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RUSSIE-UNION EUROPÉENNE : COMMENT ON EST PASSÉ DE LA COLLABORATION AUX SANCTIONS…

18 Août 2015 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

RUSSIE-UNION EUROPÉENNE : COMMENT ON EST PASSÉ DE LA COLLABORATION AUX SANCTIONS…

Les camarades de NoReporter ont publié, il y a quelques jours, un petit communiqué lumineux, résumant à merveille les mécanismes qui ont conduit à une dégradation de plus en plus sensible des relations entre l’Union européenne et la Russie. Nous livrons ci-dessous à nos lecteurs une traduction et un commentaire de ce communiqué.

Extrait du site italien d’information en ligne NoReporter, le 8 août 2015 à 0 heure 50 (communiqué de NoReporter) :

« SEPT ANS DE MALHEUR ! »

« A l’époque, l’UE soutenait la Russie contre les Etats-Unis et Israël »

« Le 8 août 2008, commençait la guerre entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, soutenue par la Russie. A la suite de notre appui à Moscou, qui l’emporta sur les troupes, y compris israéliennes, engagées sur le front, nous eûmes droit :

  1. à la crise ;

  2. aux printemps arabes ;

  3. à la tension et aux sanctions ;

puis à un changement de notre environnement géopolitique, lequel se présente maintenant comme suit :

  1. un nouveau Yalta entre la Russie et les Etats-Unis ;

  2. une opposition entre la Russie et l’Union européenne ;

  3. une alliance entre la Russie et Israël. »

Traduit de l’italien par ForumSi

Le commentaire de ForumSi :

RUSSIE-UNION EUROPÉENNE : COMMENT ON EST PASSÉ DE LA COLLABORATION AUX SANCTIONS…

Il est certain que la crise des subprimes, dont le pic se situa en octobre 2008, suivit de très près la défaite américano-sioniste en Géorgie. Or, cette crise, dont l’impact a été évalué comme l’injection de 4 000 milliards de dollars de non-valeurs dans les économies du monde entier, eut bien évidemment des effets dévastateurs sur ces économies et obligea les Etats sinistrés à s’endetter pour financer des mesures de relance. Dans la foulée, les agences de notation (américaines, of course, pour la plupart) dénoncèrent cet accroissement de l’endettement des Etats, et en particulier celui des Etats européens, d’où résultèrent la « crise de la dette » (celle de la dette grecque n’est toujours pas terminée) et les manœuvres des gnomes de Wall Street visant à en profiter pour affaiblir l’euro et rétablir la toute-puissance du dollar (cf. notre série d’articles regroupés sous la rubrique « Quand Wall Street attaque l’euro »).

Sont ensuite venus les soi-disant printemps arabes, où le couple Lévy-Sarkozy joua un rôle particulièrement néfaste, le lâche assassinat du président Kadhafi étant directement à l’origine de la déstabilisation d’une partie de l’Afrique noire, en commençant par le Mali (cf. notre commentaire du 20 janvier 2013), et également de l’invasion programmée que subit actuellement l’Europe, en particulier à partir d’une Libye livrée à l’anarchie (cf. notre commentaire du 6 octobre 2013). Une invasion programmée où les obscurantistes de l’Etat islamique -mais pas seulement eux- jouent certainement un rôle, lequel Etat islamique n’a pu se développer que grâce au grand vide politique créé en Irak par les scandaleuses agression contre le régime laïque baasiste de Saddam Hussein, et aussi par l’acharnement des soi-disant « Occidentaux » contre le régime, également baasiste, du président Assad en Syrie. Dans l’un et l’autre cas, on retrouve, bien entendu, la patte des réseaux sionistes et néo-conservateurs américains, épaulés par des complices à la Sarkozy, réseaux qui sont donc les principaux responsables de la déstabilisation du Moyen-Orient et d’une partie de l’Afrique, ainsi que de l’invasion d’une Europe qu’il s’agit d’affaiblir, tout comme l’euro.

Quant à la tension et aux sanctions, elles concernent bien entendu la crise ukrainienne, dernière en date des actions déstabilisatrices menées par les gnomes de Wall Street contre l’Europe et dont l’objectif était justement de substituer une situation de tension à la compréhension, voire à la collaboration, qui prévalait dans les relations entre l’UE et la Russie à l’époque de la guerre de Géorgie. Une autre évolution était évidemment possible, dans laquelle une Ukraine indépendante eût, au contraire, servi de lien entre l’Union et la Fédération. C’était, en gros, le projet de Praviy Sektor, qui méritait donc d’être appuyé, quelles que soient les réserves que l’on puisse formuler sur quelques détails de ce projet. Malheureusement, telle n’est pas la voie qui a été prise : poussée par les gnomes de Wall Street, l’UE a adopté, pendant une longue période, une ligne d’opposition systématique à la Russie, laquelle Russie, peut-être influencée par son nouvel allié israélien (à ceux qui douteraient de cette alliance, nous demanderons comment ils expliquent le silence pesant de la Russie lors de l’agression sioniste contre Gaza de l’été dernier…), a accepté de jouer systématiquement le rôle du « méchant » dans le mauvais film hollywoodien mis en place dans le cadre du nouveau Yalta.

Car on se trouve bien en face d’un nouveau Yalta, où Russie et Etats-Unis font mine de s’opposer, mais où le seule grand perdant est l’Union européenne, dès lors que l’on sait que, depuis que les « sanctions » contre la Russie sont opérationnelles, les Etats-Unis ont augmenté leurs exportations en direction de la Russie (cf. notre commentaire du 30 juin), alors que les pays de l’UE pâtissent à plein des mesures d’embargo décidées par la Russie en réaction aux sanctions, comme le montrent, par exemple, la crise de l’élevage français ; et dans le registre du masochisme, on rappellera, bien entendu, la décision de ne pas vendre les navires Mistral à Moscou. Cette situation dommageable et ridicule est absolument intolérable. Pour en sortir, la seule voie possible est que l’Union européenne ait enfin une politique conforme à ses intérêts légitimes, c’est-à-dire que, effaçant les divers facteurs ayant conduit, depuis sept ans, à sa marginalisation, elle se décide enfin à :

  1. demander des comptes aux Etats-Unis à propos de la crise des subprimes, sans omettre de dénoncer une partie de notre dette, ce qui serait un juste retour des choses ;
  2. soutenir le seul « printemps arabe » qui vaille, c’est-à-dire la cause palestinienne, mais aussi le président Assad et sa lutte courageuse contre les obscurantistes de l’EI ;
  3. entreprendre avec la Russie une négociation sérieuse à propos de l’Ukraine, en vue de faire de celle-ci un pont, et non plus un fossé, entre l’Union et la Fédération, laquelle verrait peut-être alors quels sont ses véritables intérêts, bien différents de ceux qui lui ont vraisemblablement été suggérés dans la foulée de son désastreux accord stratégique avec l’entité sioniste.

Vaste programme, nous dira-t-on : mais est-il vraiment au-dessus des forces des diplomates européens de commencer à aller dans la direction ainsi tracée ?

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