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ForumSi

QUAND WALL STREET ATTAQUE L’EURO, L’EUROPE ÉTRANGLE LA GRÈCE !

21 Février 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #Quand Wall Street attaque l'euro...

Emeutes-du-12.2.2012-a-Athenes.jpg
 
Extrait du Monde daté du 14 février 2012 : 
 
« LA CURE D’AUSTÉRITÉ GRECQUE NE SERA PAS SUFFISANTE, FAUTE D’INDUSTRIALISATION
 
« (…) En votant une cure radicale à même de débloquer le deuxième plan d’aide de 130 milliards d’euros de la troïka -ce trio formé par la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne- couplé à une réduction de la dette publique de 100 milliards (sur plus de 350 milliards), le pays évite le pire : un défaut désordonné, voire une sortie de la zone euro (…).
« Un bol d’air considérable, reconnaît Natacha Valla, économiste chez Goldman Sachs. (…). « Un obstacle important a donc été franchi. Sans toutefois résoudre les problèmes fondamentaux de la Grèce, poursuit Mme Valla. (…).
« De fait, les difficulté de la Grèce ne sont pas seulement le fruit d’une gabegie de la dépense publique, mais aussi le résultat des faiblesses structurelles de son économie. (…).
« En résumé, le dispositif prévu semble pour l’heure inadéquat pour redresser le pays à long terme. ‘On pousse la Grèce à faire des choses infaisables. C’est sans doute ça l’ultime erreur’, conclut Mme Valla.
 
« LES MESURES ADOPTÉES
 
« Coupes budgétaires Le mémorandum prévoit de réduire de 1 milliards d’euros les dépenses de médicaments. (…).
« ‘Coût du travail’ Il doit baisser de 15 % d’ici à 2015. Le plan prévoit une baisse de 22 % du salaire minimum, de 751 à 586 euros. (…) Le régime des retraites change pour les revenus supérieurs afin d’obtenir une baisse de leur pension d’au moins 300 euros. 15 000 fonctionnaires seront placés dans une ‘réserve’ de main-d’œuvre pendant un an, avec 60 % de leur salaire. (…) ».
 
 
Le commentaire de ForumSi :
 
QUAND WALL STREET ATTAQUE L’EURO, L’EUROPE ÉTRANGLE LA GRÈCE !
 
Baisse des dépenses de santé, baisse de 22 % du salaire minimal, baisse de certaines retraites, baisse de 40 % des salaires de plusieurs milliers de fonctionnaires…Ainsi peut-on résumer les mesures imposées à la Grèce par la « troïka » (BCE, FMI et Commission européenne) et votées par les députés grecs, des mesures qui ont provoqué les violentes émeutes du dimanche 12 février (notre photo). Il s’agit là, une fois de plus, de mesures d’étranglement du peuple grec, qui vont encore accentuer sa descente dans l’enfer de la récession (la progression du PIB de la Grèce a été de - 7 % au quatrième trimestre 2011) et de la misère. Or, ces mesures ne s’attaquent nullement à la cause principale de la situation grecque, une cause qui, selon de nombreuses études publiées depuis le début de la crise dite des « dettes souveraines », est représentée par la quasi-inexistence, en Grèce, d’un système fiscal digne de ce nom. Si la Grèce s’endette, en effet, c’est principalement parce que ses impôts ne rentrent pas comme ils le devraient et que, dans ces conditions, la seule solution pour financer les services de l’Etat, c’est de s’appuyer sur la dette.
 
Comment se fait-il donc que, au lieu de demander au gouvernement grec de s’engager dans la construction d’un système fiscal efficace, en contrepartie de l’aide qui lui est accordée, la troïka ait imposé des mesures qui vont encore accroître la dépression du peuple et de l’économie grecs ? Ce qui est ici en cause, est-ce l’incompétence ou la volonté -mais à quelle fin ?- de donner à l’Europe le visage d’une mère indigne, indifférente au sort de ses enfants ? Et comment ne voit-on pas cette vérité évidente que, pour rembourser une dette, il faut en avoir les moyens, des moyens qui ne peuvent naître de l’appauvrissement du débiteur, mais bien plutôt de l’enrichissement engendré par la croissance de son économie ?
 
En répondant à côté de la question en ce qui concerne la Grèce, en privilégiant une fois encore des mesures de récession, l’Europe joue une fois de plus contre l’euro et contre elle-même. Et ce alors que des solutions existent, que nous avons développées dans notre commentaire du 8 décembre 2011 et dont nous nous contenterons de rappeler ici qu’elles s’articulent autour de deux éléments principaux :
 
1-DÉNONCER PARTIELLEMENT LA DETTE EUROPÉENNE
 
Pour qui se donne la peine d’analyser un peu les mécanismes de la crise de la dette, il est parfaitement clair que tout a commencé avec la crise des subprimes, dont l’impact global peut être évalué à 4 000 milliards de dollars (cf. notre commentaire du 20 octobre 2011), et dont la diffusion, sous forme de créances titrisées très largement douteuses, a provoqué une crise financière, suivie d’une crise économique ayant obligé de nombreux Etats européens à mettre en œuvre des plans de relance dont le financement a alourdi leur dette. L’Europe est donc fondée, très légitimement, à demander réparation du préjudice subi, tant au titre des subprimes que du financement des plans de relance. Il doit être parfaitement possible de calculer les montants en cause et de les déduire des sommes dues aux banques américaines au titre de la dette : voilà une « dénonciation partielle » de celle-ci qui la ramènerait peut-être à des niveaux acceptables et permettrait de libérer une masse de manœuvre financière affectable au financement de la relance plutôt qu’au remboursement d’une fraction indue de la dette.
 
2-RENDRE LA DETTE EUROPÉENNE AUX PEUPLES EUROPÉENS
 
Il convient de sécuriser le système et de se garantir contre le retour d’une crise semblable à celle d’aujourd’hui en interdisant que les bons du trésor et autres valeurs d’Etat européennes soient achetés par d’autres investisseurs que des acheteurs européens, lesquels ne s’amuseront pas, a priori, à spéculer contre leur propre monnaie. Un tel dispositif contribuera, lui aussi, à financer de façon saine le nécessaire processus européen de relance par la réindustrialisation et la relocalisation, un processus qu’il conviendra bien évidemment de garantir par l’indispensable taxation des produits en provenance de pays laissant glisser leur monnaie ou affichant un différentiel notable de prix de revient avec ceux de nos productions.
 
Mais nous ne pourrons pas conclure sans parler à nouveau de Goldman Sachs. Il est proprement ahurissant, en effet, que Le Monde ose donner la parole à un économiste de cet établissement de Wall Street, surtout à propos de la Grèce, alors que c’est Goldman Sachs qui a conseillé à la Grèce de maquiller ses comptes publics pour entrer dans la zone euro, confectionnant ainsi le détonateur de la crise où nos peuples sont aujourd’hui plongés ! En agissant de la sorte, Goldman Sachs a mené une action de subversion contre les intérêts européens. Il serait conforme à la plus élémentaire justice de lui en faire payer le prix : qu’attendent donc nos gouvernants pour interdire à Goldman Sachs d’exercer ses (funestes) activités en Europe ?
 

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