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ELECTIONS ITALIENNES : LA CASAPOUND NE RÉUSSIT PAS SA PERCÉE

28 Février 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #Casapound

Casapound-5.jpg

 

Nous publions ci-dessous des extraits, suivis d'un commentaire, d’une analyse, datée du 26 février, sur les résultats des élections italiennes de dimanche et lundi derniers, qui nous a été adressée par Gabriele Adinolfi (cette analyse est consultable dans son intégralité sur le site de Synthèse nationale).

 

GABRIELE ADINOLFI : LES ITALIENS ONT REJETÉ LA POLITIQUE DE SACRIFICES DICTÉE PAR LES USURIERS     

 

« (…) les Italiens n'ont pas voté pour la Trilatérale, ni pour la BCE, ni pour Goldman&Sachs. Le Parlement qui vient d'être renouvelé a obtenu une majorité de centre-gauche grâce à la “prime à la majorité” prévue par la loi électorale italienne qui donne un nombre important de députés supplémentaires à la coalition arrivée en tête, en l’occurence celle de centre- gauche. Toutefois, cette coalition gagnante dépasse Berlusconi seulement de 80.000 voix. Constatons aussi que le Mouvement 5 étoiles de l'acteur populiste Beppe Grillo est devenu le premier parti italien avec 8 689 168 voix (25,55%), élisant ainsi 108 députés. Enfin, la coalition de Mario Monti, l’euro-technocrate centriste intronisé par Bruxelles l’an passé, dépasse à peine les 10% et compte en tout 45 élus. L'ancien patron du Mouvement social italien (MSI), Gianfranco Fini, qui soutenait la coalition de Monti, est tout simplement éliminé. (...).

 

« Au Sénat aucune majorité n'est mathématiquement possible. (…) nous avons deux jeux possibles auxquels il est licite de s'attendre.

 

« Soit une nouvelle coalition centre-droit / centre-gauche avec un technicien comme premier ministre (Giuliano Amato est le plus pobable), soit une coalition nationale autour d'un personnage qui donne l'impression de représenter le renouveau et la société civile. Il s'agit de Matteo Renzi, le jeune maire de Florence appartenant au Parti démocrate mais très apprécié par la droite modérée. C’est un chrétien de gauche bon teint, fils, semble-t-il, d'un grand maître de la franc-maçonnerie. Il serait l'homme parfait pour pousuivre la politique des grands capitaux spéculatifs en la rendant “populaire”. (...).

 

« Une chose est sûre : c'est que la volonté des électeurs italiens, qui rejettent clairement la politique des sacrifices dictée par les usuriers, ne sera pas respectée.

 

« (…) Il est intéressant aussi d’analyser le suicide des nationalistes qui, une fois qu'ils ont cru possible de pouvoir s’émanciper de la tutelle de Berlusconi, ont démontré leur incapacité à exister réellement.

« Rappelons que le MSI, avant de rentrer dans une majorité gouvernementale avait, pendant quarante-huit ans, de 1946 à 1994, toujours rassemblé des scores oscillant entre les 5 et 9%. Habituellement son score était en moyenne de 6,5%.

 

« Cette fois-ci les “missini” (...) se sont présentés en sept formations différentes. Fratelli d'Italia et La Destra ont appuyé Berlusconi. Une composante du MSI est restée dans le Peuple des Libertés de Berlusconi. D'autres, avec Fini, ont soutenu Monti avec la liste Futuro e Libertà. Trois autres listes sont allées aux élections de manière autonome : Forza Nuova, Casapound Italia et Fiamma Tricolore.

 

« Et voici les scores :

 

-Fratelli d'Italia : 666 035 voix (1,95%) ;

-La Destra : 219 816 voix (0,64%) ;

-Futuro & Libertà (G. Fini) : 159 429 voix (0,46%) ;

-Forza Nuova : 89 826 voix (0,26%) ;

-Casapound Italia : 47 691 voix (0,14%) ;

-Fiamma Tricolore : 44 753 voix (0,13%).

