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NOTRE EUROPE : LES LANSQUENETS, DE VALENCE À PARIS…

27 Juin 2019 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

Espagne, 15 juin 2019 : réunion des Lansquenets à Valence

Espagne, 15 juin 2019 : réunion des Lansquenets à Valence

Animé par notre camarade Gabriele Adinolfi, le réseau continental des Lansquenets, lieu de réflexion, de formation et d’initiative au service de l’idée impériale européenne, continue son développement. C’est ainsi que, le 15 juin en Espagne, à Valence, s’est tenue une réunion sur le thème « Nous sommes l’Europe », qui a été un remarquable succès. On trouvera ci-dessous le compte rendu qu’en a donné Adinolfi sur le site de Synthèse nationale. Le surlendemain 17 juin, à Paris, devant une assistance tout aussi déterminée, avait lieu un dîner-débat du Cercle des Amis de Daniel Gazzola consacré au phénomène Salvini et à son impact dans l’Europe d’aujourd’hui. Cette réunion commença par une présentation de l’excellent petit livre qu’Adinolfi a écrit, il y a peu, à propos de Matteo Salvini. Voici le texte de cette présentation, qui avait été confiée à l’un des Lansquenets présents :

 

« SALVINI VU PAR ADINOLFI »

 

« J’ai lu il y a peu l’excellent petit livre que notre camarade Gabriele Adinolfi vient de consacrer à Matteo Salvini. Cet excellent petit livre, que l’on peut se procurer en allant sur le site « Les Bouquins de Synthèse nationale », comporte 135 pages divisées en huit parties, très bien enlevées et se lisant avec plaisir, qui permettent de comprendre ce que sont la Lega et le M5S, comment ils sont arrivés au pouvoir et ce qu’est la personnalité complexe de celui qui entraîne l’ensemble : Matteo Salvini.

 

Et ce petit livre tombe à pic. Salvini, nommé vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur du gouvernement italien le 31 mai 2018 est en effet un phénomène qui secoue profondément, non seulement l’Italie, mais l’Europe tout entière : pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir que, d’après Le Figaro, grâce à sa politique migratoire sans concession, Salvini est aussi populaire en France qu’en Italie ! Il était donc temps d’en savoir plus sur ce personnage étonnant, et c’est à cette nécessité que répond l’ouvrage d’Adinolfi.

 

Il ne s’agit pas d’une hagiographie, ni, non plus, d’un recueil de critiques stupides et politiquement correctes comme on en voit trop à propos de Salvini. Non, il s’agit d’un ouvrage qui se place du point de vue du partisan de l’Europe impériale qui est le nôtre, un point de vue qui permet de constater que, quelles que soient ses faiblesses (ses connexions sionistes, par exemple), Salvini ouvre à nos mouvements des perspectives qui était inimaginables auparavant. Mais, avant de voir ce qu’il peut nous apporter aujourd’hui, commençons par rappeler quelle a été sa carrière météorique, ce qui est indispensable si l’on veut bien comprendre cette personnalité hors du commun.

 

COMMENT SALVINI EST DEVENU SALVINI…

 

Matteo Salvini est né le 9 mars 1973 à Milan. Le très dynamique vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur italien n’a donc que 46 ans. Fils d’un chef d’entreprise, il obtient un baccalauréat littéraire en 1992 et entame des études de sciences politiques à l’université de Milan. En même temps, adhérent à la Ligue du Nord depuis 1991, il entame une activité de journaliste au quotidien La Padania et à la radio Padania Libera, deux médias de la Ligue.

 

Cette activité lui laisse peu de temps pour les études, qu’il délaisse progressivement pour se consacrer à la Ligue du Nord. En 1993, il est élu conseiller municipal de Milan, poste qu’il conservera pendant 20 ans. A peu près à la même époque, il prend en charge l’animation du mouvement de jeunesse de son parti à Milan.

 

A partir de 1997, il s’investit de plus en plus dans la communication de la Ligue et développe ses talents d’orateur. En 2004, il est élu député au Parlement européen, démissionne en 2006, est député à la Chambre italienne de 2008 à 2009, année où il retrouve un mandat européen.

