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LES 230 ANS DE LA RÉVOLUTION « FRANÇAISE » : QUELQUES CONSIDÉRATIONS DE GABRIELE ADINOLFI

14 Août 2019 , Rédigé par forumsi Publié dans #La France aux Français !

LES 230 ANS DE LA RÉVOLUTION « FRANÇAISE » : QUELQUES CONSIDÉRATIONS DE GABRIELE ADINOLFI

Le 14 juillet dernier, il y a tout juste un mois, la République a fêté, de façon plutôt discrète, le 230ème anniversaire de la Révolution prétendument « française ». Fort heureusement, des Gilets jaunes très remontés étaient présents pendant le défilé sur les Champs-Elysées et ont copieusement hué Macron (cf. notre article du 16 juillet). Notre camarade Gabriele Adinolfi a estimé, lui aussi, que la discrétion n’était pas de mise et nous a fait parvenir l’article ci-dessous, rappelant certaines données essentielles de la Révolution et montrant comment elles sont encore agissantes aujourd’hui. Nous nous faisons, bien entendu, un plaisir de publier cet article, que nous faisons suivre d’un rapide commentaire.

 

« LORSQUE DES FORCES INFÉRIEURES SONT DÉCHAÎNÉES, UNE REFONDATION EST NÉCESSAIRE »

Par Gabriele Adinolfi

« Il y a deux cent trente ans, la prise de la Bastille avait lieu à Paris, entraînant le lynchage des gardes de la garnison et du gouverneur, Launay.

 

C’est la convention des historiens de dater le début de la Révolution française de ce jour-là, bien qu’elle ait en fait commencé presqu’un an auparavant, avec les Etats généraux convoqués le 8 août 1788.

 

Toujours à partir de cette date, jour férié en France, il est de coutume de faire débuter ce que l’on a appelé l’Age contemporain, qui aurait pour certains évolué vers un Age Atomique (6 août 1945, bombardement de Hiroshima) ; alors qu’il serait plus approprié de parler aujourd'hui d’un Age satellitaire.

 

Le fait est que les systèmes modernes, fondés sur la tendance athéiste, sont tous considérés comme des fils de la Révolution française, bien qu'ils aient déjà été annoncés, treize ans plus tôt, par les nouveaux-nés Etats-Unis d'Amérique, pour la constitution desquels les franc-maçonneries française et prussienne avaient joué un rôle important.

 

Points fixes

 

En évitant de lire l'histoire à la lumière d'un manuel doctrinal, quelle que soit son orientation, on peut encore établir des points fixes. La mobilité sociale était partiellement freinée par certaines formes organisationnelles de l'Ancien Régime ; depuis deux siècles, la culture dominante s'orientait continuellement en direction d’un scepticisme matérialiste ; la fronde contre le trône était nourrie de suggestions illuministes. Louis XVI était un gentilhomme magnanime et modeste dans l'exercice du pouvoir, car son précepteur, l'abbé Fénelon, éducateur marqué par les Lumières, l’avait incité à en avoir honte.

 

La combinaison d'une mauvaise année de récolte et des dettes contractées lors de la guerre contre l'Angleterre avait produit cet esprit de révolte que, selon Napoléon, le Roi aurait pu écraser facilement. “Che coglione!" (“Quel couillon !”) avait-il dit de lui en italien. Mais Louis XVI était avant tout une âme noble. Et il était, d’une certaine façon, destiné à la guillotine par l'éruption de forces métaphysiques.

 

Des forces métaphysiques qui se sont rejointes, malgré des intentions différentes, dans la sédition.

 

La Noblesse et le Clergé se sont rebellés parce qu'ils ont refusé les taxes demandées pour rembourser la dette française. Dans le Tiers-Etat, le parti révolutionnaire, organisé en clubs, s'imposa, à l'insu de la masse.

 

Mouvements de foule

 

Pendant des années, des foules fébriles et sanglantes produisirent des génocides authentiques, tandis que des vagues révolutionnaires continuelles faisaient monter sur la crête des hommes qui étaient renversés d'un coup et finalement assassinés ou exécutés. Joseph de Maistre, auparavant engagé dans la franc-maçonnerie, nous a laissé, dans ses Considérations sur la Révolution française, une image lucide et parfaite des forces infra-humaines ainsi mises en mouvement, qui submergent tout, y compris leurs hérauts et leurs serviteurs.

 

L'irruption de l'Informe venu d’en bas, ne permit plus de revenir en arrière, mais seulement d'intervenir pour opérer une rectification. Cela était rendu possible par les choix inconscients de certains symboles sacrés de Rome, tels que le faisceau et le bonnet phrygien. Napoléon fut un restaurateur dans le changement. Ultérieurement, les nostalgiques de l'Ancien Régime se retrouvèrent paradoxalement en situation de devoir soutenir les loges et la haute finance au début de ce qui fut l'ère usurière à la sauce libérale et conservatrice. On objectera que ceci est une autre histoire, mais ça ne l’est que dans une certaine mesure.

