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GILETS JAUNES : À PROPOS DE LA CRISE DIPLOMATIQUE FRANCO-ITALIENNE

27 Février 2019 , Rédigé par forumsi Publié dans #Gilets jaunes

Février 2019 : Luigi Di Maio (quatrième personnage en partant de la droite), vice-premier ministre italien, rencontre un groupe de Gilets jaunes

Février 2019 : Luigi Di Maio (quatrième personnage en partant de la droite), vice-premier ministre italien, rencontre un groupe de Gilets jaunes

Début février, la rencontre, sur laquelle nous reviendrons, entre l’Italien Di Maio et un groupe de Gilets jaunes a donné encore plus d’intensité au différend diplomatique qui s’accroît, depuis plusieurs mois, entre la France et l’Italie. Mais quelle est l’origine de ce différend diplomatique ?

 

Si l’on prend un peu de hauteur, il est clair que le contentieux actuel entre la France et l’Italie est né de cette question centrale qu’est l’immigration. Début juin 2018, en effet, Macron avait traité Salvini de « cynique », parce qu’il refusait l’accès des ports italiens à l’Aquarius, navire d’une ONG spécialisée dans le transport des « migrants ». Quelques jours plus tard, soit le 13 juin, BFMTV rapportait la riposte de Salvini, qui traitait Macron d’« hypocrite », le gouvernement français donneur de leçons n’ayant pas accueilli le contingent de « migrants » sur lequel il s’était engagé quelques mois auparavant.

 

Dans le même temps, Marine Le Pen donnait raison à Salvini, estimant que c’était lui qui défendait les intérêts européens, Macron, quant à lui, ne représentant pas la France, mais le mondialisme immigrationniste. Le président français a très vite cherché à tirer profit de cette déclaration, pointant un « front européen des populistes », et se présentant, quant à lui, comme le leader des « progressistes » dans l’optique des prochaines élections européennes. C’est dans ce contexte qu’a débuté, mi-novembre 2018, la crise des Gilets jaunes en France.

 

LE RESPONSABLE DE LA CRISE, C’EST MACRON !

 

Sensible au caractère effectivement très populiste  du mouvement des Gilets jaunes, et voyant une occasion d’affaiblir Macron, Salvini a très rapidement affiché sa compréhension pour le Mouvement. Mais peut-on parler d’ingérence ? Aux partisans de Macron qui affirment cela et qui s’affichent en général comme très « Européens », on rappellera que la France et l'Italie sont sur un même bateau, l'Union européenne, et ont d'ailleurs un parlement commun, à Strasbourg, une monnaie commune, un Conseil des ministres commun et une même Commission européenne. Les Européens sont ainsi solidaires dans un même ensemble politico-économique, et il n'est pas illégitime, dans ces conditions, qu’un gouvernement européen se soucie de la politique d’un autre, dès lors qu’elle lui paraît contraire aux intérêts de l’Union. Ainsi, il n’y a pas « ingérence » lorsque l'Italie s'intéresse à ce qui se passe en France, et vice-versa. Nous faisons partie d’un même ensemble et ce que font les uns concernent les autres : c’est cela la logique d’une Europe solidaire, ou alors, il n’y a plus d’Union européenne.

 

Par contre, on notera, pour polémiquer un peu, que rien de ce qui nous unit à l’Italie dans le cadre de l’Union européenne ne nous unit au Venezuela, dont Macron exige pourtant que le président légitime cède sa place à un quasi-putschiste : s’il y a « ingérence », c’est donc bien dans ce cas-là ! 

 

Mais retournons au différend entre la France et l’Italie, pour retrouver le cas de Luigi Di Maio. Le rappel, pour quelques jours, de l’ambassadeur de France à Rome a été provoqué par la récente rencontre entre ce même Di Maio, vice-président du Conseil italien et leader du M5S, et un groupe de Gilets jaunes français, auquel Di Maio a apporté son soutien. Là, on peut probablement parler d’« ingérence », tant la démarche de Di Maio était appuyée, beaucoup moins subtile, en définitive, que celle de Salvini. Mais, avec le patron du M5S, on se trouve en face d’un cas particulier : celui d’un homme dont le parti est en chute libre face à la Lega, et qui cherche par tous les moyens à diminuer son retard face à Salvini. Il n’y a pas de règle générale à tirer de ce cas particulier. Ce qui reste, c’est bien que le responsable de la détérioration des relations avec l’Italie est Macron, dont la politique effectivement hypocrite à propos de l’immigration a profondément blessé le peuple italien : pour améliorer cette relation, il est urgent de revoir cette politique !

 

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