Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ForumSi

CE QUI RESTE DE MAI-68 : UN DÎNER-DÉBAT DES LANSQUENETS AVEC GABRIELE ADINOLFI ET JACK MARCHAL

17 Février 2018 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

CE QUI RESTE DE MAI-68 : UN DÎNER-DÉBAT DES LANSQUENETS AVEC GABRIELE ADINOLFI ET JACK MARCHAL

Nous avions rendu compte du premier dîner-débat des Lansquenets, consacré au centenaire de la révolution bolchevique (cf. notre publication du 6 janvier dernier). Celui qui s’est tenu le 15 février, avec pour thème le cinquantenaire de Mai-68 et les conséquences actuelles de cet événement, a été, lui aussi, totalement réussi. Une cinquantaine des personnes se pressaient dans une salle, petite mais agréable, où était servi un repas de qualité, pour écouter les deux intervenants : Gabriele Adinolfi, créateur et animateur du projet Lansquenets pour l’Imperium, et Jack Marchal, ancien militant d’Occident et d’Ordre nouveau (et dessinateur du fameux « rat noir » du GUD).

 

Gabriele Adinolfi a commencé la conférence en rappelant que 68 avait été une année « révolutionnaire », non seulement en France, mais aussi en Allemagne et en Italie, ainsi qu’au Japon et au Mexique. Evoquant le cas de l’Italie, il a indiqué que, au départ, le mouvement de contestation de la politique universitaire du gouvernement avait rassemblé l’ensemble des étudiants, qu’ils fussent de droite ou de gauche. Dans le même temps, ceux-ci rejetaient la totalité des partis politiques, ce qui finit par inquiéter fortement, et le PCI, et le MSI. Adinolfi affirme que les directions des deux mouvements se sont concertées pour créer des incidents entre leurs militants, ouvrant ainsi un fossé dans la solidarité étudiante, fossé qui ne devait plus être comblé.

 

Concernant, le cas français, Jack Marchal, qui était, en 68, étudiant en sociologie à Nanterre (au cœur du chaudron, donc), fit remarquer que le mouvement était d’abord dû, mécaniquement, aux effets du « baby-boom », que la France, dont la démographie stagnait depuis longtemps déjà, fut incapable d’absorber correctement, ses structures n’étant pas adaptées à un tel choc démographique. Pour le reste, il souligna que le mouvement de Mai avait été, en définitive, totalement détourné de ses objectifs révolutionnaires et intégralement récupéré par le Système, débouchant finalement sur la société du capitalisme triomphant et mondialisé dans laquelle nous vivons aujourd’hui, société totalement déstructurée que Gabriele Adinolfi qualifie de « société liquide ».

 

Bien entendu, le capitalisme a pris soin de donner des gages aux pseudo-révolutionnaires de Mai, leur accordant tout ce qu’ils demandaient sur le plan sociétal (avortement, droits des homosexuels, immigration de masse, etc.), ces demandes ne gênant absolument pas les bénéficiaires des profits financiers, mais contribuant au contraire à déstructurer la société et à lui donner ce caractère « liquide » qui, aujourd’hui, permet de la manipuler et de l’exploiter si facilement. Tant et si bien que Jack Marchal pouvait, vers la fin de la réunion énoncer le paradoxe suivant : alors que plus grand-monde ne se réclame aujourd’hui du marxisme, c’est la vision marxiste du fonctionnement de l’économie qui donne l’explication la plus satisfaisante de la situation actuelle où, pour lutter contre la baisse tendancielle des taux de profit, le capitalisme mondialisé est conduit à bloquer, voire à baisser les salaires, seule façon de garantir les revenus de ceux qui détiennent le capital.

 

Ce mouvement d’attaque des revenus salariaux constitue une injustice flagrante à l’encontre des salariés français et européens, qui sont les premiers touchés et se voient ainsi privés des moyens de vivre dignement, en  même temps que la désindustrialisation de l’Europe, conséquence de la politique de délocalisation menée par le capitalisme mondialisé et véritable trahison, prive nos peuples de l’instrument de leur redressement.  Cette injustice et cette trahison doivent être dénoncées et combattues. Mais qui va le faire ? Certainement pas les pâles héritiers de Mai-68, dès lors que l’on entend un « socialiste » comme Pierre Moscovici déclarer, le 28 janvier sur France inter : « je suis social-démocrate, c'est-à-dire partisan de l'économie de marché » (le vieux Marx a dû se retourner dans sa tombe...). Non, les seuls à avoir la vision et la volonté révolutionnaires nécessaires pour servir les intérêts de nos peuples européens exploités et trahis, ce sont désormais les nationalistes : et tel est le grand chantier auquel ils doivent s’atteler dès aujourd’hui !

 

ForumSi

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article