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6 FÉVRIER 1934-6 FÉVRIER 1945 : DE L’ÉMEUTE NATIONALISTE À L’EXÉCUTION DE BRASILLACH

6 Février 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #France

Camelots-du-roi-2.jpg

 

Le 6 février 1934, à l’appel d’organisations et ligues patriotiques et nationalistes (Union nationale des combattants, Action française, Jeunesses patriotes, Croix-de-feu, etc.), se déroulait une grande journée de manifestations destinées à protester contre la politique du ministère Daladier, à la suite de l’affaire Stavisky et de la mutation du préfet de police Jean Chiappe. Des heurts sanglants eurent lieu avec la police (il y eut 14 tués), chargée de défendre la Chambre des députés. Le lendemain, Edouard Daladier démissionna et fut remplacé, le 9 février, par Gaston Doumergue (plaisamment rebaptisé « Merguedou » par Léon Daudet, qui pratiqua donc le verlan bien avant qu’il ne fût à la mode). Cette journée contribua à unir la Gauche, qui organisa, le 9 février également, une contre-manifestation suivie, trois jours plus tard, d’une grève générale.          

 

Les historiens considèrent que cette réaction unitaire de la Gauche constitua le premier acte d’un ensemble d’événements qui devaient mener à la formation du Front populaire de 1936. Les Camelots du roi (notre photo) et étudiants d’Action française qui avaient mené, durant les semaines précédant le 6 février, des manifestations incessantes pour dénoncer la corruption du monde politique républicain une nouvelle fois mise à jour -cette fois-ci par le scandale Stavisky- ne recherchaient certainement pas cet aboutissement de 1936. Et leur mouvement était parfaitement légitime puisque, face à un large phénomène de corruption totalement avéré, les responsables républicains, plutôt que de faire toute la lumière et d’entamer un nécessaire grand nettoyage de la classe dirigeante, ne cherchaient qu’à masquer leurs responsabilités (l’affaire Stavisky comporte, bien évidemment, le lot habituel de soi-disant « suicides » et de manœuvres diverses, plus tordues les unes que les autres) et, comme d’habitude, à préserver leurs juteux fromages.   

 

« L’AUBE DU FASCISME » NE S’EST PAS LEVÉE EN FRANCE

 

Face à une telle mauvaise foi, le devoir d’insurrection était évident, puisqu’aucune autre voie n’était ouverte pour remettre de l’ordre dans notre malheureux pays. Normalement, l’Action française aurait dû profiter de l’émeute du 6 février 1934 pour prendre le pouvoir, en alliance avec les autres mouvements ayant appelé à manifester, ce d’autant plus que Charles Maurras avait, au début du siècle dernier, théorisé cette situation dans un texte retentissant intitulé « Si le Coup de force est possible ». Il semble que cette idée d’un coup de force ait habité certains dirigeants de l’Action française, Léon Daudet en particulier, en février 1934. Leurs réflexions étaient même allées assez loin, puisque le mouvement insurrectionnel lancé par les Camelots du roi devait, semble-t-il, déboucher sur une remise du pouvoir au maréchal Lyautey, grande figure militaire française unanimement respectée, mais aussi farouche nationaliste (en même temps que très ouvert à l’idée de la nécessaire solidarité européenne) proche de l’Action française (tout en se rattachant plutôt au monarchisme légitimiste).

 

Malheureusement, il semble que Maurras n’ait pas cru que « le coup de force » fût « possible » à ce moment-là ; il ne donna donc pas les ordres qui auraient permis à l’insurrection nationaliste de l’emporter et les sacrifices du 6 février 1934 se traduisirent par un résultat misérable : la constitution du cabinet « Merguedou », en attendant celle du Front populaire. « L’aube du fascisme se lève en France », titrait le Völkischer Beobachter au lendemain du 6 février 1934 : la suite des événements devait montrer que l’organe de la NSDAP se trompait, et lourdement !

 

Onze années plus tard, le 6 février 1945, était fusillé l’un de ceux qui avaient soutenu le plus ardemment les émeutes de 1934, l’écrivain et poète Robert Brasillach, qui avait longtemps écrit dans L’Action française avant de prendre la direction de l’hebdomadaire fasciste Je suis Partout. Dans ses remarquables mémoires, publiés sous le titre « A l’Epreuve du temps », Jacques Benoist-Méchin, qui était emprisonné en même temps que Brasillach et avait réussi à communiquer assez régulièrement avec celui-ci, raconte comment il a vu, pendant cette période de détention commune, s’affirmer et mûrir le talent de Brasillach poète. Aussi, qui mieux que ce dernier pouvait donc saluer la mémoire des morts du 6 février 34, ces morts qu’il allait rejoindre le même jour, à onze ans d’intervalle :

 

« Les derniers coups de feu continuent de briller

« Dans ce jour indistinct où sont tombés les nôtres

« Sur onze ans de retard serais-je donc des vôtres

« Je pense à vous ce soir, ô morts de février ».                  

 

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