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SUPPRESSIONS D’EMPLOIS CHEZ PSA : CE SONT D’ABORD LES RESPONSABLES POLITIQUES QUI SONT ICI EN CAUSE !

18 Juillet 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #France

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Extrait du Figaro du 13 juillet 2012 : 

 

« PSA, TOUT SAUF UN HASARD… 

 

« Le plan de restructuration massif de PSA Peugeot Citroën impose au gouvernement son premier test grandeur nature face à une catastrophe sociale. (…) au-delà de quelques erreurs stratégiques sur lesquelles on pourrait épiloguer à l’infini, les difficultés de PSA relèvent de tout sauf du hasard. De quoi souffre ce constructeur automobile ? D’abord et avant tout d’être trop européen et surtout trop français. Là est tout le paradoxe : montré en exemple pour avoir maintenu près de la moitié de sa capacité de production en France, contrairement à Renault qui survit grâce à ses modèles low-costs fabriqués en Roumanie ou au Maroc, PSA souffre des maux qui détruisent méthodiquement notre industrie. Les faits sont têtus : face à une concurrence débridée et mondialisée, on ne peut rester compétitif dans un pays qui s’accroche aux 35 heures, où la flexibilité est réduite à la portion congrue et où le coût du travail est plus élevé qu’ailleurs.

 

« La première responsabilité des pouvoirs publics est de créer les conditions qui permettront aux entreprises françaises de sortir de ce carcan. Des pistes, comme la CSG, ont été évoquées pour alléger leurs charges dans le financement de la protection sociale. Un assouplissement de la réglementation du travail, tentaculaire en France, s’avère tout aussi nécessaire. (…) ».

 

 

Le commentaire de ForumSi :

 

SUPPRESSIONS D’EMPLOIS CHEZ PSA : CE SONT D’ABORD LES RESPONSABLES POLITIQUES QUI SONT ICI EN CAUSE !

 

Il y a une vingtaine d’années, alors que la France s’engageait dans la voie du libre-échange effréné et de la mondialisation à outrance, Jacques Calvet, alors président de PSA, avait publié dans Le Monde une tribune dans laquelle il mettait les pouvoirs publics, c’est-à-dire les responsables politiques, en face de leurs responsabilités.

 

« Prenez garde ! » leur disait-il en substance, « en vous intégrant dans le système d’un libre-échange forcené, en abandonnant, par conséquent, toute protection douanière, vous allez mettre les entreprises françaises en situation de compétition totalement déséquilibrée avec certains de leurs concurrents, ceux situés dans les pays à faible coût de main-d’œuvre. Faute d’être protégées par une taxation adéquate des importations, nos entreprises, dont les prix de revient seront trop élevés dans ce nouveau contexte, ne pourront plus rester compétitives. Si elles veulent survivre, elles devront donc, elles aussi, faire appel à une main-d’œuvre à faible coût, c’est-à-dire que, tôt ou tard, elles devront délocaliser ».

 

LES RESPONSABLES POLITIQUES LE SONT AUSSI DU DÉSASTRE ÉCONOMIQUE

 

Bien évidemment, cet avertissement éclairé n’a été entendu, ni par les responsables politiques de la pseudo-Droite, aveuglés par leur idéologie libérale, ni par ceux de la Gauche post-soixante-huitarde, avant tout soucieuse d’assurer ce qu’elle estimait être le seul mode de développement possible du « tiers-monde », comme on disait alors, un mode de développement fondé sur l’appauvrissement de l’Europe, les uns et les autres étant manipulés par les mêmes éléments de la grosse bourgeoisie capitaliste, affairiste et cosmopolite, voyant fort justement dans l’appel généralisé à une main-d’œuvre peu coûteuse le moyen de maximaliser leurs profits.

 

Et ce qui devait arriver est arrivé, très logiquement, exactement comme le prévoyait Jacques Calvet, à savoir que le mouvement de délocalisation des productions françaises s’est accéléré et fortement développé, amenant notre pays dans cette situation de désindustrialisation et d’appauvrissement où il se trouve aujourd’hui, une situation qui, comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises dans nos articles regroupés sous la rubrique « Quand Wall Street attaque l’euro », n’est bien évidemment pas étrangère aux difficultés que nous éprouvons à rembourser notre dette souveraine.

