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L’AFFAIRE MERAH ET LA PRÉSIDENTIELLE : MARINE LE PEN, COMME D’HABITUDE, NE POSE PAS LES BONNES QUESTIONS !

2 Avril 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #Marine Le Pen sert-elle la France

Marine-Le-Pen-4.jpg

 

Extrait de Libération du 26 mars 2012 :

 

« MARINE LE PEN DE RETOUR AUX FONDAMENTALISTES

 

« Avec l’immigration et l’insécurité, les tueries de Montauban et de Toulouse offrent à Marine Le Pen deux thèmes en or pour rebooster sa campagne (…). En meeting hier dans l’agglomération nantaise, la candidate du Front national (…) s’est lancée dans un discours particulièrement dur (…).

« En ligne de mire : (…) un gouvernement qui, selon elle, n’a rien fait pour prévenir ces tueries. La présidente du Front national n’est pas attristée par ‘l’issue de ce drame. L’horrible tueur est mort et l’on ne versera pas de larmes sur sa disparition. (…)’.

« ‘Cette tragédie est politique. (…) Ce qui s’est passé, ce n’est pas l’histoire d’un fou, c’est l’avancée du fascisme vert dans notre pays’, poursuit la présidente du parti d’extrême droite (…).

« Bien entendu, pour la candidate, ‘l’imprégnation et l’influence grandissante de l’islam radical’ n’est que ‘la conséquence de l’immigration que droite et gauche nous imposent depuis des décennies’. (…) ».

 

 

Le commentaire de ForumSi :

 

L’AFFAIRE MERAH ET LA PRÉSIDENTIELLE : MARINE LE PEN, COMME D’HABITUDE, NE POSE PAS LES BONNES QUESTIONS !       

 

« L’horrible tueur est mort et l’on ne versera pas de larmes sur sa disparition ». Voilà la puissante analyse livrée par Marine Le Pen après la mort de Mohamed Merah, abattu par les policiers du RAID, alors qu’un responsable politique soucieux de l’intérêt national (ce que prétend être Marine Le Pen) eût posé les questions suivantes :

 

-comment se fait-il que, alors que l’on annonçait que la consigne était de le prendre vivant, on ait abattu Merah au lieu de l’accabler de gaz lacrymogène, dès lors qu’il était avéré que l’utilisation de cette dernière technique eût permis de le neutraliser sans le tuer, selon l’avis d’un expert en la matière, le préfet Prouteau, ancien patron du GIGN (cf. notre commentaire du 26 mars) ?

 

-maintenant que Merah est mort, comment va-t-on faire pour connaître ses fréquentations et motivations, en particulier les raisons pour lesquelles il a commis ses attentats à un mois du premier tour de la Présidentielle ? N’est-il pas hautement dommageable que l’on se soit ainsi privé de la principale source d’information, celle représentée par l’intéressé lui-même ? Comment les autorités étatiques justifient-elles ce dénouement si contraire à leurs engagements et ses conséquences ?

 

Voilà les questions qu’il fallait poser, avec toute la fermeté nécessaire. Mais Marine Le Pen ne les pose pas, bien au contraire. Après s’être totalement déballonnée lors des seconds attentats de Toulouse (« Euh…aujourd’hui, il n’y a plus ni Droite, ni Gauche…Euh…aujourd’hui, il n’y a plus de politique », etc.), elle se contente d’une remarque facile, à la portée du premier venu (« L’horrible tueur est mort et l’on ne versera pas de larmes », etc.). Il n’est pas certain que cela soit dû à sa seule médiocrité.

 

MARINE LE PEN AFFICHE SON ANTIFASCISME

 

Avançant encore un peu plus dans cette voie du conformisme politiquement correct qu’elle affectionne tant et où elle est déjà largement engagée, elle s’en prend à « l’avancée du fascisme vert » dans notre pays et promet de « mettre l’islam radical à genoux ».

 

L’expression « fascisme vert » n’est pas neutre. Elle signifie, premièrement, que Marine Le Pen est antifasciste, ce qui ne nous étonne guère, sans quoi elle n’eût pas employé l’expression « fascisme » pour caractériser certaines dérives de l’islam, si ces dérives sont bien seules en cause dans le cas de l’affaire Merah. Elle signifie, deuxièmement, que Marine Le Pen affiche clairement son ralliement aux Rioufol et autres Zemmour, c’est-à-dire à ceux qui, en France, diffusent servilement la pseudo-pensée des cercles atlantistes, familiers des expression comme « fascisme vert », « islamo-fascisme », etc., une pseudo-pensée qui sert peut-être les intérêts des néo-conservateurs américains et de leurs dirigeants sionistes, mais certainement pas les intérêts légitimes de la France et de l’Europe.

 

En promettant de « mettre l’islam radical à genoux », Marine Le Pen prend le risque de braquer bien des honnêtes musulmans qui, de par le monde, n’ont rien à voir avec l’ « islam radical », ou, plus précisément, avec les terroristes obscurantistes à l’œuvre, par exemple, en Syrie, après l’avoir emporté en Libye (grâce à l’aide des atlantistes !). En faisant cette déclaration, Marine Le Pen se place donc délibérément dans la logique atlantiste du « choc des civilisations », une logique qui, effectivement, est totalement étrangère à la défense des intérêts légitimes de la France et de l’Europe. Au nom de quoi, en effet, devrions-nous nous brouiller avec des peuples majoritairement musulmans, comme le peuple iranien ou le peuple palestinien, alors que rien ne nous oppose à eux ?

 

LE VRAI PROBLÈME, CE N’EST PAS L’ISLAM, MAIS L’IMMIGRATION

 

La seule remarque intelligente dans les propos de Marine Le Pen est celle où elle note que « l’imprégnation et l’influence grandissante de l’islam radical n’est que la conséquence de l’immigration que droite et gauche nous imposent depuis des décennies ». Car il est clair, effectivement, que, sans immigration, il n’y aurait pas de problème d’islamisme dévoyé, ni d’ailleurs de problème de « zones de non-droit », avec leurs cortèges de trafics et de violences diverses.

 

Alors, pourquoi ne pas se contenter de parler d’immigration de masse, puisque c’est là la source du problème posé, et pourquoi s’en prendre à l’ « islam radical », au risque de froisser des musulmans qui, à l’étranger, ne nourrissent aucune animosité, ni contre la France, ni contre l’Europe ?

 

En s’attaquant ainsi à l’islam, plutôt que de mettre l’accent sur le problème de l’immigration de masse, la candidate du Front national montre une fois de plus qu’elle n’est pas au service de la France : les nationalistes français qui soutiennent Marine Le Pen ne sont-ils pas conscients d’avoir affaire à une escroquerie ?

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