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CRISE DE L’EURO : NOS DIRIGEANTS SE FONT BALADER !

20 Octobre 2011 , Rédigé par forumsi Publié dans #Quand Wall Street attaque l'euro...

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Extrait du Monde du 20 octobre 2011 :

 

« LE COMPTE À REBOURS POUR SAUVER L’EURO A COMMENCÉ

 

« La France et l’Allemagne n’ont plus que quelques jours pour trouver un accord sur le sauvetage des banques et de l’euro. (…)

 

« Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel voudraient présenter leurs propositions avant la réunion des ministres des finances de la zone euro, vendredi 21 octobre, puis celle des chefs d’Etat et de gouvernement dimanche. Mais les désaccords restent profonds tant sur l’ampleur de la restructuration grecque que sur la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière (FESF) censé voler au secours des Etats défaillants.

« (…) Premier sujet de discorde franco-allemand, le renforcement du FESF, doté de 440 milliards d’euros. (…) (M. Sarkozy) demande désormais que la force de frappe de ce fonds soit multipliée par quatre environ, à travers par exemple l’octroi de garanties aux titres émis par les Etats en difficulté. Le chiffre de 2 000 milliards d’euros circule à Bruxelles. Les Allemands, peu friands de dettes, militent pour une force de frappe maximale de 1 000 milliards d’euros (…).

« Second sujet, les banques, qui devront avoir atteint au 1erjuillet ratio de 9% de fonds propres. (…).

 

« (…) A l’Elysée, on précise ‘ne pas avoir finalisé d’accord avec les Allemands’. (…)

« Faute d’accord dimanche dans la nuit, avant que n’ouvre la Bourse de Tokyo, il reste une dernière corde de rappel, le G20 de Cannes, qui rassemblera les 3 et 4 novembre les principaux dirigeants de la planète. Plusieurs experts craignent que l’Europe, dans ce cas, ne se retrouve en accusation, voire mise sous tutelle, avec les Chinois et les Américains organisant la mise en ordre de la zone euro ».     

 

 

Le commentaire de ForumSi :

 

CRISE DE L’EURO : NOS DIRIGEANTS SE FONT BALADER

 

L’affolement des dirigeants européens, et en particulier français, face aux manœuvres contre l’euro venues de New York serait risible si n’était pas ici en cause la prospérité -ou ce qui en reste- des peuples européens. Loin d’être risible, cet affolement est donc pathétique ; il est également inquiétant, car il prouve que, loin d’agir face aux spéculateurs, ce qui nous sert de dirigeants se contente de réagir, en particulier, en l’état actuel, face au moindre froncement de sourcils des agences de notation américaines. Réagir au lieu d’agir, montrer ainsi que l’on n’a aucune vue d’ensemble de la situation et, par conséquent, des actions à mener à long terme pour prendre le dessus, cela renvoie à une formule précise en bon français populaire : cela s’appelle « se faire balader » !

   

DE LA CRISE DES SUBPRIMES À LA CRISE DE L’EURO

Et les dirigeants européens se font balader depuis plusieurs années, très exactement depuis l’éclatement au grand jour de la crise des subprimes américaines, en octobre 2008. Rappelons que celle-ci, dont les analystes américains sérieux estiment qu’elle a diffusé dans le monde entier, mais pour une bonne part en Europe, 4 000 milliards de dollars de créances douteuses titrisées (montant donné à plusieurs reprises, dans l’hebdomadaire Rivarol, par le journaliste Jim Reeves, un spécialiste du monde anglo-saxon et de ses publications financières, qui, sur la base de celles-ci, avait annoncé, plusieurs mois à l’avance, l’éclatement de la crise des subprimes), a entraîné un ralentissement économique profond ayant obligé les Etats, européens en particulier, à prendre des mesures de relance. Pour financer celle-ci, ces Etats ont dû alourdit leur endettement. Et c’est alors que les établissements financiers de Wall Street, largement compromis dans la diffusion des subprimes, et les agences de notation américaines, qui n’avaient dit mot des dangers représentés par lesdites subprimes, ont émis un premier froncement de sourcils : votre endettement est préoccupant, ont-elles dit ; il convient que vous preniez des mesures d’austérité, sans quoi les taux d’intérêt de vos emprunts vont sensiblement augmenter.

 

Les dirigeants européens se sont alors immédiatement exécutés et ont mis en place des plans d’austérité. Croyez-vous que les gnomes de Wall Street, comme aurait dit Harold Wilson, et les agences de notation en aient été satisfaits ? Nullement ! Vous allez casser la croissance ont-ils alors fait savoir avec un bel ensemble et, ce faisant, vous allez réduire vos recettes fiscales, en réduisant du même coup votre capacité à rembourser vos dettes. En conséquence, nous ne pouvons que dégrader votre note, d’où il résultera que vous supporterez un taux d’intérêt plus élevé lors de votre prochain emprunt.