 

À L’INVERSE DE RENAULT, PSA A CHERCHÉ À SERVIR LA PATRIE

 

Or, malgré les avertissements lancés par son ancien président, PSA s’est efforcée, comme le rappelle Le Figaro, de conserver le plus possible de sa production en France, alors que Renault, sous la houlette du sinistre Carlos Ghosn, délocalisait à tout va (fin 2011, il ne restait plus en France que 28 % de l’effectif de Renault, contre 48 % de celui de PSA), n’hésitant pas à produire à bas coût, au Maroc par exemple, des véhicules qui sont ensuite vendus en…France ! …où ils viennent concurrencer les productions de Peugeot Citroën ! Comment veut-on que PSA tienne le coup dans ces conditions ? Et pourtant, c’est sur PSA que les médias et le gouvernement tapent à bras raccourcis, sans dire un mot de la politique de Renault, dont l’Etat est pourtant encore actionnaire, si nos souvenirs sont bons…M. Hollande dit à Peugeot qu’il n’accepte pas son plan de suppressions d’emplois : mais à quel moment l’Etat-actionnaire a-t-il demandé à Renault de freiner sa politique de délocalisation ? Oui, à quel moment l’Etat-actionnaire a-t-il demandé à Renault de faire preuve d’autant de patriotisme que PSA ?

 

Mais, nous dira-t-on, Renault n’a-t-il pas fait ici que s’adapter aux nouvelles règles du jeu ? Peut-être, répondrons-nous, mais avec une telle absence de retenue que cela prouve à quel point l’entreprise fondée par le grand Louis Renault est tombée entre des mains totalement étrangères, les mains d’individus pour lesquels la défense des intérêts et du peuple français n’a absolument aucune signification.

 

Ceci dit, il est bien évident qu’une attitude patriotique n’a aucune chance de succès si, effectivement, les règles du jeu lui sont d’emblée défavorables. Et c’est bien ce qui se passe actuellement où, conformément à ce que prévoyait Jacques Calvet, nos entreprises se trouvent sur le marché mondial dans la situation de boxeurs que l’on enverrait combattre avec un poing attaché dans le dos.

 

POUR DÉFENDRE NOS EMPLOIS, IL FAUT DES PROTECTIONS DOUANIÈRES

 

Pour sortir, enfin, de cette spirale infernale du déclin industriel et national, il faut donc, bien évidemment, restaurer la compétitivité de nos entreprises. Et Le Figaro d’évoquer, à ce sujet, la piste de la CSG comme moyen de financement de la protection sociale actuellement supportée par les entreprises : si la CSG assurait ce financement, les prix de revient de nos productions en seraient allégés d’autant et la compétitivité de nos entreprises en serait améliorée. Redisons-le encore une fois, cette idée ne nous paraît pas judicieuse, qui consiste à faire supporter l’effort nécessaire aux seuls Français, alors qu’un mécanisme comme la TVA sociale, par exemple, s’appliquerait aussi aux importations et ferait donc participer celles-ci au financement d’un modèle social qu’une part d’entre elles contribue à ruiner, tout comme elle contribue à orienter à la baisse les plus justes salaires.

 

Disons-le tout net : la TVA sociale apparaît ainsi comme une forme, un peu spéciale, de taxation des importations. Car, pour retrouver nos emplois et nos industries, pour garantir notre protection sociale, il n’y a pas d’autre solution que de taxer les importations, en particulier celles en provenance des pays laissant filer leur monnaie ou présentant un différentiel sensible de prix de revient avec ceux de nos productions. Les socialistes atlantistes qui nous gouvernent auront-ils l’audace de prendre ces mesures de taxation ? Cela nous étonnerait fort, puisqu’ils devraient alors remettre en cause leur soutien inconditionnel au développement des pays dits « émergents ».

 

Sur ce sujet-là comme sur les autres, les solutions ne peuvent venir que d’une vraie Droite nationaliste, dont la constitution est plus que jamais l’urgence spirituelle, politique et sociale numéro un !

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