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QUAND WALL STREET ATTAQUE : NOS SOUPÇONS SE CONFIRMENT…

22 Novembre 2011 , Rédigé par forumsi Publié dans #Quand Wall Street attaque l'euro...

SP (2)

 

Extrait du Monde daté du 17 novembre 2011 :

 

« DANS LA ZONE EURO, SEULE L’ALLEMAGNE N’INQUIÈTE PAS LES MARCHÉS

 

« Chaque jour, les marchés resserrent un peu plus leur étau sur les pays de la zone euro (…).

« A l’exception de l’Allemagne, plus un seul pays de l’Union monétaire n’est désormais épargné. Mercredi, les rendements de la plupart des emprunts d’Etat se sont encore tendus (…).

« ‘Nous sommes arrivés à un stade où les différentes mesures menées par les pays au niveau national n’ont plus aucune importance, explique Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank. Les marchés sont à la recherche de solutions globales’. ‘Ils misent sur l’explosion de la zone euro’, estime de son côté un grand banquier.

« Mercredi, l’écart de rendement (spread) entre les emprunts français à dix ans et ceux de l’Allemagne ont encore battu un record (…) : pour se financer, Paris doit (…) désormais proposer un taux de 3,62 % à dix ans, contre 1,80 % pour Berlin, soit deux fois plus…

« Malgré l’arrivée au pouvoir de Mario Monti en Italie, ce pays a vu ses taux repasser au-dessus des 7 %, et renouer avec les niveaux atteints juste avant le départ de Silvio Berlusconi, avant de retomber un peu mercredi matin. Les emprunts espagnols, eux, continuent de se tendre à quelques jours des élections législatives, à 6,26 %.

« Etre noté AAA par les agences ne suffit plus à rassurer les marché. C’est le cas de la France, mais également de l’Autriche, qui doit désormais verser des taux presque deux fois plus élevés que ceux de l’Allemagne (…).

« Même des pays aux fondamentaux jugés très solides, comme la Finlande ou les Pays-Bas, voient leur spread avec l’Allemagne se creuser (…).

« (…) La nervosité dans la zone euro est d’autant plus forte que le spectre de la récession se précise. Si la France a vu son produit intérieur brut (PIB) progresser de 0,4 % au troisième trimestre par rapport au deuxième, (…) le Portugal (- 0,4 %) et les Pays-Bas (- 0,3 %) ont vu leur activité se dégrader. Les économies espagnoles et belges, elles, sont au point mort.

 

« (…) Dans ce contexte, le ministre français des finances, François Baroin, s’est déclaré, jeudi, dans un entretien au quotidien Les Echos, ‘favorable à l’intervention de toutes les institutions européennes, y compris la BCE, pour apporter les meilleures réponses à la crise’.

« De plus en plus de voix s’élèvent pour que la banque centrale s’implique désormais davantage dans la crise (…).

« Certains économistes appellent notamment à s’inspirer du Royaume-Uni. Outre-Manche, malgré une conjoncture et des comptes publics aussi dégradés que dans nombre de pays de la zone euro, l’Etat se finance à des coûts extrêmement bas, de 2,17 % pour les emprunts à dix ans.

« Mais, différence notable : la Banque d’Angleterre détient 17 % du stock de dette du pays, la BCE ayant, elle, limité ses achats à 2,9 % de la dette de la zone euro ».

 

 

Le commentaire de ForumSi :

 

QUAND WALL STREET ATTAQUE : NOS SOUPÇONS SE CONFIRMENT…

 

Cela fait plusieurs semaines que nos commentaires estiment que, loin d’être la « juste punition » -pour reprendre le vocabulaire débile de la bourgeoisie bien-pensante- de pays trop endettés comme l’Italie et, plus récemment, la France, la hausse des taux d’intérêt sur les valeurs d’Etat est la manifestation d’une attaque soigneusement planifiée contre l’ensemble de la zone euro, attaque dont nous soupçonnons que l’origine se trouve chez cinq ou six gros établissements de Wall Street (dont très probablement Goldman Sachs et le Soros Fund Management) et dont nous pensons que l’objectif final est la destruction de l’euro (un euro auquel Goldman Sachs, par exemple, est ouvertement hostile, d’après Le Monde daté du 10 novembre), en vue d’une restauration de la toute-puissance d’un dollar qui, si l’euro se maintenait à son niveau actuel (jamais inférieur à 1,35 dollar depuis de longs mois), risquerait à terme de voir fortement contester son rôle de monnaie de réserve et de règlement des échanges internationaux.

 

NOS SOUPÇONS SE CONFIRMENT : VOICI POURQUOI

 