 

« Le total est de 1 317 376 voix éparpillées donnant un pourcentage global de 3,58%. Il faudra ajouter à cela les voix passées directement à Berlusconi et celles qui sont allées à Grillo pour retrouver, mais dispersés, les scores passés du MSI (6% - 6,5%).

 

« Fratelli d'Italia obtient 9 députés, les cinq autres formations n'élisent personne. Des anciens “missini” seront èlus sur les listes du PdL ; on ne sait pas encore qui et combien, mais il s'agira seulement d'une patrouille. (…) ».

 

Le commentaire de ForumSi :

 

ELECTIONS ITALIENNES : LA CASAPOUND NE RÉUSSIT PAS SA PERCÉE

 

Peu avant les élections italiennes de dimanche et lundi derniers, Gabriele Adinolfi nous avait fait part de ses réticences face à la volonté de CPI (Casapound Italia) de présenter ses propres candidats. Il estimait véritablement suicidaire, en particulier, que les ex-« missini » (c’est-à-dire les anciens militants du Mouvement social italien) se rendissent à ces élections en ordre dispersé. C’est ainsi qu’il y avait, à Rome, cinq candidats pouvant être qualifiés d’ « extrême droite », dont des personnalités connues (comme Roberto Fiore, leader de Forza Nuova, et l’un des fondateurs et dirigeants, avec G. Adinolfi, de Terza Posizione), ce qui était une configuration vouée à l’échec. Et l’échec est arrivé, mathématiquement, donnant raison à Adinolfi, dont ses camarades de la Casapound auraient mieux fait d’écouter et de comprendre les réticences face à une aventure électorale qui ne pouvait déboucher que sur une déconvenue.

 

La seule façon pour les missini d’aborder cette élection dans des conditions pas trop défavorables -compte tenu de la remontée prévisible de Berlusconi et de la percée attendue de Grillo- était de présenter des candidats d’union, ce qui n’a pas été fait. Il ne reste plus à la Casapound, dont on a pu admirer la fulgurante ascension au cours de ces dernières années, qu’à analyser correctement les derniers événements, afin d’identifier les raisons qui ont empêché sa percée : même s’il refuse d’être considéré comme son « idéologue », Gabriele Adinolfi est certainement, compte tenu de son expertise militante et politique peu commune, l’une des rares relations de la Casapound capable d’aider celle-ci à mener l’analyse nécessaire et à éviter les pièges qui ne manqueront pas de se présenter lors des combats à venir.

 

LES ASPECTS RÉJOUISSANTS DU VOTE ITALIEN

 

Pour le reste, nous ne bouderons pas notre plaisir et nous nous réjouirons sans retenue de voir à quel point le vote des Italiens a été un gigantesque coup de pied dans la fourmilière du conformisme bruxellois et dans les tibias de ce chef comptable sans imagination qu’est Angela Merkel, ou mieux, « la » Merkel, comme doivent l’appeler ces Italiens qui vont peut-être réussir à réveiller une Europe passablement assoupie. Et l’on se réjouira, ensuite, de la déconfiture de Monti, cet obséquieux collaborateur des spéculateurs et des gnomes de Wall Street arrivé à la présidence du Conseil à la suite d’un quasi-coup d’Etat (cf. notre commentaire du 11 décembre 2012), et que l’on osait nous présenter, en France, comme un « sauveur » adulé des Italiens, alors que ceux d’entre eux qui avaient été interrogés par les médias ces derniers mois affirmaient que Monti les avait ruinés !

 

On se réjouira également de la remontés de Berlusconi, personnage injustement vilipendé et caricaturé en France (où le niveau de l’information est décidément nullissime !), alors que les Italiens peuvent estimer, à juste titre, que son bilan n’est pas si mauvais que cela et qu’il a été chassé du pouvoir dans des conditions très, très discutables (cf. notre commentaire du 11 décembre 2012). Et l’on s’interrogera, enfin, sur la personnalité de Beppe Grillo, dont le journal d’Arte du 26 février à 19 heures 45 disait que cet « ancien gauchiste » était « antisémite et pour l’Iran », ce qui est une attitude plutôt surprenante de la part de celui que nos « grands » médias nous présentent comme un comique recyclé dans la politique…Beppe Grillo ne serait-il donc pas autre chose qu’un « comique »…?

