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BUDGET 2013 : MAIS OÙ EST DONC PASSÉE LA CROISSANCE CHÈRE À M. HOLLANDE ?

6 Octobre 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #A bas l'austérité ! Vive la croissance !

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Extrait du site lefigaro.fr, le 28 août 2012 à 19 heures 35 : 

 

« LE BUDGET 2013 PLACÉ SOUS LE SIGNE D’UNE RIGUEUR HISTORIQUE 

 

« (…)Le gouvernement a adopté vendredi un budget qualifié ‘’de combat‘’. À l'issue du Conseil des ministres, Jean-Marc Ayrault, s'est félicité d'avoir, avec son équipe, préparé une loi de finances qui aboutira au «redressement dans la justice» des comptes publics. Ce budget devrait, selon lui, donner «un coup d'arrêt à la spirale de la dette».

Le projet de loi de finances prévoit donc 10 milliards d'euros d'économies sur le budget de l'État et 15,8 milliards de hausses d'impôts - auxquels il faudra ajouter 4 milliards de prélèvements dans le projet de loi sur la Sécu, qui sera présenté lundi. (…).

 

« Le texte et la loi de programmation des finances publiques jusqu'en 2017, présentée également hier (…) doivent permettre d'assurer «une réduction du déficit public (État, collectivités locales et Sécurité sociale) à 3 % du PIB en 2013 et d'atteindre l'équilibre des comptes publics sur la législature», souligne le compte-rendu du Conseil des ministres. À une nuance près: l'équilibre ne sera atteint - dès 2016 - qu'en termes «structurels», c'est-à-dire hors dégradation due à des aléas conjoncturels.

 

« Le traité budgétaire européen, que la France vient d'adopter, exige que le «déficit structurel» redescende à 0,5 % ; Paris se met donc en situation, sur le papier du moins, d'y répondre. (…).

 

« Pour parvenir à ce résultat d'ici à 2017 - dont l'ultime objectif est de réduire l'endettement de la France -, Bercy a concocté un scénario qu'il considère «responsable et prudent». Après une croissance de 0,8 % en 2013, le gouvernement table sur une progression du PIB de 2 % à partir de 2014. Des chiffres que les économistes trouvent bien ambitieux ! (…) ».

 

Le commentaire de ForumSi :

 

BUDGET 2013 : MAIS OÙ EST DONC PASSÉE LA « CROISSANCE » CHÈRE À M. HOLLANDE ?

 

En résumé, par rapport à celui de 2012, le budget 2013 peut être caractérisé par 10 milliards d’euros d’économie et 20 milliards (15,8 + 4) d’euros de prélèvements supplémentaires. Selon un autre article du Figaro, ces prélèvements supplémentaires seraient également répartis entre les entreprises et les particuliers, chacune de ces deux catégories devant supporter un accroissement de 10 milliards d’euros de la contribution qui leur est demandée.

 

Les dépenses devant diminuer de 10 milliards et les recette augmenter de 20 milliards, c’est donc un effet bénéfique global de 30 milliards d’euros sur le budget 2013 qui est attendu par le gouvernement, en même temps qu’une inversion de la tendance haussière de la dette. Ces 30 milliards comprennent, nous venons de le voir, 10 milliards de diminution des dépenses, ce qui amène une première question : les économies projetées correspondent-elles vraiment à des dépenses inutiles ? Quelle y est, par exemple, la part demandée à notre Défense nationale, déjà mal en point ?

 

UN BUDGET DE RÉCESSION ET DE MISÈRE

 

En ce qui concerne les recettes supplémentaires de 20 milliards d’euros, celles-ci sont évidemment liées à une hypothèse de croissance de 0,8 % en 2013. Mais par quel miracle va-t-on voir se réaliser une telle hypothèse, alors que le dernier collectif budgétaire prévoyait, quant à lui, une croissance du PIB de 0,3 % en 2012 (cf. notre commentaire du 11 juillet) ? Le seul moyen de passer de 0,3 en 2012 à 0,8 en 2013, serait de retrouver la croissance perdue. Or, le budget 2013 ne comprend pas plus d’éléments pour aller dans ce sens que le collectif budgétaire 2012 : la relance de la croissance est totalement absente de l’une comme de l’autre !

