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EN ATTENDANT UN RÉFÉRENDUM GREC…QUELQUES REMARQUES SUR L’ACCORD EUROPÉEN DE FIN OCTOBRE

2 Novembre 2011 , Rédigé par forumsi Publié dans #Quand Wall Street attaque l'euro...

Notre monnaie commune

Extrait du Figaro du 28 octobre 2011 :

 

« GRÈCE, BANQUES, FONDS DE SAUVETAGE : LES TROIS CLÉS DU PLAN EUROPÉEN

 

« 50 % : DÉCOTE SUR LA DETTE DE LA GRÈCE

« Les banques et assureurs ont accepté à l’arraché de tirer un trait sur la moitié de la valeur des titres grecs qu’ils détiennent (…).

« (…) les établissements financiers enregistreront ‘volontairement’ une perte de 100 milliards d’euros. Cette décote, en plus des réformes mises en œuvre, permettra à Athènes de ramener sa dette publique à 120 % de son PIB.

 

« 106 MILLIARDS D’EUROS : RECAPITALISATION DES BANQUES

« (…) pour que les banques ne vacillent pas après avoir enregistré une perte de 50 % sur les obligations grecques qu’elles détiennent, l’Autorité bancaire européenne prône une augmentation de leurs fonds propres de 106,4 milliards d’euros au plus tard fin juin prochain.

 

« 1 000 MILLIARDS D’EUROS : FORCE DE FRAPPE DU FESF

« (…) Doté actuellement d’une capacité de prêt de 440 milliards d’euros, jugée insuffisante pour venir au secours des Etats en difficulté, (le FESF) atteindra une force de frappe d’environ 1 000 milliards d’euros (…). Cette enveloppe sera atteinte (…) via un effet de levier.

« Cela consistera, d’une part, à garantir une partie des pertes éventuelles des investisseurs privés lorsqu’ils achèteront des obligations souveraines (…). Et, d’autre part, à créer des fonds spéciaux (…) destinés à attirer les investisseurs extérieurs (…). Raison pour laquelle les Européens vont faire la tournée des pays émergents -Nicolas Sarkozy s’est entretenu hier avec le président chinois Hu Jintao- pour trouver des fonds supplémentaires ».

 

 

Le commentaire de ForumSi :

 

EN ATTENDANT UN RÉFÉRENDUM GREC…QUELQUES REMARQUES  SUR L’ACCORD EUROPÉEN DE FIN OCTOBRE

 

Si l’on passe en revue, du point de vue national et européen qui est le nôtre, les trois principales mesures retenues lors du sommet européen des 26 et 27 octobre, il y a lieu d’y apporter le commentaire ci-dessous, et de compléter celui-ci par deux remarques, l’une concernant l’appel à la Chine, et l’autre un référendum annoncé par le premier ministre grec.

 

DÉCOTE SUR LA DETTE DE LA GRÈCE

Il n’y a pas à se lamenter sur le sort des banques. Celles-ci sont en effet largement responsables de la diffusion de la crise où nous nous débattons, une crise directement issue de celle des subprimes, dont les banques ont contribué à étendre les effets à l’ensemble de nos économies. Rappelons en effet que, en investissant massivement dans les titres adossés aux subprimes proposés par des établissements financiers de Wall Street, les banques européennes, par leur légèreté (probablement à mettre sur le compte d’une américanolâtrie maladive), sont à l’origine de la naissance et du développement de la crise économique qui a suivi l’éclatement de la « bulle immobilière » américaine des subprimes, une « bulle » dont le montant global peut être évalué à 4 000 milliards de dollars, comme indiqué dans notre commentaire du 20 octobre.

Pour répondre à cette crise économique, les Etats européens ont dû prendre des mesures de relance dont le financement a accru leur endettement. Etant donné que le sommet des 26 et 27 octobre avait pour objectif de répondre à la crise des dettes souveraines, ce n’est que justice de voir les banques européennes obligées de participer au financement de cette réponse, puisqu’elles ont de larges responsabilités, comme on vient de le voir, dans le processus qui a conduit à l’alourdissement desdites dettes souveraines. Tout au plus remarquera-t-on que la participation de 100 milliards d’euros qui leur est demandée paraît bien faible, compte tenu de l’effet « subprimes » rappelé plus haut : mais il est vrai qu’il ne s’agit ici que de la dette grecque…Ces 100 milliards d’euros risquent donc de ne pas être les derniers ! En ce qui concerne les responsabilités premières de la crise actuelle, on notera que, comme d’habitude, aucun compte n’est demandé aux autorités américaines, à la Fed, en particulier, directement responsable du déclenchement de la crise des subprimes (cf. notre commentaire du 20 octobre), ainsi qu’à Goldman Sachs, pourtant acteur principal de la prestation de « conseil » ayant incité le gouvernement grec à maquiller ses comptes pour entrer dans la zone euro. Le silence des gouvernements européens face aux malversations américaines devient vraiment assourdissant !

 

RECAPITALISATION DES BANQUES

Il s’agit là d’une mesure technique destinée à permettre aux banques d’« encaisser » le choc de la décote sur la dette de la Grèce. Cette mesure n’appelle pas de commentaire particulier, si ce n’est qu’elle sera très certainement renforcée dès lors que les spéculateurs feront mine de s’intéresser à d’autres dettes souveraines. Rappelons (cf. notre commentaire du 20 octobre) que, sur la base des indications données le 23 septembre, sur France inter, par M. Jouyet, président de l’AMF, ces spéculateurs se résument essentiellement à cinq ou six établissements américains, au nombre desquels on peut sûrement retenir le Fonds Soros, JPMorgan et, bien sûr, Goldman Sachs !

