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APRÈS LA LIBYE, LA SYRIE : ISRAËL RECONNAÎT ENFIN OFFICIELLEMENT VOULOIR LA CHUTE DU PRÉSIDENT ASSAD

13 Octobre 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #Après la Libye - à qui le tour

Dan-Meridor.jpg

 

Revenons maintenant, car il s’agit d’un document fondamental, sur l’entretien accordé au « Figaro » par Dan Meridor (notre photo), vice-premier ministre israélien, entretien que nous avions évoqué dans notre article du 8 octobre.

 

Extrait du site lefigaro.fr, le 5 octobre 2012 à 17 heures 15 : 

 

« LA CHUTE D’EL-ASSAD SERA UN COUP ÉNORME POUR L’IRAN 

 

« Pour le vice-premier ministre israélien, Dan Meridor, les risques liés à l'après-Bachar sont de moindre importance. (…).

 

« LE FIGARO. - Où en sont les relations franco-israéliennes après le départ de Nicolas « Sarkozy?

« Dan MERIDOR-Nos relations avec le nouveau pouvoir français sont très intimes. Hélas, sur les grandes questions qui nous inquiètent, l'Iran ou la Syrie, aucun d'entre nous n'a les réponses aux questions que nous nous posons.

 

« Quelle est votre analyse des changements en cours dans le monde arabe?

« (…) Aujourd'hui, ce qui m'inquiète, c'est le retour de Dieu et de la religion au centre de la politique. Je n'aime pas cela. (…) Nous ne savons pas comment finiront ces régimes qui ont élu des pouvoirs islamistes, comme en Égypte, pays qui est très important pour Israël. (….).

 

« Et en Syrie?

« Le régime massacre son peuple de manière effroyable, il faut arrêter cela. Israël est dans une position très délicate. Nous n'agissons pas en coulisses pour changer les régimes arabes. Tout changement, c'est vrai, comporte un risque. En Syrie, II y a le risque djihadiste. Mais pour nous, la priorité est clairement de briser l'alliance entre la Syrie, l'Iran et le Hezbollah. Cela dépasse tous les risques inhérents à un changement de régime à Damas. Nous ne savons pas quand le régime d’el-Assad tombera, mais quand il tombera, cela affaiblira l'Iran et le Hezbollah. Ce sera un coup énorme porté à l'Iran. La Syrie est la clé d'accès de l'Iran vers une position dominante au Moyen-Orient. Et sur ce constat, une large et rare coalition se forme, entre les pays occidentaux et les pays arabes. C'est une chose très importante que presque tous les pays arabes soient d'accord pour arrêter l'Iran dans sa course vers la bombe. (…) ».

 

Le commentaire de ForumSi :

 

APRÈS LA LIBYE, LA SYRIE : ISRAËL RECONNAÎT ENFIN OFFICIELLEMENT VOULOIR LA CHUTE DU PRÉSIDENT ASSAD 

 

Dans notre commentaire du 10 mars, nous rappelions la question que nous avions posée le 26 octobre 2011 : en quoi la défense des intérêts légitimes français et européens pourrait-elle justifier une participation de l’armée française à d’éventuelles opérations contre la Syrie et l’Iran ?

 

La réponse étant loin de sauter aux yeux, nous nous demandions ce qui pouvait expliquer l’implication de la France dans la campagne de dénigrement systématique menée à l’encontre de ces deux pays. Après avoir rappelé le rôle joué ici, d’après la « grande » presse, par le Qatar et l’Arabie séoudite, nous ajoutions que ce rôle nous semblait partiel, au moins dans la genèse de la politique française de soutien à cette campagne, la France n’ayant pas une longue tradition de relations suivies avec les Séoudiens et les Qatariens, à l’inverse, par exemple, des Etats-Unis dans le cas du royaume wahhabite.

 

Poursuivant notre analyse, nous écrivions que la raison de la participation de la France à la mise en place, pour commencer, d’un système de pressions et de sanctions contre la Syrie et l’Iran était probablement à rechercher du côté d’un autre adversaire irréductible de l’Iran, Israël, dès lors que l’on envisageait les connexions sionistes de la classe dirigeante au pouvoir en France.

 

L’AVEU SANS AMBIGUÏTÉ DE M. MERIDOR

 

Pourtant, s’il était évident que l’Iran était -et est toujours- une cible de choix pour Israël, les officiels israéliens étaient beaucoup plus discrets à propos de la Syrie et les médias atlantistes avaient beau jeu de nous raconter que, les dirigeants sionistes craignant avant tout (comme les boursicoteurs !) l’ « incertitude », ils ne pouvaient que s’inquiéter des développements en cours dans les villes syriennes, souhaitant finalement, « pour que rien ne change », le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir. Notre vision des choses était, quant à elle, tout à fait différente, ainsi que nous l’avions une nouvelle fois écrit dans notre commentaire du 10 mars : après le « galop d’essai » libyen, même si la cible principale était l’Iran, l’ « étape » d’une agression contre la Syrie pouvait s’avérer nécessaire, même si l’on pouvait souhaiter « sauter » cette étape, comme l’avouait ouvertement Bernard-Henri Lévy sur France inter, au lendemain de l’assassinat de Kadhafi.

 

En reconnaissant officiellement, dans son entretien du 5 octobre avec Le Figaro, qu’Israël veut la chute du président Assad, parce que ce serait « un coup énorme pour l’Iran », le vice premier-ministre israélien Dan Meridor lève donc toute ambiguïté. On appréciera l’humour -probablement involontaire !- de M. Meridor, lorsqu’il affirme : « nous n’agissons pas en coulisses pour changer les régimes arabes ». En général, en effet, lorsque l’on affirme une chose pareille, c’est justement parce que l’on est impliqué jusqu’au cou ! Mais laissons à M. Meridor le bénéfice du doute et retenons surtout ce qui est le plus important dans ses propos : Israël veut la chute d’Assad, parce que « cela affaiblira l’Iran et le Hezbollah ».

 

EN SYRIE, LES « DJIHADISTES » FONT OBJECTIVEMENT LE JEU D’ISRAËL

 

Il résulte de ces déclarations très claires du vice-premier ministre israélien que les « djihadistes » qui veulent s’engager aux côtés de l’insurrection syrienne font objectivement le jeu de la politique israélienne : était-ce vraiment ce que cherchaient, par exemple, certains membres du réseau démantelé ces jours-ci en France et dont l’objectif avoué était d’aller combattre en Syrie contre les troupes du président Assad ? « Nous sommes manipulés », disait Jérémie Louis-Sidney dans une vidéo récemment apparue sur le Web : était-ce à cela qu’il pensait ?

 

On notera, pour terminer, un certain manque d’enthousiasme de M. Meridor concernant les relations franco-israéliennes. Il semble en effet que François Hollande ait choisi, comme Obama, de respecter la « légalité » onusienne, laquelle, compte tenu du veto russo-chinois, écarte toute possibilité d’intervention militaire en Syrie, pour commencer. Nous ne regretterons donc pas notre article du 4 mai, où nous recommandions de voter pour François Hollande essentiellement pour en finir avec l’aventurisme militaro-diplomatique de Sarkozy.

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