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QUAND WALL STREET ATTAQUE L’EURO, L’EUROPE SE DOIT DE RIPOSTER ÉNERGIQUEMENT !

8 Décembre 2011 , Rédigé par forumsi Publié dans #Quand Wall Street attaque l'euro...

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Le dernier élément en date de ce qui est appelé « crise de la dette » est venu, le 5 décembre, de Standard & Poor’s, qui menace maintenant de « dégrader toute la zone euro » (cf. Le Monde daté du 7 décembre). Comment mieux dire que ce ne sont pas les pays les plus exposés de par leur dette qui sont désormais attaqués, mais bien, comme nous l’annonçons depuis plusieurs semaines dans nos commentaires dont nous présentons aujourd’hui une synthèse, l’ensemble de la zone euro ? C’est d’ailleurs ce que confirment les exemples anglais et américains :

 

  •  en ce qui concerne le premier, un article du Monde daté du 17 novembre note que le Royaume-Uni, dont la situation économique et financière n’est guère meilleure que celle de nombre de pays de la zone euro, se finance à des taux très bas, ce que ne suffit certainement pas à expliquer la détention, par la Banque d’Angleterre, de 17 % de la dette britannique, car, comme l’ont montré les attaques menées contre l’Italie, quand la dette d’un pays est importante, il suffit aux spéculateurs de n’en détenir qu’un pourcentage significatif pour pousser à la hausse les taux des valeurs d’Etat du pays en question ;
  • quant au second, il représente la confirmation la plus éclatante et la plus significative ; en effet, d’après un article (« Dette américaine : pourquoi ça coince au Congrès ? ») publié le 21 novembre 2011 par le site lexpansion.lexpress.fr, les taux d’intérêt concernant la dette américaine restent très bas (2 % pour la dette à dix ans), alors que les Etats-Unis ont perdu leur triple A !

 

UNE OFFENSIVE DE WALL STREET CONTRE L’EURO

 

Tout ceci confirme à l’évidence que ce qui est à l’œuvre représente une attaque planifiée et concertée contre la zone euro, ou plus précisément contre l’euro lui-même. Par ailleurs, la constatation que les Etats-Unis continuent à bénéficier de taux très bas, alors même que leur dette est colossale et que leur note souveraine a été abaissée, laisse clairement apparaître que l’offensive contre l’euro vient très probablement de Wall Street. Deux autres éléments viennent appuyer cette hypothèse plus que vraisemblable :

 

  • la première tient à la taille requise pour développer une offensive de cette ampleur : d’après des indications données le 23 septembre 2011, sur France inter, par M. Jouyet, président de l’AMF (Autorité des marchés financiers) française, il y a cinq ou six établissements américains qui, d’une façon générale, donnent le ton sur les marchés financiers ; or, aucun autre acteur, à part ces établissements, ne serait capable de mener l’offensive dont il est ici question. Mais ces établissement, quels sont-ils ? Leur liste comprend très certainement les inévitables Goldman Sachs et Soros Fund Management, ainsi que, peut-être, JPMorgan, Citigroup, Morgan Stanley et Bank of America, le tout en association, pour faire bonne mesure, avec quelques fonds américains spécialisés dans la spéculation ;
  • la seconde tient à l’objectif très certainement poursuivi par cette offensive contre l’euro : celle-ci, en effet, ne peut avoir qu’un seul but, qui ne peut intéresser que les seuls établissements de Wall Street, et qui est de détruire l’euro (un euro auquel Goldman Sachs, par exemple, est ouvertement hostile, d’après Le Monde daté du 10 novembre 2011), ce en vue d’une restauration de la toute-puissance d’un dollar qui, si l’euro se maintenait à son niveau actuel (rarement inférieur à 1,35 dollar depuis de longs mois), risquerait à terme de voir fortement contester son rôle de monnaie de réserve et de règlement des échanges internationaux.

 

L’EUROPE DOIT RIPOSTER ÉNERGIQUEMENT ! 

 

Et face à cette offensive, que fait l’Europe ? Elle se conduit en petit caniche discipliné du système américain, empilant les plans d’austérité et s’enfonçant dans la quasi-stagnation (France, Espagne, Belgique, Italie ; l’Allemagne semble aller dans la même direction en 2012), la récession (Pays-Bas et Portugal) ou la misère (Grèce). La seule autre réponse éventuellement envisagée par nos dirigeants et « experts » semble être l’appel à une plus grande implication de la Banque centrale européenne. Pour tout dire, nous avons le sentiment que tout ce petit monde ne sait pas très bien quoi faire…

 

Et pourtant, bien des actions sont envisageables ! Qui doivent partir de cette évidence que, lorsqu’on est attaqué, on doit répondre par une contre-attaque ; et que cette  contre-attaque doit logiquement commencer par porter sur le processus ayant facilité le déroulement de l’attaque. Or, quel est ce processus ? Il est parfaitement clair que tout a commencé par la crise des subprimes, dont l’impact global peut être évalué à 4 000 milliards de dollars (cf. notre commentaire du 20 octobre), et dont la diffusion, sous forme de créances plus que douteuses titrisées, a entraîné une crise financière, puis économique, ayant conduit divers Etats, et en particulier les Etats européens, à mettre au point des plans de relance dont le financement a alourdi leur dette, cette même dette qui leur est aujourd’hui reprochée par les spéculateurs de Wall Street : c’est l’incendiaire reprochant à l’incendié d’avoir le feu chez lui ! Comment répondre à l’incendiaire ? D’une façon bien simple, et, là encore, parfaitement logique : l’Europe doit demander aux Etats-Unis des réparations au titre de la crise des subprimes et des plans de relance pour lesquels elle s’est endettée. Il doit être parfaitement possible de calculer les montants en cause, qui seront portés sur la note à présenter à l’Oncle Sam. Et si celui-ci refuse de la payer, pourquoi ne pas déduire ces montants des sommes dues aux banques américaines au titre de la dette ? Voilà une « dénonciation partielle » de cette dette qui ramènerait peut-être celle-ci à des niveaux acceptables…

 

Au nombre des mesures à court terme, il paraît également indispensable, et totalement conforme à la justice la plus élémentaire, d’interdire à Goldman Sachs d’exercer en Europe : comment se fait-il, en effet, que cet établissement de Wall Street puisse continuer à sévir sur notre continent, alors qu’il a conseillé à la Grèce de maquiller ses comptes publics pour entrer dans la zone euro, confectionnant ainsi le détonateur de la crise où nos peuples sont aujourd’hui plongés ? Quant au long terme, il convient de se garantir contre le retour d’une crise semblable en interdisant que les bons du trésor et autres valeurs d’Etat européennes soient achetés par d’autres investisseurs que des acheteurs européens, lesquels ne s’amuseront pas, en principe, à spéculer contre leur propre monnaie... Cela contribuera à financer de façon saine le nécessaire processus européen de réindustrialisation et de relocalisation, car seule une croissance significative nous permettra de sortir vraiment de la crise actuelle, qui est d’abord et avant tout le signe d’un appauvrissement de notre continent. 

 

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