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POUR RELANCER LA CROISSANCE, IL FAUT UNE TAXATION CIBLÉE DES IMPORTATIONS !

28 Juin 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #Quand Wall Street attaque l'euro...

Guido-Westerwelle.jpg

  

  

L’article de Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères (notre photo), dont les extraits sont publiés ci-dessous date déjà du 24 mai. Il s’agit, nous semble-t-il, d’un texte important et qui mérite d’être commenté, ce que l’actualité électorale très chargée de ces dernières semaines ne nous avait pas laissé le loisir de faire jusqu’à aujourd’hui. On notera que cette publication et ce commentaire tombent à pic, puisqu’une réunion des 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne se tient à Bruxelles, les 28 et 29 juin.    

 

 

Extrait du Monde daté du 24 mai 2012 :

 

« UN PACTE DE CROISSANCE, SANS DÉPENSER D’AVANTAGE, EST POSSIBLE EN EUROPE

 

« La crise de la dette revient hanter l’Europe. (…).

« Les hauts niveaux d'endettement accumulés, en plus du manque de compétitivité des pays en crise, sont les véritables causes de la crise économique et financière. (…).

« Cependant, la consolidation budgétaire n'est qu'un des deux piliers -la politique de croissance étant l'autre- sur lesquels s'appuient des économies fortes. (…).

« Les pays européens pris dans la tourmente de la crise financière ont d'ores et déjà adopté des réformes importantes. Nous sommes conscients du dur chemin que beaucoup d'entre eux doivent emprunter. (…). 

« Pour soutenir ces efforts, et en complément du pacte budgétaire, nous souhaitons l'adoption d'un pacte de croissance reposant sur six piliers.

« Premièrement, orienter le budget de l’Union européenne (UE) vers la croissance. (…). « L'argent qui permettra de financer les missions d’avenir est là. En effet, les négociations pour fixer le cadre financier des budgets européens pour les années 2014 à 2020 sont en cours. Un volume de 1 000 milliards d'euros est prévu. Nous devrions mobiliser cette somme colossale pour la relance de la croissance et de l'emploi, de l'innovation et de la compétitivité. (…).

« Deuxièmement, il faudrait employer les fonds européens inutilisés. Sur les fonds structurels et de cohésion de l'exercice budgétaire en cours, il reste environ 80 milliards d'euros qui n'ont pas été affectés à des projets concrets. (…).

« Troisièmement : améliorer l'accès aux capitaux d'investissement. (…). Grâce à la Banque européenne d'investissement (BEI), nous disposons d'un instrument que nous devrions utiliser davantage et de manière plus ciblée afin d'améliorer précisément l'accès des petites et moyennes entreprises au crédit.

« Quatrièmement, nous devons encourager les projets d'infrastructures. (…) Concernant le développement transfrontalier des infrastructures européennes, nous devons mobiliser des capitaux privés et explorer des voies innovantes de partenariats public-privé.(…).

« Cinquièmement, il faut parachever le marché intérieur européen. (…).

« Sixièmement, il faut renforcer le libre-échange. Les trois quarts de l'économie mondiale se situant à l'extérieur de l'UE, elle doit veiller à ce que le cycle de Doha aboutisse, et également conclure de nouveaux accords de libre-échange avec de nouveaux partenaires.

« Tout cela montre qu'il est possible de créer la croissance sans contracter de nouvelles dettes. (…) ».

 

 

Le commentaire de ForumSi :

 

POUR RELANCER DURABLEMENT LA CROISSANCE, IL FAUT METTRE EN PLACE UNE TAXATION CIBLÉE DES IMPORTATIONS !

 

La crise financière et économique que nous subissons depuis, au moins, octobre 2008, c’est-à-dire lorsque la crise des subprimes a atteint son intensité maximale (pour le moment…), a au moins un avantage : celui d’amener les dirigeants européens à faire cet effort de réflexion minimal que nos peuples sont en droit d’attendre de ceux qui prétendent les gouverner. C’est ainsi que M. Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, nous apprend qu’il est possible, sans endettementsupplémentaire, de dégager près de 1 100 milliards d’euros pour financer la relance de la croissance européenne.

 

1 100 milliards d’euros, ce n’est pas rien, en particulier si l’on se souvient que l’impact des subprimes identifié par le FMI de Strauss-Kahn se montait à 2 000 milliards de dollars (cf. notre commentaire du 2 novembre 2011). Il y a là, en partie, de quoi relancer une économie européenne appauvrie par les délocalisations vers les pays sans protection sociale, des délocalisations rendues possibles par la destruction des barrières douanières européennes, destruction dont on rappellera qu’elle a été systématiquement réalisée par les libre-échangistes qui tiennent la Commission (anti)-européenne de Bruxelles.

 

Or, le dernier des « six piliers » proposés par M. Westerwelle pour soutenir son « pacte de croissance » n’est rien d’autre, justement, que le renforcement du … « libre échange » !