Or, que dit, pour l’essentiel, l’article du Monde daté du 17 novembre dont nous citons ci-dessus les extraits les plus significatifs ? Tout d’abord que, d’après un grand banquier, les « marchés » (toujours cette langue de bois ! pourquoi ne jamais nommer les acteurs en cause ?) misent sur l’explosion de la zone euro, que l’Italie subit toujours des taux élevés, malgré le départ de Berlusconi (départ que le génial éditorialiste du Monde saluait pourtant comme « une chance pour l’euro »…quel aveuglement !), et, last but not least, qu’il ne suffit plus d’être noté AAA pour rassurer les marchés, comme le montrent les exemples de l’Autriche, de la Finlande ou des Pays-Bas. Comment mieux dire que ce ne sont pas les pays les plus exposés de par leur dette qui sont désormais attaqués, mais bien l’ensemble de la zone euro ? C’est d’ailleurs ce que confirme, quant à lui, l’exemple anglais. L’article du Monde du 17 novembre note ainsi que le Royaume-Uni se finance à des taux très bas, ce que ne suffit certainement pas à expliquer la détention, par la Banque d’Angleterre, de 17 % de la dette britannique, car, comme l’a montré l’attaque récente contre l’Italie, quand la dette d’un pays est importante, il suffit aux spéculateurs de n’en détenir qu’un pourcentage significatif pour agir à la hausse sur les taux des valeurs d’Etat du pays en question. Mais la confirmation la plus éclatante et la plus significative est, bien évidemment, celle qui découle de l’examen de la situation américaine ; en effet, d’après un article d’Ali Bekhtaoui publié le 21 novembre par le site lexpansion.lexpress.fr, « les taux d’intérêt sur la dette américaine restent très bas (2 % sur la dette à dix ans) malgré la perte de son triple A » !

 

Tout ceci montre à l’évidence que nous sommes bien en face d’une attaque planifiée et concertée contre la zone euro, plus précisément d’une attaque contre l’euro. Que l’Allemagne continue à bénéficier de taux faibles ne modifie en rien ce jugement : les attaquants n’ont aucun intérêt à s’en prendre à l’Allemagne, puisque cela leur permet d’introduire un facteur de division au sein du camp européen (il y a d’un côté l’Allemagne, pays « vertueux », et de l’autre, tous les autres pays de la zone euro, dépensiers et mal gérés…). Et la constatation que les Etats-Unis continuent à bénéficier de taux très bas alors même que leur dette est colossale et que leur note souveraine a été abaissée milite bien évidemment en faveur d’une offensive venue de Wall Street, offensive que seuls des établissements de cette place financière ont, de par leur taille, la possibilité de mener avec une telle ampleur, et dont ils sont également les seuls à attendre des résultats bénéfiques sous la forme d’un retour à la toute-puissance du dollar.

 

Et face à cette offensive, que fait l’Europe ? Elle se conduit en petit caniche discipliné du système américain, en empilant les plans d’austérité et en s’enfonçant dans la quasi-stagnation (France, Espagne, Belgique, Italie ; l’Allemagne semble aller dans la même direction en 2012), la récession (Pays-Bas et Portugal), la misère (Grèce). La seule autre réponse éventuellement envisagée par nos dirigeants et « experts » semble être l’appel à une plus grande implication de la BCE. Qu’est-ce à dire ? Et quelles sont ces « meilleures réponses » auxquelles fait allusion M. Baroin ? Nous restons sur notre faim et, pour tout dire, nous avons le sentiment que tout ce petit monde ne sait pas très bien quoi faire…

 

QUAND WALL STREET ATTAQUE L’EURO, L’EUROPE DOIT CONTRE-ATTAQUER !

 

Et pourtant, bien des actions sont envisageables ! Qui doivent partir de cette évidence que, lorsque l’on est attaqué, on doit répondre par une contre-attaque ; et que cette contre-attaque doit logiquement commencer par porter sur le processus ayant facilité le déroulement de l’attaque. Or, quel est ce processus ? Nous l’avons suffisamment décortiqué dans nos commentaires précédents : tout a commencé par la crise des subprimes, dont l’impact global peut être évalué à 4 000 milliards de dollars, et dont la diffusion a entraîné une crise financière, puis économique, ayant conduit divers Etats, et en particulier les Etats européens, à mettre au point des plans de relance dont le financement a alourdi leur dette, cette même dette qui leur est aujourd’hui reprochée par les gnomes de Wall Street : c’est l’incendiaire reprochant à l’incendié d’avoir le feu chez lui ! Comment répondre à l’incendiaire ? D’une façon bien simple, et, là encore, parfaitement logique : l’Europe doit demander aux Etats-Unis des réparations au titre de la crise des subprimes et des plans de relance pour lesquels elle s’est endettée. Il doit être parfaitement possible de calculer les montants en cause, qui seront portés sur la note à présenter à l’Oncle Sam. Et si celui-ci refuse de la payer, pourquoi ne pas déduire ces montants des sommes dues aux banques américaines au titre de la dette ? Voilà qui ramènerait peut-être celle-ci à des niveaux acceptables…

 

Au nombre des mesures à court terme, il paraît également indispensable, et totalement conforme à la justice la plus élémentaire, d’interdire à Goldman Sachs d’exercer en Europe : comment se fait-il, en effet, que cet établissement de Wall Street puisse continuer à sévir sur notre continent, alors qu’il a conseillé à la Grèce de maquiller ses comptes publics pour entrer dans la zone euro, confectionnant ainsi le détonateur de la crise où nos peuples sont aujourd’hui plongés ? Quant au long terme, il convient de se garantir contre le retour d’une crise semblable en interdisant que les bons du trésor et autres valeurs d’Etat européennes soient achetés par d’autres investisseurs que des acheteurs européens. Et il convient également, et sans tarder, d’engager l’Europe dans un processus de réindustrialisation et de relocalisation, car seule une croissance significative nous permettra de sortir vraiment de la crise actuelle, qui est d’abord et avant tout le signe d’un appauvrissement de notre continent.

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