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ATTENTATS DE BOSTON : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME ?

19 Avril 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #L'Amérique d'Obama

Bombes à Boston 4

 

Nous publions ci-dessous un texte, suivi de notre commentaire, d’Alessandra Colla, docteur en philosophie et figure éminente de la Droite évolienne en Italie. 

 

« BOMBES À BOSTON      

 

« Tu pleures, Amérique. 

 

« Tu pleures tes morts et tes blessés ; tu pleures de douleur et de peur ; tu pleures devant une violence qui t’effare et dont tes plaintes ne réussissent pas à te soulager.

 

« Et avec toi, tout le monde pleure, nous dit-on : et il est juste qu’il en soit ainsi car, devant la mort, n’importe quelle mort, on doit baisser la tête.

 

« Mais puissent tes larmes te laver les yeux du voile de ton arrogance et de ton délire d’omnipotence ; et puisses-tu, avec ces yeux libérés, non plus seulement regarder, mais enfin voir le même déchirement en chacune des parties du monde où tu as exporté ta démocratie et ta liberté, à travers plus de 300 guerres que tu as menées entre 1798 et 2012, des guerres qui ont coûté et coûtent encore -aux pays occupés, dont le mien, l’Italie, laquelle contribue au support colonial de la “belle-mère patrie” et à de risibles “missions de paix”- des morts, des blessés, des mutilés et des disparus de tous âges et de tout sexe.  

 

« Tu pleures, Amérique. Et tes larmes te donneront droit à mon respect, mais certainement pas à ma pitié ! ».

 

Traduit de l’italien par ForumSi

 

Le commentaire de ForumSi :

 

ATTENTATS DE BOSTON : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME ?

 

Nous ne pouvons que partager cette réaction d’Alessandra Colla, qui rappelle opportunément quelques vérités concernant les actions militaires menées par l’impérialisme capitaliste américain depuis la création des Etats-Unis. Mais la question que nous nous posons aujourd’hui est justement celle-ci : l’Amérique d’Obama n’est-elle pas en rupture assez nette avec cet impérialisme et n’est-ce pas, en conséquence, cette rupture elle-même qui est, sur le plan des causes profondes, à l’origine des attentats de Boston ? Pour répondre correctement à cette question, il convient bien évidemment d’avoir en tête celle qui s’impose avant toutes les autres : à qui profite le crime ?

 

A l’heure où ces lignes sont écrites, l’enquête des autorités américaines semble avoir connu des avancées définitives : les terroristes seraient deux frères de nationalité tchétchène. Commençons donc par une première remarque : une fois de plus, les soi-disant « journalistes » et les soi-disant « spécialistes » des gros médias installés se sont couverts de ridicule, eux qui nous assuraient que la piste la plus plausible était celle des partisans américains de la vente libre des armes. Dès le 18, dans notre commentaire concernant l’explosion de Waco, nous avions fait part de notre profond scepticisme à ce sujet, tant la « piste » en cause nous paraissait totalement inepte -quel intérêt les partisans de la vente libre des armes avaient-ils à passer pour de lâches assassins ?- à moins que les acteurs de cette « piste interne » n’eussent été manipulés, ce qui renvoyait à la question fondamentale : à qui profite le crime ?

 

La soi-disant « piste interne » ainsi éliminée -on notera en passant que les partisans de la vente libre des armes viennent d’obtenir le rejet par le Sénat du projet de loi Obama qui visait à restreindre cette liberté : ils n’ont donc guère besoin d’attentats pour parvenir à leurs fins !- on retombe donc, semble-t-il, sur une piste internationale, avec les deux frères tchétchènes. Pour avancer sur cette piste, il convient maintenant de chercher des éléments de réponse à deux questions : quel pouvait être l’objectif des attentats, d’une part, et qui pouvait poursuivre cet objectif, d’autre part ?

 

LE JEU DE L’ARABIE SÉOUDITE, DU QATAR ET D’ISRAËL

 

Quel pouvait être l’objectif des attentats de Boston ? S’agissant d’une action menée par des terroristes étrangers, la seule réponse plausible est que ceux-ci visaient la politique étrangère américaine et, plus précisément, visaient à affaiblir celui qui porte cette politique, c’est-à-dire le président Obama lui-même. Et comment mieux l’affaiblir qu’en commettant des attentats qui allaient atteindre l’image d’un homme qui pouvait s’enorgueillir qu’aucun acte de cet ordre n’eût été commis sur le territoire des Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001 ?

 

Qui pouvait, par ailleurs, poursuivre cet objectif d’un affaiblissement d’Obama, en vue, par exemple, de l’obliger à changer de politique étrangère, ou, à tout le moins, à donner plus de marge à ceux qui souhaitent une réorientation de celle-ci ? Pour répondre à cette seconde question, c’est-à-dire, finalement, à la question centrale du bénéficiaire réel des attentats, il convient tout d’abord de rappeler en quoi la politique étrangère d’Obama a apporté des changements par rapport à celle que menait son calamiteux prédécesseur. Et dans ce domaine, il est indéniable que, dans le cadre d’une nouvelle politique générale américaine caractérisée par une réserve très marquée à l’égard de tout interventionnisme systématique, ce qui a le plus changé par rapport à l’ère Bush, c’est la politique américaine à l’égard de tout ce qui est lié au Moyen-Orient.

 

Lorsque nous citons le Moyen-Orient, nous pensons bien évidemment au cas de la Syrie, qui est le dossier chaud d’aujourd’hui, et où les Etats-Unis ne jouent certainement pas un rôle aussi actif que ne le souhaiteraient l’Arabie séoudite, le Qatar et Israël, tous trois en campagne pour le renversement du régime baasiste de Damas (cf. notre série d’articles regroupés sous la rubrique « Après la Libye, à qui le tour ? »). Nous rappellerons qu’Obama a encore aggravé son cas en nommant à la tête du Pentagone un homme, Chuck Hagel, qui apparaît comme la bête noire des milieux sionistes et néo-conservateurs américains (cf. notre commentaire du 3 mars).

 

Dans cette optique, il nous paraît tout à fait plausible que les deux Tchétchènes de Boston aient été orientés vers leurs actes terroristes par des milieux wahhabites, très actifs dans la communauté tchétchène et très liés, bien entendu, à certains cercles d’Arabie séoudite, dont le wahhabisme est la forme officielle d’adhésion à l’Islam. Mais alors, nous dira-t-on, tout ceci va tourner court, dès lors qu’apparaît au grand jour, maintenant, que l’on est vraisemblablement en face d’un acte de terrorisme islamiste. Tourner court ? Pas nécessairement, car qui dit « terrorisme islamiste » se place éventuellement dans la logique perverse du « choc des civilisations », une logique dont les principaux bénéficiaires sont justement les cercles sionistes et néo-conservateurs américains. Ceux-ci n’auront donc pas tout perdu dans l’affaire : espérons qu’Obama, qui est certes loin d’être parfait mais peut être judicieusement conseillé par Hagel, ne tombera pas dans ce piège-là !

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