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LUIGI GUARDIERA : L’HOMMAGE DE GABRIELE ADINOLFI

26 Mai 2016 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

LUIGI GUARDIERA : L’HOMMAGE DE GABRIELE ADINOLFI

Nous reproduisons ci-dessous le très beau texte que notre camarade Gabriele Adinolfi a publié, il y a quelques jours, en hommage à notre jeune camarade assassiné, Luigi Guardiera (cf. notre communiqué du 5) :

« LUIGI EST MORT »

« Luigi est mort quarante-et-un ans après Sergio, à quelques jours près. Ils sont morts de la même manière : tabassés jusqu’au sang et victimes d’une longue agonie. Celle de Sergio dura quarante-sept jours. Il tomba dans un guet-apens devant son domicile à Milan : il fut massacré à coups de clé anglaise par un commando d’étudiants en médecine. Il allait encore au lycée. Son crime : avoir écrit, dans une épreuve d’histoire, que Mussolini n’était pas un monstre.

Quand il mourut, après quarante-sept jours de supplice, il y eut une réunion du Conseil de la Mairie milanaise : les élus de toutes les couleurs applaudirent à la nouvelle de la mort du fasciste !

Sa famille eut du mal à trouver un prêtre pour ses funérailles : ils refusaient, les uns après les autres. Quand, finalement, un curé donna son accord, des journalistes progressistes se rendirent devant l’église pour photographier ceux qui avaient osé se rendre à l’enterrement, et fournirent leurs photos à l’organisation responsable de l’assassinat.

L’Italie, à l’époque, fonctionnait ainsi.

Trois ans auparavant, des justiciers « prolétariens » (tous des « bobos » !) avaient mis le feu à l’habitation d’un syndicaliste du MSI (le parti néo-fasciste) dans un quartier populaire : un adolescent et un enfant de huit ans, fils du syndicaliste, brûlèrent vifs. On a encore en mémoire cette image où, prisonniers des flammes, ils s’agrippaient à la grille de leur fenêtre : cette protection contre les voleurs leur fut fatale. Je les vois encore dans cette position, presque liquéfiés, sous les yeux de leurs parents et de leurs frères.

Quand les assassins furent identifiés, il y eut une levée de boucliers de la part d’intellectuels prenant leur défense. L’un d’entre eux, Dario Fo, qui obtiendra ultérieurement le prix Nobel de littérature, soutint qu’il s’agissait là d’une guerre intestine et se moqua des morts et de leur famille. Son entourage proche produisit une bande dessinée qui ridiculisait les jeunes morts et soutenait que tout avait été organisé par les néo-fascistes afin de gagner des voix.

Lorsque les responsables furent enfin condamnés, les juges estimèrent qu’il s’agissait d’un simple homicide involontaire et se prononcèrent pour des peines risibles.

L’auteur principal de l’assassinat partit au Brésil, où il devint un collaborateur du président Lula et l’un des responsables locaux du Parti démocrate, celui de l’actuel premier ministre Renzi et du président de la République qui fit sauter Berlusconi en accord avec la BCE, Giorgio Napolitano.

‘’Tuer un fasciste n’est pas un délit’’, disaient-ils à l’époque. Mais ce qui est plus grave, ce sont les complicités dont les assassins pouvaient jouir dans toute la classe intellectuelle et dans la bourgeoisie.

C’est aujourd’hui la même chose, particulièrement en France. Luigi est mort et personne n’a rien à dire, personne n’a rien à pleurer. Au pire, ils diront que c’était une bavure, quelque chose d’excessif, mais que, enfin, quelque part, il était allé le chercher, parce que, ‘’avec ces idées et ces propos…’’.

Nous connaissons la chanson.

Il y a une ligne de démarcation de plus en plus profonde ; les commissaires politique de l’idéologiquement, du moralement et du dogmatiquement correct ont l’habitude de nier à ceux qu’ils excommunient l’état même d’êtres humains : ils déshumanisent. Au nom, évidemment, de l’humanité, avec un H majuscule, bien entendu.

Aux funérailles des deux frères brûlés vifs, Virgilio et Stefano Mattei, un commando antifa lança des cocktails Molotov dans la foule. J’étais là et les bouteilles tombèrent à mes côtés. Je m’élançais avec d’autres jeunes contre les attaquants. Ceux-ci prirent la fuite sur des motos. A vrai dire, ce fut mieux comme ça, parce que, a posteriori, je suis convaincu qu’ils avaient des tireurs en couverture et que, si nous les avions rejoints, nous aurions été fauchés. Mais, à la limite, pourquoi pas ? On meurt un jour ou l’autre, et qui meurt jeune et propre est cher aux dieux.

Il y a donc une ligne de démarcation de plus en plus profonde : ils déshumanisent. Mais, comme dans tout acte où les hommes se prennent pour Dieu, c’est l’effet opposé qui est obtenu. Luigi, Stefano, Virgilio et Sergio restent vivants dans leur chaleureuse humanité ; en revanche, leurs assassins, et surtout leurs complices moraux, lesquels ne se salissent jamais les mains, sombrent dans l’abrutissement et s’éloignent des qualités qui rendent les hommes -mais pas tous les hommes- supérieurs aux bêtes.

Luigi, nous te disons : Présent ! »

Le commentaire de ForumSi :

LUIGI GUARDIERA : L’HOMMAGE DE GABRIELE ADINOLFI

Nous n’ajouterons pas grand-chose à ce beau texte, qui se suffit à lui-même, si ce n’est deux remarques. La première concerne les assaillants. Dans le cas de Luigi, comme dans celui de Sergio, Stefano et Virgilio, ce qui caractérise ces assaillants, c’est la sauvagerie à l’état pur (si l’on peut dire), avec cette différence que, en ce qui concerne les trois derniers, cette sauvagerie s’était parée de pseudo-justifications idéologiques. Dans le cas de Luigi, assassiné par des racailles, vraisemblablement pour un « mauvais regard » ou une idiotie du même genre, c’est la sauvagerie brute, sans oripeaux idéologiques (sauf, peut-être, la haine de tout ce qui est français et européen), qui a fait son œuvre : on est donc descendu d’un cran, comme si c’était encore possible…Quant à la seconde remarque, elle provient de cette constatation que Luigi était probablement un Franco-Italien : sa mère est Française et son père doit être Italien, comme le suggèrent le nom et le prénom du jeune camarade. Si tel est bien le cas, quel symbole sacré d’unité combattante européenne que sa disparition !

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