 

L’EUROPE NE SE RELÈVERA PAS SANS PROTECTIONS DOUANIÈRES

 

On croit rêver, mais ce n’est malheureusement pas le cas ! Finalement, Westerwelle n’est pas sur une autre ligne que les Sarkozy, Hollande et autres Aubry, qui, conscients de la désindustrialisation de l’Europe et de l’appauvrissement qui en découle (un appauvrissement qui explique une part de la crise de la dette, car un ensemble économique qui s’appauvrit devient vite incapable de faire face à ses échéances), nous promettent une soi-disant relance basée sur des produits « à forte valeur ajoutée », paraît-il, alors que c’est le socle même de la puissance industrielle européenne qu’il convient de reconstruire.

 

Or, cette reconstruction est impossible sans les protections douanières dont les Merkel, Hollande, Aubry et autres Westerwelle ne veulent pas, car elle risquerait, d’après eux, de remettre en cause le développement économique des « pays émergents ». Il s’agit, nous semble-t-il, d’un argument totalement irrecevable : si, en effet, le développement des pays émergents devait souffrir d’un effort légitime des peuples européens pour retrouver la prospérité, cela signifierait tout simplement que ce développement aurait été basé sur un processus totalement injuste d’appauvrissement des nations européennes, d’où il résulte, d’une part, que celles-ci sont parfaitement fondées à remettre en place des protections douanières, et, d’autre part, qu’il appartient aux pays émergents d’imaginer des voies de développement qui ne soient pas engendrées par la ruine des autres.

 

Les protections douanières européennes à installer devraient reposer, en première analyse, sur une taxation ciblée, concernant les produits en provenance de pays laissant glisser leur monnaie ou affichant un différentiel notable de prix de revient avec ceux de nos productions.

 

Cette taxation permettrait de protéger les productions résultant de la relance financée, par exemple, à l’aide des 1 100 milliards d’euros dégagés par M. Westerwelle. Mais d’autres éléments devraient entrer en jeu, que nous avons développés dans notre commentaire du 8 décembre 2011 et dont nous rappellerons qu’ils s’articulent autour de deux axes principaux : dénoncer partiellement la dette européenne, d’une part, et rendre la dette européenne aux peuples européens, d’autre part.

 

IL FAUT DÉNONCER PARTIELLEMENT LA DETTE EUROPÉENNE

 

Il est parfaitement clair que ce que l’on appelle « crise de la dette » ou « crise de l’euro » trouve son origine dans la crise des subprimes, dont l’impact total peut être évalué à 4 000 milliards de dollars (cf. notre commentaire du 20 octobre 2011), et dont la diffusion au travers de créances douteuses titrisées a entraîné une crise financière, puis une crise économique, qui ont obligé de nombreux Etats européens à mettre en place des plans de relance dont le financement s’est traduit par un alourdissement de la dette de ces mêmes Etats.

 

L’Europe doit donc très légitimement demander réparation du préjudice subi, non seulement au titre des subprimes, mais également au titre des plans de relance qu’il a fallu financer par un accroissement de la dette publique. Il est très certainement possible de calculer les montants en cause et de les déduire de ceux dus aux banques américaines au titre de la dette. Il s’agirait là d’une « dénonciation partielle » de ladite dette, qui ramènerait peut-être celle-ci à un niveau plus acceptable et permettrait de libérer une masse financière affectable, en complément des 1 100 milliards d’euros de M. Westerwelle, au financement de la relance plutôt qu’au remboursement d’une fraction totalement indue de la dette des Etats européens.

 

IL FAUT RENDRE LA DETTE EUROPÉENNE AUX PEUPLES EUROPÉNS

 

En dégageant ainsi les marges de manœuvre nécessaires au financement d’une relance dont les fruits seraient protégés par une taxation ciblée des importations, l’Europe s’engagerait dans la voie d’un redressement enfin durable et disposerait des moyens de rembourser la fraction légitimement due de sa dette.

 

Il conviendrait toutefois de sécuriser le dispositif ainsi mis en place et de le garantir contre le retour d’une crise analogue à celle d’aujourd’hui en interdisant que les bons du trésor et les autres valeurs d’Etat européennes puissent être achetées par d’autres acteurs que des investisseurs européens, lesquels ne devraient pas, a priori, se livrer à des attaques spéculatives contre leur propre monnaie.

 

Pour conclure, nous parlerons, bien entendu, du cas de Goldman Sachs. Rappelons en effet que c’est cet établissement de Wall Street qui a conseillé à la Grèce de maquiller ses comptes publics pour entrer dans la zone euro, confectionnant ainsi le détonateur de la crise où nos peuples se débattent aujourd’hui ! En agissant de la sorte, cette banque américaine a mené une action de subversion à l’encontre des intérêts européens et il serait conforme à la justice la plus élémentaire de lui en faire payer le prix : qu’attendent donc les dirigeants européens pour prendre à l’égard de Goldman Sachs les sanctions qui s’imposent, par exemple en lui interdisant d’exercer toute activité en Europe ?

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