 

En 2013, Matteo Salvini remporte la primaire pour la direction de la Ligue du Nord, face à Umberto Bossi, avec près de 82 % des voix. Il change alors l’orientation de la Ligue, abandonnant ses velléités sécessionnistes (la Ligue du Nord deviendra la « Lega » tout court en 2017) pour une ligne « nationale », plus hostile à l’immigration et à l’Union européenne. Ces changements renforcent le poids de la Lega dans l’opinion. Lors des élections européennes de 2014, où il est réélu, il s’entend avec le Front national de Marine Le Pen autour d’une sorte de programme commun et, en 2015, les deux partis participent à la formation du groupe Europe des nations et des libertés, premier pas vers l’alliance très étroite de 2019, dont on reparlera plus loin.

 

Lors des élections générales italiennes de 2018, il s’allie notamment avec Forza Italia de Silvio Berlusconi, dans le cadre d’un accord selon lequel le parti arrivé en tête choisira le candidat de la droite au poste de président du conseil des ministres. Or, contrairement à ce que prévoyaient les sondages, c’est la Lega qui devance Forza Italia, en réalisant son meilleur score historique : Matteo Salvini apparaît alors, avec Luigi Di Maio (M5S), comme le vainqueur des élections. Voyons maintenant comment cela lui a permis d’arriver au pouvoir et ce qu’il en a fait.

 

SALVINI AU POUVOIR  

 

Le 20 mai 2018, après les élections générales italiennes, on annonçait la formation probable par un troisième homme, Giuseppe Conte, d’un gouvernement de coalition Lega-M5S. Puis, le 27 mai, on apprenait que Conte renonçait à former le gouvernement, le président Mattarella refusant le ministre de l’économie proposé par la coalition, Paolo Savona, sous le prétexte qu’il était eurosceptique. Après ce coup de force présidentiel, on s’acheminait donc vers de  nouvelles élections, aucune autre configuration partisane que la coalition Lega-M5S n’étant capable de recevoir la confiance des parlementaires. Et soudain, le 31 mai 2018, se produisait un nouveau coup de théâtre, la coalition ayant présenté à Mattarella une nouvelle liste gouvernementale qui, cette fois-ci, recevait l’aval du Président. En définitive, un nouveau gouvernement italien put donc être formé, qui prêta serment le 1er juin 2018, avec Giuseppe Conte comme président du Conseil, assisté de Matteo Salvini (Lega) et de Luigi Di Maio (M5S) comme vice-présidents.

 

Comment faut-il analyser ces divers rebondissements ? J’avais, à l’époque, obtenu l’éclairage de notre camarade Gabriele, que l’on peut résumer comme suit :

 

C’est une partie d'échecs très complexe qui a débuté entre la Lega et le M5S. Salvini, dont le programme comporte des aspects très positifs (lutte contre l’invasion migratoire, opposition aux « frappes » anti-Assad, défense de l’accord sur le nucléaire iranien) souhaitait aller à de nouvelles élections, dont il attendait des résultats « stratosphériques ». D'où son appui à Savona, qui a déclenché le refus de Mattarella et l'idée que l'on allait effectivement vers de nouvelles élections. Mais les Américains se sont mis en travers, car ils se méfient de Salvini : ils ont donc fait pression (sur les banques italiennes, tout en menaçant l’Italie d'une baisse de sa note souveraine), d'où la solution à laquelle on est finalement arrivé avec le nouveau gouvernement Conte. Fort heureusement, la Lega, y détient des portefeuilles très importants (l'Intérieur pour Salvini, mais il y en a d'autres…) et l'on pouvait donc attendre que, grâce à la Lega, le nouveau gouvernement italien fît effectivement souffler ce grand coup d'air frais sur l'Union européenne que nous espérons : on n’a pas été déçu !