 

Nous en sommes là aujourd’hui, où les dirigeants européens ne savent plus sur quel pied danser : s’ils maintiennent la rigueur, ils se font accuser de casser la croissance, et s’ils soutiennent la croissance, ils se font accuser d’alourdir la dette. C’est effectivement ce qui s’appelle se faire balader, l’objectif de tout ceci étant, à l’évidence, de casser l’euro et de restaurer la toute-puissance du dollar.

     

LE JEU TRÈS TROUBLE DE GOLDMAN SACHS

Pour résister à ces manœuvres, il n’y a qu’une solution : mettre en œuvre une politique de croissance permettant, entre autres, de rembourser la dette et de rééquilibrer les comptes publics par une augmentation des recettes fiscales. Que cela plaise ou non aux financiers américains et à leurs agences de notation n’a aucune importance : l’Europe doit proclamer haut et fort que telle est sa ligne en matière économique et financière, et s’y tenir ! Si tel est le cas, elle retrouvera la confiance de l’opinion publique et aussi celle des prêteurs dont elle pourra éventuellement avoir besoin.

 

Deux remarques, pour terminer. La première concerne les établissements américains qui mènent l’offensive contre l’euro. Le 23 septembre 2011, sur France info, Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, déclarait que cinq ou six banques d’investissement américaines contrôlaient 50% des transactions financières mondiales. Ces banques américaines jouent bien évidemment un rôle central dans les événements actuels et il est dommage que M. Jouyet ne les ait pas nommément citées. Essayons de le faire à sa place. Au nombre de ces cinq ou six établissements, il doit y avoir le fonds de George Soros, la banque JPMorgan, ainsi que la banque Goldman Sachs. Or, cette dernière a joué un rôle considérable dans la genèse de la crise actuelle, lorsqu’elle a conseillé à la Grèce de maquiller ses comptes pour entrer dans la zone euro. Quand on sait le rôle que joue aujourd’hui la situation de la Grèce dans la crise de l’euro, on ne peut qu’être scandalisé par le jeu de Goldman Sachs, qui a mis en place le détonateur de la crise et fait maintenant vraisemblablement partie des quelques spéculateurs qui attaquent notre monnaie en dénonçant une situation que l’un d’entre eux au moins, Goldman Sachs, a contribué à créer. Cet insupportable cynisme appelle une question : jusqu’à quand les Etats européens accepteront-ils que le saboteur Goldman Sachs continue à avoir une activité en Europe ?

   

IL FAUT DEMANDER DES COMPTES AUX AMÉRICAINS !

La seconde remarque concerne le Fonds européen de stabilité financière (FESF). L’article du Monde précise que Sarkozy souhaite que son montant soit multiplié par quatre et porté ainsi à 2 000 milliards d’euros. Or, ce montant est curieusement proche des 2 000 milliards de dollars de titres « subprimes » qui plomberaient encore les comptes de certaines banques. Rappelons en effet que le montant global de ces titres était à l’origine de 4 000 milliards de dollars. Le développement de la crise depuis octobre 2008 a permis d’en mettre à jour une partie, que le FMI de Strauss-Kahn avait évaluée à environ 2 000 milliards de dollars. Il en reste donc également 2 000 milliards dans les comptes des banques acheteuses, non encore avoués et qui pendent comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. On notera d’ailleurs que l’annonce récente du démantèlement de la banque franco-belge Dexia n’est pas due à la crise des dettes souveraines, pour l’essentiel, mais bien à celle des subprimes, dont les titres pèseraient pour 100 milliards d’euros dans les comptes de Dexia.

 

Un fois de plus, on en revient donc à la cause première et centrale de la situation actuelle : la crise des subprimes. Et ce n’est certainement pas un hasard si Sarkozy demande un relèvement du FESF à un montant qui permettrait d’« éponger » ce qui reste des titres « subprimes » dans les comptes des banques européennes. Ce serait donc aux Européens de payer pour les malversations américaines ? Jusqu’à quand ce genre de pitrerie va-t-il durer ? Quand l’Europe demandera-t-elle des comptes aux Etats-Unis ? En rappelant, par exemple, la responsabilité d’Alan Greenspan, gouverneur de la Réserve fédérale américaine (la Fed) peu avant le début de la crise, qui déclencha celle-ci en augmentant le taux directeur de la Fed. On rappellera en effet que de très nombreux acheteurs américains de biens immobiliers s’étaient endettés sur la base de prêts à taux variables pour réaliser l’achat de ces biens. Ces taux variables évoluant comme le taux directeur de la Fed, ils ont augmenté lorsque Greenspan augmenta ce taux directeur, d’où une impossibilité pour les acheteurs endettés de payer désormais leurs dettes et, pour aller à l’essentiel, la dévalorisation quasi-totale des titres qui y étaient adossés, puis, comme rappelé plus haut, l’apparition d’une crise financière et économique où le monde, et l’Europe en particulier, sont encore plongés. Oui, décidément, il faut demander des comptes aux Américains !

 

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