 

La relance de la croissance n’était-elle pas, pourtant, la marque de la campagne de Hollande, ce qui pouvait représenter un aspect positif par rapport à ce que proposait Sarkozy ? Se réduit-elle aux misérables 120 milliards d’euros claironnés lors du dernier sommet européen de Bruxelles (cf. notre commentaire du 2 juillet), 120 milliards d’euros qui ne concernent pas la seule France, mais, dans l’hypothèse la plus favorable, l’ensemble de la zone euro ? 120 milliards d’euros, alors que, comme nous l’écrivions dans notre commentaire du 28 juin, M. Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, affirmait, avant ce sommet de Bruxelles, qu’il était possible, sans augmenter la dette, de mobiliser 1 100 milliards d’euros au service de la croissance européenne !

 

Redisons-le une nouvelle fois, tout ceci est totalement affligeant et nous fait craindre que la France ne s’engage, à l’instar de la Grèce ou de l’Espagne, dans la voie de la récession et de la misère. Et ce alors que des solutions existent, que nous avons exposées et résumées à plusieurs reprises. En reproduisant la synthèse que nous en avions présentée dans notre commentaire du 11 juillet, rappelons à nouveau les principaux éléments constitutifs de ces solutions :

 

LES SOLUTIONS POUR SORTIR DE LA CRISE

 

1-une dénonciation partielle de la dette due aux banques américaines, dénonciation partielle égale à l’impact de la crise des subprimes sur les économies européennes et au montant des plans de relance mis en place pour y répondre ;

 

2-la mise en œuvre, à l’aide de la masse financière ainsi libérée (complétée des éventuels 1 100 milliards de M. Westerwelle), d’une politique de relance dont les fruits seront protégés par une taxation ciblée des importations en provenance de pays laissant filer leur monnaie ou présentant un différentiel notable de leurs prix de revient par rapport à ceux de nos productions ; on s’engagera ainsi dans la voie d’un redressement enfin durable et l’on disposera des moyens de rembourser la fraction légitimement due de la dette ;

 

3-la sécurisation de ce dispositif par l’interdiction aux non-Européens d’acheter des valeurs d’Etat européennes, l’idée étant ici que les investisseurs européens ne s’amuseront pas, quant à eux, à spéculer contre leur propre monnaie ;

 

4-« last but not least » -toujours en vue de sécuriser le dispositif, mais aussi par souci de justice- l’interdiction à Goldman Sachs d’exercer toute activité en Europe, puisque, en conseillant à la Grèce de maquiller ses comptes pour entrer dans la zone euro, c’est cet établissement emblématique des gnomes spéculateurs de Wall Street qui a confectionné le détonateur de la crise où les peuples européens sont aujourd’hui plongés, une crise méthodiquement construite dans le but de détruire l’euro et de rétablir la suprématie du dollar.

 

On est bien loin de tout cela avec le budget 2013 ! Non seulement celui-ci ne comporte aucune initiative en faveur de la relance, mais, avec le rejet de la TVA sociale, Hollande et son équipe se sont privés d’un élément fiscal qui eût permis de défendre nos productions et d’amorcer un mouvement de relocalisation de celles que nous avons perdues. On nous a redit récemment que ce rejet de la TVA sociale pourrait être compensé par autre chose, par exemple une hausse de la CSG. Répétons que cela ne nous paraît pas judicieux, la CSG, à l’inverse de la TVA sociale, ne s’appliquant pas aux importations. Or, redisons-le à nouveau, il est indispensable de mettre en place une taxation des importations pour défendre nos productions. Si les socialistes atlantistes ne le font pas, c’est vraisemblablement parce qu’ils ne veulent surtout pas gêner le développement des pays dits émergents, l’Europe dût-elle en crever ! Voilà une attitude proprement scandaleuse : qu’attend le Front dit national pour organiser les manifestations de protestation qu’elle appelle ? 

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