 

Lorsque des forces inférieures sont déchaînées, une refondation est nécessaire. César, et Auguste après lui, sauveront et renouvelleront Rome, ce qu’aucun nostalgique n’aurait pu accomplir après que des mouvements de foule semblables à ceux que connut la France dix-huit siècles plus tard avaient été mis en œuvre (pensez à Cinna et à Fimbria).

 

Le mouvement d’une foule sous-humaine et féroce produit toujours la Terreur. Il la produisit au coucher du soleil de la Res Publica, ce fut répété lors de la Révolution française, qui fut ensuite prise comme modèle par les bolcheviks pour la réalisation d'un autre, très long et très étendu, enfer terrestre.

 

Aujourd'hui

 

Deux cent trente ans plus tard, nous assistons de nouveau à l’émergence de forces infra-rationnelles qui, une fois «libérés» les individus par le biais de la mystification démocratique niant les critères essentiels et permettant ainsi à n’importe quelle nullité de donner son avis et de décider, les poussent aujourd’hui à entretenir jusqu’à la prétention de défaire la nature et la culture sur un caprice et selon un cadre utopique (pensez à la folie des “genres”). L'hystérie qui les caractérise, la soif de lynchage qui les anime, ne sont rien moins que significatives.

 

Les modernes sont un peu trop désinvoltes avec le sacré, dont ils se jouent et ne perçoivent même plus la réalité lorsqu'ils glissent dans la drogue, ou dans des orgies de sang et de pédophilie, ou même lorsqu’ils se trouvent dans des états moins crus, mais néanmoins dévastateurs, de dépersonnalisation massive résultant de rites exogènes basés sur des cultures qui détestent l'Olympe.

 

Ce serait déjà beaucoup d'ouvrir les yeux. Soit on est sereinement maître de soi, soit on est un esclave des forces des ténèbres.

 

La hiérarchie est l'antidote à l'annihilation. Pour se l'imposer à soi-même, il faut impérativement être libre.”

 

Le commentaire de ForumSi :

 

LES 230 ANS DE LA RÉVOLUTION « FRANÇAISE » : À PROPOS DES QUELQUES CONSIDÉRATIONS DE GABRIELE ADINOLFI

 

Ces considérations sont lumineuses, comme toujours, et n’appellent pas un long commentaire. On notera tout d’abord que le texte d’Adinolfi met bien l'accent sur les aspects maçonniques de la Révolution, incompréhensible sans cela. Comme cela apparaît clairement dans cet ouvrage majeur qu’est « La Révolution française » de Pierre Gaxotte, la Maçonnerie a parfaitement compris et su exploiter le fait que la Révolution est née de ce que la noblesse et le clergé fraudaient allègrement le fisc. Louis XV avait engagé une profonde réforme fiscale, qui devait remettre de l'ordre et de la justice dans la perception de l'impôt. Mais Louis XVI était revenu sur cette réforme, sous l'influence de son entourage réactionnaire : dès lors, le mouvement subversif était lancé, la Maçonnerie se chargeant de jeter de l'huile sur le feu.

 

Ceci dit, chez les grands révolutionnaires, il y avait quand même des gens qui auraient pu jouer un rôle positif : pensons, par exemple, à Danton qui, en secondes noces, comme le signale Gaxotte, avait épousé une jeune royaliste (ce que Robespierre ne devait pas lui pardonner), ce geste symbolique montrant qu'il avait probablement en tête une politique de réconciliation des Français. Mais les forces à l'œuvre ne pouvaient tolérer de telles orientations : Danton fut guillotiné et la Révolution continua à dérouler ses massacres, dont les grands profiteurs furent finalement les acheteurs de biens nationaux -en général des maçons bénéficiaires de l’escroquerie des assignats- bien entendu, appelés à devenir la base de l'oligarchie qui dirige toujours la République soi-disant « française ».  

 

Par ailleurs, s’il n’y a pas lieu d’être des admirateurs béats de la Restauration, il n’y a pas lieu non plus, et Adinolfi est d’accord avec nous sur ce point, d’être trop dur avec les légitimistes : ils étaient vraiment anticapitalistes, comme l'a montré l'affaire du Drapeau blanc, qui symbolisait l'hostilité du comte de Chambord aux libéraux orléanistes, une hostilité qui s’est transmise sans interruption depuis lors et que l’on retrouve intacte dans les références idéologiques de tous les authentiques mouvements d’extrême droite d’aujourd’hui.

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