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16 NOVEMBRE 1952 : IL Y A SOIXANTE ANS, LA MONTÉE DE CHARLES MAURRAS VERS LES DIEUX

16 Novembre 2012 , Rédigé par forumsi Publié dans #France

Maurras-et-Brasillach.jpg

 

Il y a soixante ans, le 16 novembre 1952, Charles Maurras décédait à Saint-Symphorien-lès-Tours, à l’âge de 84 ans (sur la photo ci-dessus, où il est déjà assez âgé, il prononce une conférence en compagnie, semble-t-il, de Robert Brasillach ; cette photo a vraisemblablement été prise peu avant le début de la Dernière Guerre). Nous n’avons pas l’intention de revenir, au moins cette fois-ci, sur les faits les plus marquants de sa vie, mais plutôt de mettre en valeur ce qu’il peut représenter pour cette ligne politique d’un nationalisme français ouvert à l’idée impériale européenne qui est celle de ForumSi.

 

En ce qui concerne le nationalisme français, il est clair que celui-ci doit énormément à Charles Maurras qui, plus peut-être que Maurice Barrès, en fut le théoricien et la praticien implacable. Toute son action de polémiste et de dirigeant politique, toute la pensée qu’il exprima dans ses nombreux ouvrages, dès début de l’affaire Dreyfus à la fin de la Seconde Guerre mondiale, furent en effet uniquement dictées par le souci de l’intérêt national français, par la volonté de défendre et de développer la France, son peuple, ses richesses et son identité. Cet aspect-là de Maurras n’a pas pris une ride et mérite mille fois d’être pris en exemple, même si le « nationalisme intégral », c’est-à-dire l’idée maurrassienne selon laquelle la monarchie était le meilleur moyen institutionnel d’assurer la défense et le développement de la nation française, semble avoir été une erreur ayant entraîné l’échec de l’Action française, à la fois délaissée par une partie de son public potentiel naturel, peu convaincu de l’intérêt de la monarchie, et tenue à distance par les princes qu’elle s’acharnait à servir.

 

LE MAURRASSISME : UN BILAN GLOBALEMENT POSITIF

 

En ce qui concerne l’idée impériale européenne, les choses sont évidemment moins nettes, ne serait-ce qu’à cause de l’antigermanisme assez prononcé de Maurras, qui était bien entendu peu compatible avec un nationalisme français ouvert à l’idée européenne. Mais il faut voir que cet antigermanisme était lié à une époque, celle de la volonté de « Revanche » après la défaite de 1870, et n’était pas la caractéristique de la seule Action française. Du reste, bon nombre de disciples de Maurras et d’anciens Camelots du roi surent finalement le surmonter, cet antigermanisme, et s’ouvrir à l’idée de la nécessaire solidarité européenne, dès lors qu’il fut clair, au début des années quarante, que l’Europe était à la fois attaquée par la subversion capitaliste et son bras armé anglo-saxon (comme elle l’est encore aujourd’hui : finalement, de l’agression contre la flotte française à Mers el-Kébir, en 1940, à l’agression contre l’euro, en 2012, ce sont les mêmes forces qui sont à l’œuvre), et menacée par la subversion communiste.

 

En définitive, le bilan de ce qui est résulté de la pensée et de l’action de Charles Maurras est donc, globalement, très largement positif et mérite l’admiration et la fidélité de tous les Français éveillés, une admiration et une fidélité qui peuvent aussi se porter sur certains aspects moins connus de la personnalité de Maurras, à propos desquels il est possible de citer l’anecdote que nous allons maintenant livrer à nos lecteurs.

 

Peu après la Première Guerre mondiale, Maurras reçut de Paul Bourget (si nos souvenirs sont bons) un ouvrage dans lequel celui-ci relatait un voyage qu’il venait d’effectuer aux Etats-Unis. Maurras s’enferma dans son bureau et se plongea dans ledit ouvrage, dont il reçut une impression si épouvantable de la vie et de la société américaines qu’il éprouva le besoin de sortir de chez lui pour prendre l’air et, ajouta-t-il, « retrouver ses dieux familiers ». Ses « dieux familiers » !...Que nos lecteurs n’aillent pas s’imaginer qu’il s’agissait-là d’une coquetterie de lettré. Maurras était en effet, sur le plan spirituel, un enfant de la Grèce et de la Rome antiques, et lorsqu’il parlait de ses « dieux familiers », il n’employait pas là une figure de rhétorique, mais désignait au contraire une réalité indiscutable. Et il nous plaît de penser que c’est vers les dieux grecs et romains, dont il était familier, que Charles Maurras s’en est allé, il y a soixante ans, le 16 novembre 1952.

 

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