhabite favorisées par les Américains ne représentent pas l’Islam.

D’instinct, on se doute bien qu’il se réclame de Mussolini. Mais pas seulement. Le Che pour l’espoir de libération qu’il portait, sa renonciation au pouvoir et son côté donquichottesque, Robin des bois au service des plus démunis, George Harrison pour sa pureté et son refus de l’hypocrisie. Tous ceux-là lui parlent et il aime en parler. Tout comme Casapound se plaît à écouter Lucio Battisti, à lire Kerouac et à parler de Pasolini, il y a un côté éclectique provocant chez Adinolfi. Une façon de brouiller les cartes ? Plutôt une manière d’affirmer que les cartes sont terriblement brouillées (…).».

Le commentaire de ForumSi :

GABRIELE ADINOLFI, UN HOMME LIBRE EN MARGE DE LA CASAPOUND

Dans nos divers articles et commentaires regroupés sous la rubrique « Casapound », nous avons évoqué à plusieurs reprises les remarquables travaux de Gabriele Adinolfi, incontestablement le plus talentueux des théoriciens de la Droite radicale italienne d’aujourd’hui. Par ailleurs, nous traduisons et publions régulièrement les articles de NoReporter, le site italien d’information en ligne animé par le même Adinolfi, tant ce site apporte une information et des analyses résolument non-conformistes, celles dont a besoin tout citoyen européen soucieux de se situer correctement dans la période de crise générale que nous subissons depuis des décennies.

Dans notre article du 27 juillet 2012, nous avons présenté les principales étapes de l’action de Gabriele Adinolfi, depuis le mouvement Terza Posizione des Années de plomb en Italie jusqu’à ses travaux d’aujourd’hui, qui se déroulent en appui, mais aussi en marge, de Casapound Italia (CPI) et des diverses initiatives nationalistes révolutionnaires menées par ce groupe initialement axé sur l’occupation de logements au bénéfice des familles italiennes nécessiteuses (c’est probablement de ces débuts de la Casapound que date la photo, déjà ancienne, que nous avons retenue pour illustrer cet article). C’est ainsi que le « think tank » Polaris, animé par Adinolfi, est totalement indépendant du groupe CPI.

L’entretien très dense dont nous reproduisons des extraits ci-dessus vient compléter notre présentation de juillet 2012 en soulignant toute l’originalité de la démarche, des préoccupations et des solutions propres à Adinolfi. Il appelle toutefois quelques précisions que nous souhaitons communiquer à nos lecteurs.

QUELQUES PRÉCISIONS INDISPENSABLES

La première concerne les suites de l’attentat de la gare de Bologne, commis en 1980. Il va sans dire, mais cela va encore mieux en l’écrivant, qu’Adinolfi et ses camarades de Terza Posizione ont été totalement mis hors de cause à ce sujet, ce qui a permis leur retour en Italie, où Adinolfi a pu reprendre ses activités politiques au début du nouveau millénaire.

La seconde porte sur le nationalisme. Adinolfi est un nationaliste italien ouvert à l’idée impériale européenne. Pour reprendre une terminologie classique dans les cercles d’étude maurrassiens des années Soixante, nous dirons que c’est au « nationalitarisme » d’inspiration jacobine qu’il est, tout comme nous, résolument hostile.

La troisième intéresse ses relations avec CPI. S’il est en effet exact d’affirmer qu’il reste un conseiller de la Casapound, force est de reconnaître que ses conseils ne sont pas toujours écoutés. C’est ainsi, par exemple, que les dirigeants de CPI ont décidé de présenter des candidats aux dernières Législatives italiennes, alors qu’Adinolfi avait prédit que, dans le contexte d’alors, cette initiative était vouée à l’échec. Et, effectivement, les candidats de la Casapound n’ont pas réussi la percée espérée (cf. notre commentaire du 28 février), qui auraient donc mieux fait de se ranger à l’avis défavorable d’Adinolfi. Qu’ils ne l’aient pas fait prouve simplement que, même s’il a une influence indéniable au sein de CPI, Adinolfi n’y est pas seul à mener le jeu : il nous paraît donc judicieux de le définir, non pas comme un élément de l’organigramme de la Casapound, mais plutôt comme un homme libre, en marge de CPI, où son influence est néanmoins indéniable, sans être absolue. C’est une situation que l’on peut regretter, mais il en est ainsi, au moins dans la situation actuelle.

NON À L’ISLAMOPHOBIE ET À L’IMMIGRATIONNISME FORCENÉ !

La quatrième a trait à la notion d’ « identité ». Nous ne savons pas sur quel type d’identité Adinolfi reste éventuellement flou, mais ce que nous pouvons affirmer c’est qu’il n’a aucun état d’âme pour ce qui est de nos identités nationales et européenne, dont les composantes sont tout à fait claires dans son esprit, comme elles le sont dans le nôtre.

La cinquième sera consacrée à l’immigration, ou plus exactement au montage imaginé par Adinolfi pour inverser celle-ci. Car lorsqu’il propose que les cotisations des immigrés soient investies dans des fonds d’investissement de leurs pays d’origine, ce n’est évidemment pas pour que les immigrés restent en Europe, comme la retranscription de l’entretien semble le laisser penser, mais bien pour que cela puisse faciliter leur retour au pays, grâce au surcroît de développement que ces fonds auront permis. Et l’on retrouve ici une idée chère à Adinolfi, qui pense qu’il est possible de créer une sphère de coprospérité en Méditerranée (des travaux de Polaris, en liaison avec des correspondants arabes et turcs ont d’ailleurs porté sur ce point), en adoptant une démarche inspirée de ce qu’avait fait Berlusconi en négociant avec le président Kadhafi un accord économique et commercial qui avait permis de tarir toute immigration vers l’Italie (les choses ont bien changé depuis, et l’on ne dira jamais assez tout ce que, non seulement l’Italie, mais aussi le reste de l’Europe doivent à la politique berlusconienne, pour laquelle Adinolfi n’a d’ailleurs jamais caché éprouver une certaine sympathie).

Quant au soi-disant « choc des civilisations », inutile de dire que, comme nos lecteurs le savent, nous partageons totalement l’hostilité d’Adinolfi à l’égard de cette notion manichéenne, de même que nous estimons que l’islamophobie est une idiotie qui, tout comme le prétendu « choc des civilisations » qu’elle contribue à alimenter artificiellement, ne sert que les intérêts des milieux sionistes et néo-conservateurs américains, mais certainement pas ceux de l’Europe : c’est l’immigrationnisme forcené et non l’Islam qui doit être combattu.

Ces quelques remarques étant faites, qui n’enlèvent rien à l’intérêt de l’article reproduit plus haut, nous invitons nos lecteurs à un peu de détente, en écoutant l’hymne de Terza Posizione, tel que le livre le sympathique petit document sonore des années Soixante-Dix qu’ils trouveront ci-dessous.

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