 

FORCE DE FRAPPE DU FESF

Les 1 000 milliards d’euros retenus sont très certainement insuffisants. Rappelons en effet (voir à nouveau notre commentaire du 20 octobre) que Sarkozy demandait que cette force de frappe fût portée à 2 000 milliards d’euros. On est donc loin de compte. Or, force est de reconnaître que Sarkozy avait ici raison -nos commentaires étant en général fort critiques à l’égard de Sarkozy, cette reconnaissance en prend d’autant plus de valeur…- tout simplement parce qu’il avait vraisemblablement en tête, non pas l’impact de la crise de la dette proprement dite, mais celui, encore latent, correspondant au solde de la crise des subprimes, qui peut être évalué à 2 000 milliards de dollars (soit 4 000 milliards d’évaluation globale initiale, diminués de 2 000 milliards identifiés par le FMI, Strauss Kahn regnante, et ayant provoqué la crise financière et économique où nous sommes aujourd’hui).

Pour bien comprendre ce qui nous attend encore, il suffit de rappeler que les titres adossés aux subprimes ayant provoqué la décision récente de démanteler la banque Dexia représentaient, dans le bilan de celle-ci, un montant de 100 milliards d’euros, soit autant que la part de la dette grecque qu’il est aujourd’hui demandé aux banques d’abandonner. Or, si l’on parle beaucoup de cette dette grecque, on est par contre beaucoup plus discret en ce qui concerne les titres « subprimes » de Dexia. Pourquoi ? N’est-ce pas parce que cela attirerait, une nouvelle fois l’attention du public sur les malversations des financiers américains ? Dans ce cas, toute la campagne menée à propos des dettes souveraines peut être considérée pour une bonne part comme un leurre destiné à ne pas remettre les subprimes sous les feux de l’actualité : quelle hypocrisie !...qui ne durera d’ailleurs qu’un temps, car il faudra bien justifier, d’ici peu, un doublement de la force de frappe du FESF. Que dira-t-on alors ? Que c’est encore à cause des dettes souveraines ? Ou bien sera-t-on obligé d’avouer que le vrai problème, la question centrale, qui entraîne d’ailleurs l’alourdissement de la dette, c’est celle des subprimes ? Et à ce moment-là, demandera-t-on enfin des comptes aux Américains, aux Greenspan, JPMorgan, Goldman Sachs et autres Soros ? Combien de temps l’Europe va-t-elle encore se laisser piétiner ainsi ?

 

ENCORE UN BRILLANT SUCCÈS DE LA MONDIALISATION : L’EUROPE APPELLE À L’AIDE LA…CHINE !

Sarkozy s’est entretenu avec le Chinois Hu Jintao, nous dit Le Figaro, pour trouver des fonds supplémentaires destinés à renforcer le FESF. Alors là, la boucle est bouclée ! Cela fait des décennies que l’Europe délocalise et se désindustrialise au profit des pays dits « émergents », la Chine en tête. Et que voit-on aujourd’hui ? Que l’Europe s’est tellement appauvrie à cause de ces délocalisations qu’elle est incapable de trouver chez elle la totalité des fonds dont elle a besoin pour redresser sa situation. Cette constatation implique deux remarques. La première est que l’Europe, et la France en particulier, ont été trahies par des dirigeants qui n’ont pas voulu défendre les intérêts les plus élémentaires de nos peuples : à ces dirigeants aussi, il faudrait demander des comptes ! La seconde concerne la nécessaire réindustrialisation de la France et de l’Europe. L’appel à la Chine montre clairement, en effet, que les politiques d’austérité à la sauce FMI, enrobées de sinistres considérations moralisatrices à la sauce Fillon, n’apportent aucun élément de progrès à nos peuples et ne leur permettront pas de sortir de la crise. Bien au contraire : en cassant le peu de croissance qui nous reste encore, ces politiques vont nous plonger dans la récession, gênant ainsi encore plus le remboursement des dettes accumulées, alors que l’on ose encore nous présenter les plans d’austérité comme la condition incontournable de ce remboursement.

Si l’on veut, entre autres, se donner les moyens de rembourser la dette, il est avant tout indispensable de recréer de la richesse et, donc, de réindustrialiser et de relocaliser. Pour y parvenir, il faut une politique ferme de développement au service de la France et de l’Europe, dont l’un des volets ne peut être que la taxation des produits en provenance de pays affichant un différentiel notable de prix de revient avec ceux de nos productions : exigeons de nos dirigeants la mise en place d’une telle politique !

 

À PROPOS DU RÉFÉRENDUM GREC

Une première observation s’impose. Il est évident que les peuples sont beaucoup trop absents de tout ce qui concerne la politique européenne. De ce point de vue, l’idée de ce référendum n’est pas forcément choquante. Ce qui est choquant, par contre, c’est que ce référendum risque de s’effectuer dans les pires conditions, les mesures imposées à la Grèce ayant conduit celle-ci sur la voie de la récession et de la misère. Aider le peuple grec, cela ne consiste certainement pas à l’enfoncer ! On sait, depuis plusieurs mois maintenant, que le point faible de la Grèce, c’est son système fiscal : pourquoi les dirigeants européens n’ont-ils pas incité les Grecs à le réformer, plutôt que de leur imposer un plan d’austérité qui les braque contre l’Europe ? Là encore, exigeons de nos dirigeants un changement de leur politique !    

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