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SYRIE : ISRAËL S’IMPATIENTE (SUITE) ET « LE MONDE » SUGGÈRE…

30 Mai 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #Après la Libye - à qui le tour

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Extrait du site lemonde.fr le 27 mai 2013 à 14 heures 01 :   

 

« ARMES CHIMIQUES EN SYRIE : LE DÉBAT ESCAMOTÉ      

 

« (…) Alors que Le Monde publie une enquête exclusive, fruit d'une immersion de deux mois dans Damas et sa région, qui suggère que l’armée syrienne fait un usage de gaz de combat beaucoup plus fréquent qu'on ne le pensait jusque-là – même si les doses employées restent apparemment faibles –, les grandes puissances occidentales sont tentées de mettre en sourdine cette épineuse question.

 

« Le débat sur la fameuse "ligne rouge", dont le franchissement par les autorités syriennes devait "changer l'équation" du conflit, selon les termes mêmes du président américain, Barack Obama, a été éclipsé par le nouvel enjeu du moment : la réunion d'une conférence de paix, dans le courant du mois de juin, en présence de représentants du régime et de l'opposition. (…).

 

« (…) Jusque-là, le nombre d'attaques au gaz présumées était évalué dans les médias à une demi-douzaine : Homs (23 décembre 2012) ; Khan Al-Assal, près d'Alep (19 mars), un bombardement que le régime syrien a imputé aux rebelles et à la suite duquel l'ONU a formé une commission d'enquête ; Otayba et Adra, en banlieue de Damas (19 mars) ; Cheikh Maqsoud à Alep (13 avril) et Saraqeb, près d'Idlib, dans le nord (29 avril). Le reportage que nous publions ajoute de nombreux cas suspects à la liste.

 

« Mais les capitales occidentales ont pour l'instant l'esprit ailleurs. Parrainé par Moscou et Washington et soutenu par Paris, le projet de conférence de paix a été baptisé "Genève 2", en référence au sommet russo-américain de juin 2012, dans la même cité suisse, qui avait débouché sur un plan de sortie de crise mort-née. Des émissaires de Bachar Al-Assad et de la rébellion à la même table ? Rien n'est pour l'instant garanti (…).

 

« La nécessité de mettre toutes les chances de leur côté et de ne pas donner à Damas une excuse pour torpiller la conférence justifie en tout cas, du point de vue des chancelleries occidentales, de faire profil bas sur la question des armes chimiques. Cet impératif a offert un répit à Barack Obama, qui n'est plus confronté qu'à des pressions très modérées pour s’engager plus avant dans le dossier syrien. (…) ».

 

Le commentaire de ForumSi :

 

SYRIE : ISRAËL S’IMPATIENTE (SUITE) ET « LE MONDE » SUGGÈRE…

 

Dans notre commentaire du 5 févier concernant l’impatience israélienne à propos de la Syrie, nous rappelions la très grande clarté des déclarations du vice-premier ministre israélien, Dan Meridor, admettant (enfin !), lors d’un entretien avec Le Figaro, qu’Israël souhaitait la chute du président Assad, parce que celle-ci affaiblirait l’Iran, et ajoutant que, pour obtenir ce résultat, les dirigeants sionistes étaient prêts à prendre le risque d’un renforcement des « djihadistes » en Syrie (cf. notre commentaire du 13 octobre 2012).

 

Depuis, les Israéliens ont pu constater que les choses n’avançaient guère dans le sens souhaité par eux, malgré le développement des actions terroristes menées par leurs alliés objectifs, les insurgés obscurantistes de Syrie soutenus par le Qatar et l’Arabie séoudite. Que cette dernière en soit venue à servir objectivement les intérêts sionistes, voilà qui doit faire frémir d’horreur le noble roi Fayçal, dans son linceul du désert ! Mais, nous dira-t-on, le royaume wahhabite souhaite également l’abaissement de l’Iran, d’où son soutien aux insurgés de Syrie, qui est indépendant de la politique israélienne, même s’il va dans le même sens. A cela, nous répondrons que, si tel est le calcul séoudien, il s’agit d’un très mauvais calcul. Israël a fort bien mesuré, en effet, que le principal danger pour lui était représenté par la puissance iranienne. Tout ce qui affaiblit l’Iran va donc dans le sens des intérêts sionistes et les dirigeants séoudiens et qatariens se conduisent comme des serviteurs de ces intérêts en soutenant la rébellion obscurantiste syrienne.