 

Salvini, en effet, ne s’est pas contenté de secouer rudement le monde politique italien. Il a mis en place les mesures qu’il avait annoncées pour tarir le flux migratoire. Et ces mesures ont donné les résultats attendus, d’où l’immense popularité dont Salvini jouit en Italie, une popularité qui en fait l’homme fort du Gouvernement. Et tout ceci se passe dans cette complexité qui caractérise la vie politique italienne, et que souligne Adinolfi dans son petit livre : sait-on, par exemple, que, si la Lega de Salvini est l’alliée du M5S au sein du Gouvernement, elle est son adversaire dans les Régions, où elle est alliée des berlusconistes de Forza Italia et des postfascistes de Fratelli d’Italia ?

 

Mais Adinolfi souligne également ce qui est le plus important sur le plan européen. Le plus important c’est ici que Salvini est partisan, non pas de quitter l’Union européenne et l’euro, mais de les révolutionner l’une et l’autre, ce qui est l’attitude que nous défendons, à la suite d’Adinolfi lui-même. Et, compte tenu de l’influence acquise par Salvini sur l’ensemble des mouvements nationaux européens, il est clair que sa position a d’ores et déjà fait évoluer un certain nombre de ces mouvements, y compris, au moins pour partie, le Rassemblement national.

 

CONCLUSION

 

Pour conclure, on notera que l’impulsion ainsi donnée aux populistes européens s’est traduite par de brillants résultats aux Européennes du 26 mai. La Lega a obtenu 34 % des voix et le Rassemblement national 23 %, l’une et l’autre arrivant en tête dans leurs pays respectifs. Comment vont-ils faire pour peser sur le fonctionnement de l’Union européenne ? En particulier, comment vont-ils faire pour que le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, le Parlement et la Commission se mettent au service d’une Europe-puissance et non plus d’une Europe mondialiste dont chacun ricane ? Comment vont-ils faire, également, pour que l’euro soit enfin une vraie monnaie européenne, et non plus un simple développement du Deutschemark ? Tels sont les questions qui sont maintenant posées : le chantier est énorme et vital pour nos peuples. Et nous aurons ici un rôle à jouer, car, s’il ne faut quand même pas trop attendre des populistes, il ne faut pas non plus se priver des opportunités qu’ils apportent avec eux : telle est au fond la leçon du petit livre d’Adinolfi. Un petit livre à lire absolument ! »

 

Le débat qui a suivi cette présentation a évidemment porté sur le rôle que peuvent jouer, non seulement Salvini lui-même, mais l’ensemble que forme la Lega avec d’autres mouvements populistes, le RN en particulier, dans le cadre nouveau dessiné par les dernières élections du Parlement européen. En la matière, Adinolfi a souligné que les choses allaient être plus compliquées et difficiles que ce que l’on pouvait imaginer au départ, non seulement parce que Salvini s’est récemment laissé aller à des déclarations d’un trumpisme déconcertant qui ne s’imposaient guère et montrent, s’il en était besoin, que le populisme a ses limites, mais aussi parce que la provocation à laquelle s’est laissé prendre, comme un gamin, Strache, l’ex-vice-chancelier FPÖ d’Autriche (cf. notre article du 24 mai), a amoindri le socle gouvernemental sur lequel pouvait s’appuyer la coalition des populistes européens.

 

En effet, le gouvernement autrichien ayant volé en éclat, ce socle gouvernemental ne comprend plus maintenant que l’Italie, ce qui fragilise le dispositif des populistes. Il est encore trop tôt pour dire comment les choses vont se passer, mais il est vraisemblable que l’alliance des populistes devra se livrer à un véritable travail de fourmi si elle veut véritablement peser sur les orientations de l’Union européenne, en commençant par une présence et un activisme acharnés, commission par commission. Elle en a les moyens humains : il faut maintenant qu’elle montre qu’elle en a la volonté. Etant précisé que l’ambiance générale des institutions européennes ne lui est pas totalement défavorable, puisque, à l’heure où ces lignes sont écrites, soit le 27 juin à 0 heure 15, les partis installés n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord sur le nom du futur président de la Commission. C’est le signe que la machine est sérieusement grippée : il appartient aux populistes d’en profiter et nous attendons, bien entendu, que cela soit au bénéfice des peuples européens !

 

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