 

Nous ne pouvons que souhaiter que tout ceci se traduise par un réveil de l’Europe, une Europe totalement anesthésiée par les libéraux sectaires de Bruxelles et l’application du plan comptable de la Merkel de Berlin. Car une autre politique est possible, qui permettrait de sortir enfin de la récession politique, sociale, économique et, finalement, culturelle et spirituelle dans laquelle nous ont engagés ces libéraux et comptables qui sont parfaitement indigne de diriger l’Europe. Pour mettre en œuvre cette autre politique, il ne suffit pas de s’« indigner » à la façon de M. Hessel, ce qui est à la portée du premier venu et ne mène à rien. Il faut analyser correctement les causes de la crise actuelle et en déduire la politique à appliquer pour éliminer ces causes et redresser l’Europe.

 

LES MESURES À PRENDRE POUR SORTIR L’EUROPE DE LA CRISE

 

Cette analyse et cette déduction, nous nous sommes efforcés de les présenter au fil de nos articles regroupés sous la rubrique « Quand Wall Street attaque l’euro ». Quant aux mesures à prendre pour mettre en œuvre cette autre politique qu’il faut à l’Europe, à notre sens, nous les avons exposées de manière synthétique dans notre commentaire du 28 juin 2012. Elles peuvent être résumées comme suit :

 

1-une dénonciation partielle de la dette due aux banques américaines, dénonciation partielle égale à l’impact de la crise des subprimes sur les économies européennes et au montant des plans de relance mis en place pour y répondre ;

 

2-la mise en route, à l’aide de la masse financière ainsi libérée (complétée des éventuels 1 100 milliards d’euros dont M. Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, a affirmé -cf. notre commentaire du 28 juin 2012- que la mobilisation au service de la croissance européenne en était possible dans le cadre du budget européen, ce sans augmentation de la dette), d’une politique de relance dont les fruits seront protégés par une taxation ciblée des importations en provenance de pays laissant filer leur monnaie ou présentant un différentiel notable de leurs prix de revient par rapport à ceux de nos productions ; on s’engagera ainsi dans la voie d’un redressement enfin durable et l’on disposera des moyens de rembourser la fraction légitimement due de la dette ;

 

3-la sécurisation de ce dispositif par l’interdiction aux non-Européens d’acheter des valeurs d’Etat européennes, l’idée étant ici que les investisseurs européens ne s’amuseront pas, quant à eux, à spéculer contre leur propre monnaie ;

 

4-toujours en vue de sécuriser le dispositif -mais aussi par souci de justice- l’interdiction à Goldman Sachs d’exercer toute activité en Europe, puisque, en conseillant à la Grèce de maquiller ses comptes pour entrer dans la zone euro, c’est cet établissement emblématique des gnomes spéculateurs de Wall Street qui a confectionné le détonateur de la crise où les peuples européens sont aujourd’hui plongés, une crise méthodiquement construite dans le but de détruire l’euro et de rétablir la suprématie du dollar ;

 

5-La mobilisation, toujours au service de la croissance européenne, des dédommagements que l’on doit exiger de Standard & Poor’s, dont la notation favorable aux dérivés des subprimes a égaré les investisseurs et est ainsi à l’origine de la gigantesque crise financière, économique et monétaire où l’Europe se trouve immergée (cf. notre commentaire du 7 février).

 

Tel est le programme qu’il paraît indispensable d’appliquer pour le redressement de l’Europe : souhaitons que le séisme des élections italiennes puisse provoquer le début de la prise de conscience nécessaire pour aller dans cette direction.

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