 

Mais revenons aux Israéliens, qui, constatant que les choses n’évoluent guère en leur faveur en Syrie, laissent paraître une impatience de plus en plus vive. Cette impatience s’est déjà manifestée sous la forme de deux agressions aériennes : l’une fin janvier 2013 (cf. notre commentaire du 5 février dernier) et l’autre début mai. Ce dernier, particulièrement meurtrier (une quarantaine de morts), a été présenté, selon les habitudes de la propagande israélienne, comme un raid visant des approvisionnements militaires destinés au Hezbollah libanais. Cette organisation nationaliste est régulièrement présentée comme « terroriste » par les désinformateurs sionistes, ce qui permet de justifier toutes les agressions. En réalité, celle de début mai visait des installations militaires syriennes, comme le gouvernement de Damas et son fidèle allié russe l’ont rapidement précisé. Elle avait donc pour but d’affaiblir le potentiel militaire syrien et, par conséquent, d’aider les insurgés obscurantistes, ces derniers ne semblant pas gênés outre mesure de recevoir ainsi l’aide des forces sionistes…

 

QUAND « LE MONDE » VIENT AU SECOURS D’ISRAËL…

 

Cet engagement militaire ne suffit visiblement pas et Israël a fait jouer à plein son pouvoir d’influence qui, comme chacun sait, est gigantesque, pour obtenir un appui plus concret que de simples paroles droitdelhommardes de la part des puissances atlantistes. En ce qui concerne la France, on sait que cela s’était déjà traduit, mi-mars, par des déclarations de M. Fabius affirmant l’intention de livrer des armes aux obscurantistes syriens, déclarations qui intervenaient quelques jours à peine après un séjour du président israélien Shimon Peres en Europe, ce qui en dit long sur l’indépendance de notre diplomatie « républicaine » par rapport aux injonctions israéliennes. Mais l’intention hollando-fabiusienne ne s’était guère traduite dans les faits, semble-t-il, situation d’autant plus embarrassante pour l’isolement israélien, que,  après un moment de fléchissement que nous avions perçu dans notre commentaire du 28 avril, Obama semblait être revenu aux axes centraux de sa politique étrangère en imaginant, avec Poutine, la mise au point d’une conférence internationale pour la paix en Syrie, conférence dont la tenue est annoncée en juin prochain.

 

Dans ce contexte, il est bien évident que la pseudo-enquête du Monde sur l’emploi de gaz toxiques par l’armée syrienne n’a qu’un seul objectif : apporter de l’eau au moulin brinquebalant de la politique israélienne. Or, comme nos lecteurs ont pu le constater, Le Monde n’apporte absolument aucune preuve de ce qu’il avance. De son aveu même, il « suggère » que l’armée syrienne fasse emploi de gaz de combat. Et pourtant, c’est semble-t-il en grande partie à cause de cette « suggestion » que l’Union européenne vient de décider la levée de l’embargo sur les armes à destination des obscurantistes de Syrie. Fort heureusement, cette décision scandaleuse, qui révèle clairement la totale nullité de la politique européenne -une politique qui, en l’occurrence, n’est pas seulement inféodée à Israël, mais conduira également à armer les terroristes d’Al-Qaïda, fort nombreux chez les insurgés syriens- ne devrait pas avoir de conséquences pratiques avant juin, les dirigeants soi-disant « européens » souhaitant attendre les premières retombées de la conférence de la paix avant de se lancer dans cette folie que serait la livraison d’armes aux obscurantistes anti-Assad.

 

Et puisque l’on parle de l’utilisation de gaz de combat en Syrie, pourquoi ne pas rappeler l’annonce faite début mai, par Carla Del Ponte (magistrat suisse membre de la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les violences en Syrie), de l’utilisation de gaz sarin par ces mêmes obscurantistes ? Car il ne s’agit pas ici de « suggestions » émanant de prétendus « journalistes » totalement irresponsables, mais des résultats d’une enquête officielle menée dans le cadre de l’ONU : comment se fait-il que ces résultats n’aient entraîné aucune réaction de la part des vertueux « républicains » qui prétendent nous gouverner ? Décidément, il est heureux pour la paix du monde que les Etats-Unis et la Russie soient dirigés par de véritables hommes d’Etat, car ce sont eux et eux seuls qui empêchent le va-t-en-guerre Netanyahu de mettre le Moyen-Orient à feu et à sang. Et il est décidément grand temps d’œuvrer pour que la France et l’Europe disposent enfin d’une diplomatie qui soit autre chose qu’une machine à enregistrer et à exécuter les mots d’ordre sionistes : ce point-là est une urgence absolue !

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