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ForumSi

GUERRE AU MALI : NOS INTÉRÊTS FONDAMENTAUX SONT-ILS ENGAGÉS ?

24 Janvier 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #Monde

Mali 7

 

Extrait du site franceinter.fr, le 20 janvier 2013 :   

 

« JEAN-LUC MÉLENCHON ÉTAIT L’INVITÉ DE ‘’TOUS POLITIQUES’’ FRANCE-INTER / LE MONDE / AFP

 

« Le coprésident du Parti de gauche a estimé dimanche qu’il y avait ‘’beaucoup de points très obscurs’’ dans l’intervention française au Mali. ‘’Quand le chef de l’Etat dit que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas engagés, dans ce cas, que faisons-nous là-bas ?’’ (…). 

 

« François Hollande ‘’se réclame ensuite d’une résolution de l’ONU, mais quand on la lit, il n’y a rien de ce qui se fait qui est dedans! Le seul document écrit qui existe, et dont on ne parle pas, c’est l’accord de défense entre le Mali et la France: contient-il des clauses secrètes ?’’(…).

 

« Enfin, Jean-Luc. Mélenchon a jugé, que ‘’du point de vue militaire, le coup de l’urgence, on nous l’a déjà fait ! Il fallait vite se dépêcher d’aller en Irak pour empêcher Saddam Hussein de se servir des armes de destruction massive (…). Le coup d’avant, il fallait se dépêcher d’aller taper Saddam parce qu’il avait débranché les couveuses des bébés au Koweit (…). Il fallait se dépêcher d’aller en Afghanistan parce que c’était là que se trouvaient ceux qui avaient fait sauter les tours…’’, a-t-il argumenté. ‘’Chaque fois, c’est la même affaire, et là qu’est-ce qu’on nous dit ? On a été pris par surprise. Mais c’est une histoire pour les petits enfants ! Personne ne peut être pris par surprise, ni la France, ni les Etats Unis’’ (…) ».

 

Le commentaire de ForumSi :

 

GUERRE AU MALI : LES « INTÉRÊTS FONDAMENTAUX DE LA FRANCE » SONT-ILS ENGAGÉS, OUI OU NON ?

 

Mélenchon ne fait certes pas partie de nos amis politiques, mais ce personnage atypique de l’univers partisan français présente cet intérêt qu’il tient souvent des propos qui sortent de l’insupportable conformisme ambiant.

 

Il a ainsi tout à fait raison de souligner que, si « les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas engagés », on peut à bon droit se demander quelles sont les raisons de l’engagement français au Mali. On ne s’engage en effet dans une guerre que si les intérêts fondamentaux et légitimes de la patrie sont en jeu. Qu’en est-il dans le cas de notre intervention au Mali ? On aimerait bien le savoir, de même que l’on aimerait bien savoir ce qui est prévu par l’accord de défense entre la France et le Mali. Si notre intervention est due à une application de cet accord, pourquoi ne pas le dire clairement ?

 

Ces questions sont légitimes et il est difficile de comprendre les raisons pour lesquelles Hollande n’y apporte pas des réponses claires. Ajoutons que, poser les questions que nous venons d’évoquer n’implique nullement une quelconque critique de nos forces armées, qui ont débuté leur action au Mali avec un professionnalisme et une efficacité qui forcent l’admiration, et ce alors même que d’importants sacrifices budgétaires ont été demandés à la Défense par ces mêmes socialistes atlantistes qui envoient aujourd’hui nos troupes faire la guerre au Mali.

 

   

AU MALI, NOS GOUVERNANTS COMBATTENT CEUX QU’ILS SOUTIENNENT EN SYRIE !

 

La remarque qui précède s’adresse bien entendu tout particulièrement à MM. Fillon et Raffarin, qui viennent de se singulariser avec une position que l’on peut résumer comme suit : « Lorsque mon pays est en guerre, je m’abstiens de toute critique ». Disons-le tout net : cette position est totalement inepte, ce qui ne nous étonne guère de la part de Raffarin, dont certains esprits malfaisants affirment que sa seule qualité est la maestria avec laquelle il sait profiter des fromages républicains ; par contre, nous aurions attendu une réaction un peu plus intelligente de la part de Fillon. Redisons-le, en effet : poser des questions ne revient nullement à critiquer l’Armée, mais tout simplement à interpeller le gouvernement, ce qui, on en conviendra, n’est pas du tout la même chose !

 

Et le passé récent nous confirme que de telles questions sont, non seulement légitimes, mais aussi absolument nécessaires. Pour s’en assurer, il suffit, en effet, de rappeler quelques prétextes de guerre mis en avant lors de conflits précédents et fort opportunément rappelés par Mélenchon : ainsi le coup des couveuses des bébés koweitiens, pour la première guerre du Golfe, ou celui des « armes de destruction massive », dans le cas de la seconde. Dans l’un et l’autre cas, il s’est agi d’ignobles manipulations de la propagande atlantiste et dont il serait bienvenu que les responsables, les Bush (père et fils), Blair et autres Colin Powell, rendent compte devant la justice internationale : peut-on espérer que cela se produira un jour ?

 

Et peut-on espérer une réponse à la question que nous posions dans notre commentaire du 20 janvier : qu’attend-on pour changer de politique en Syrie, où nous soutenons ceux que nous combattons au Mali ? Nos gouvernants vont-ils persister encore longtemps dans cette totale incohérence diplomatique et militaire ?

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