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ADINOLFI ET CONRAD : CE QU’IL FAUT RETENIR DE LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE POUR AGIR AUJOURD’HUI

6 Janvier 2018 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

ADINOLFI ET CONRAD : CE QU’IL FAUT RETENIR DE LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE  POUR AGIR AUJOURD’HUI

Extrait du site metamag.fr, le 19 décembre 2017 (article de Gabriele Adinolfi) :

 

« DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE À LA NIAISERIE DÉMOCRATIQUE : CENT ANS APRÈS LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE »

 

« Le premier dîner-débat parisien des Lansquenets, avait pour thème le centenaire de la révolution bolchevique et  comme orateurs Philippe Conrad, directeur de la Nouvelle Revue d’histoire et de l’Institut Iliade, et Gabriele Adinolfi, animateur du Projet Lansquenets et des think tanks Polaris(Italie) et EurHope (Europe).

Philippe Conrad a rappelé les événements qui ont produit la révolution russe, mettant l’accent sur son imprévisibilité totale. Il a raconté l’histoire de Lénine et a rappelé comment sa prise de pouvoir fut similaire à celle de Bonaparte ou de Mussolini.

 

Pour moi, le but de la soirée n’était pas de tracer un bilan du communisme mais d’étudier trois choses cruciales :

 

1-comment a-t-il pris le pouvoir ?

2-que reste-t-il  de son idéologie et de sa méthodologie dans le système libéral cosmopolite ?

3-et surtout, quels sont les critères d’organisation et d’action communs à toute force désirant conquérir un pouvoir (église, jésuites, communistes, fascistes, sionistes).

 

La révolution bolchevique fut soutenue et financée par diverses centrales d’argent mais, si les premiers capitaux, débloqués par Parvus, furent remis à Lénine avant la prise du Palais d’Hiver, la grande masse de l’argent, venant surtout de Wall Street, lui fut octroyée une fois pris le pouvoir. Jusqu’au moment d’effectuer son coup de force, Lénine était très minoritaire dans le parti bolchevik, qui était lui aussi minoritaire dans les Soviets, lesquels étaient minoritaires à leur tour dans le panorama russe.

 

Ce furent la décision et l’organisation de Lénine, ayant créé des révolutionnaires professionnels et ayant choisi les ouvriers et les militaires comme fer de lance, qui permirent aux communistes de prendre le dessus. Alors que, jusqu’à la veille, ils étaient alignés sur le soutien de la révolution bourgeoise sur le modèle américain.

 

Il importe de retenir cette leçon, celle des minorités organisées moteurs de l’histoire, qui a été oubliée de la droite qui, bien qu’issue d’une culture anti-démocratique, s’enlise dans l’illusion démocratique. Pourtant, depuis la naissance de la démocratie, elle-même issue d’un régime précédent et donc née non des élections mais d’un choc socio-politique violent, il n’y eu qu’un seul cas de changement de régime par voie électorale, celui de l’Allemagne nationale-socialiste.

 

Tous les changements profonds d’apparence « démocratique » (gouvernement de Mussolini, péronisme, gaullisme, seconde république italienne) furent le fruit d’un consensus conquis après un coup de force. Dans une certaine mesure, le séisme formel qui a eu lieu sous Macron suit les mêmes lois, celles qui avaient été décrites par Mitterrand dans ses mémoires quand il affirma que pour gagner la majorité en France il suffisait de mettre d’accord 80 personnes.

 

Il n’y a plus aucun Palais d’Hiver à conquérir ni de révolution classique à envisager mais, quoi qu’on fasse, les critères pour toute affirmation durable et pour toute création nouvelle de pouvoir restent les mêmes, qui ne sont pas ceux de l’illusion démocratique, laquelle a montré toute sa niaiserie quand 11 millions de voix ont été vécues comme un désastre, justement à cause de l’absence de tout principe fondamental.

 

Le commentaire de ForumSi :

 

ADINOLFI ET CONRAD : CE QU’IL FAUT RETENIR DE LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE  POUR AGIR AUJOURD’HUI

 

Nous avons pu assister à ce remarquable dîner-débat, tenu, le 7 décembre dernier, devant un public nombreux, attentif et d’une très grande culture. La principale leçon à retenir, à notre avis, est que Lénine a réussi son coup de force parce qu’il a su s’affranchir des schémas mécanicistes du marxisme, dont les tenants orthodoxes pensaient que la Révolution n’était possible qu’en Allemagne, dont le degré de développement avait permis la naissance d’un prolétariat nombreux et qui ne pouvait être que « révolutionnaire ». C’était vraisemblablement, à l’origine, la vision d’un Trotski et des gnomes de Wall Street qui le soutenaient. Lénine, quant à lui, a considéré que la révolution était possible là où existait une force armée révolutionnaire pour la réaliser, c’est-à-dire en Russie : et l’expérience a montré que c’était Lénine qui avait raison, même si l’état de développement de la Russie n’était pas celui qui semblait nécessaire aux théoriciens marxistes.

 

Dans son compte rendu, Gabriele Adinolfi constate qu’il n’y eut qu’un seul changement de régime par voie électorale : celui représenté par l’avènement de l’Allemagne nationale-socialiste. On notera que c’est un point que Charles Maurras avait également mentionné dans un ouvrage paru pendant la Dernière Guerre (peut-être « La Contre-Révolution spontanée »), dans un chapitre où il s’efforçait de comprendre pourquoi l’Action française n’avait jamais réussi à prendre le pouvoir. Mais Maurras, qui avait lu avec attention « L’Histoire de l’Armée allemande » de Jacques Benoist-Méchin, précisait aussitôt que, si la NSDAP était parvenue au pouvoir, ce n’était pas seulement à cause de ses succès électoraux, mais aussi parce qu’elle avait bénéficié de la neutralité bienveillante de la Reichswehr, qui n’avait pas cherché à freiner son ascension, alors qu’elle avait les moyens de le faire. Qu’en conclure, sinon que chaque situation politique doit être examinée dans toute sa complexité, dès lors que l’on veut avancer et triompher, en évitant surtout tout esprit de système et en étant conscient du caractère original de chaque configuration ? C’est ce que Lénine a réussi à faire et c’est cela, répétons-le, qui doit être avant tout retenu pour ce centenaire de la Révolution bolchevique.

 

PS : On a appris, il y a peu, que La Nouvelle Revue d’histoire, fondée par Dominique Venner et que dirigeait Philippe Conrad, cessait de paraître. Nous regrettons bien vivement cette disparition. Heureusement, il reste encore des revues de qualité dans notre camp. Nous pensons en particulier à Conflits, que nous invitons nos lecteurs à lire régulièrement : certains lui reprocheront peut-être, à tort à notre avis, un ton un peu trop universitaire, mais tellement éloigné des lourdeurs du politiquement correct qu’il lui sera beaucoup pardonné !

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