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CRISES GRECQUE ET EUROPÉENNE : L’ACCORD DU 13 JUILLET ? UN « CATALOGUE DES HORREURS » SANS EFFICACITÉ !

27 Juillet 2015 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

CRISES GRECQUE ET EUROPÉENNE : L’ACCORD DU 13 JUILLET ? UN « CATALOGUE DES HORREURS » SANS EFFICACITÉ !

En complément de notre article du 17, voici quelles sont les principales mesures prévues par l’accord annoncé le 13 juillet 2015 à Bruxelles :

Extrait du site lemonde.fr, le 13 juillet 2015 à 15 heures 12 :

« GRÈCE : UN ACCORD TROUVÉ À BRUXELLES EN CONTREPARTIE DE RÉFORMES DRASTIQUES »

« ll aura fallu un long week-end et une interminable nuit de négociations pour que la zone euro trouve finalement, lundi 13 juillet à 9 heures, un accord pour venir en aide à la Grèce. Athènes pourra bien faire appel à un troisième plan d’aide financier européen en contrepartie d’importantes réformes, d’un montant de plus de 80 milliards d’euros. (…).

Catalogue de mesures

Les négociations ont duré toute la nuit entre les chefs d’Etat, sur une liste de propositions ébauchées par l’Eurogroupe (…). C’est cette liste, acceptée par le premier ministre Alexis Tsipras, qui était au cœur des tractations jusqu’à tôt lundi matin.

Finalement, l’accord inclut :

Une liste de mesures drastiques, dont au moins quatre doivent être approuvées d’ici au mercredi 15 juillet par le Parlement :

• une réforme de la TVA ;

• une réforme fiscale ;

• des mesures pour améliorer la ‘’durabilité’’ du système des retraites en vue d’une plus vaste réforme de ce dernier ;

• la garantie de l’indépendance de l’Elstat, l’organisme des statistiques grec ;

• le respect plein et entier des dispositions de différents traités européens, en particulier en mettant en place des mesures des coupes quasi automatiques dans les dépenses en cas d’excès budgétaire.

De plus, avant le 22 juillet, les Grecs devront :

• adopter un code de procédure civile dont l’ambition sera d’accélérer le système de justice civile en vue d’en réduire les coûts ;

• transposer dans leur législation une directive européenne sur le renflouement des banques (appelée ‘’BRRD’’).

Enfin, à terme, Athènes devra renforcer ses propositions de réformes, présentées juste avant le week-end de négociations, pour mieux prendre en compte la ‘’forte dégradation de son économie’’. Cela implique :

• une réforme des retraites ;

• une réforme du marché intérieur suivant les recommandations de l’OCDE (incluant par exemple une législation sur l’ouverture des commerces le dimanche, sur les périodes de soldes, les pharmacies, les boulangeries, etc.) ;

• la privatisation du réseau de transports électrique ; • une réforme du marché du travail ;

• un renforcement du secteur financier. La Grèce devra revoir certaines mesures adoptées par le gouvernement d’Alexis Tsipras qui sont contraires aux engagements des précédents gouvernements grecs. (…).

La dureté de ces exigences européennes heurtait jusqu’aux fonctionnaires européens qui participaient aux négociations. Un ‘’catalogue des horreurs’’, estimait pour sa part le magazine allemand Der Spiegel.

Un fonds pour gérer les actifs grecs

En plus de cela, l’accord de lundi envisage ‘’un programme de privatisation plus développé’’, adossé à la création d’un fonds chargé de privatiser les actifs grecs pour générer 50 milliards d’euros. (…) Vingt-cinq milliards d’euros serviront à restructurer les banques et les 25 autres iront au service de la dette et aux investissements.

L’accord évoque également, laconiquement, le fait qu’Athènes devra ‘’consulter les institutions [créancières] et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement’’. Un droit de regard des créanciers sur la politique intérieure grecque dont les contours restent à éclaircir.

Sur la question de la dette, (…) le texte (…) précise que ‘’l’Eurogroupe est prêt à évaluer, si nécessaire, des mesures additionnelles (allongement des délais de grâce et des maturités)’’, seulement si la Grèce a respecté ses engagements. (…).

Un accord qui doit encore être approuvé par les Parlements

Cette base d’accord doit encore être avalisée par un certain nombre de Parlements européens, dont le Parlement français, lequel votera dès mercredi.

Au total, la procédure pourrait prendre deux ou trois semaines au cours desquelles la Grèce se trouvera toujours à court de liquidités, alors même que s’approche la perspective d’un nouveau défaut de paiement grec, cette fois à l’égard de la BCE, à qui Athènes doit 3,5 milliards d’euros à l’échéance du 20 juillet.

D’ici là, Athènes pourrait bénéficier d’un financement d’urgence qu’un nouvel Eurogroupe prévu lundi après-midi pourrait acter. La BCE, quant à elle, a annoncé qu’elle ne relèverait pas le plafond des liquidités d’urgence (les prêts dits ELA) qui aurait redonné de l’air aux banques grecques, comme elle l’avait fait le 1er juillet. Elle s’est contentée de les maintenir au même niveau, à savoir 89 milliards d’euros, ce qui risque de rendre les banques hellènes rapidement en manque de liquidités, puis insolvables, et accélérerait la nécessité pour le gouvernement de trouver les moyens de les recapitaliser. (…). »

Le commentaire de ForumSi :

CRISES GRECQUE ET EUROPÉENNE : L’ACCORD DU 13 JUILLET 2015 ? UN « CATALOGUE DES HORREURS » SANS EFFICACITÉ !

Un « catalogue des horreurs » ! Tel fut le jugement porté par le magazine allemand Der Spiegel lorsqu’il prit connaissance du catalogue de mesures mis au point par l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances de la zone euro), catalogue dont l’essentiel a été repris dans l’accord annoncé le 13 juillet. Et comment donner tort au Spiegel ? Nous ne reviendrons pas sur le très louche paragraphe consacré aux privatisations, dont on peut se demander si la principale utilité n’est pas de permettre à quelques racailles de Wall Street de mettre la main sans trop débourser sur les richesses du peuple grec. Le reste est une liste indigeste de mesures de rigueur concernant la « réforme de la TVA », la « réforme fiscale », la « réforme des retraites », etc., ainsi qu’une « réforme du marché intérieur » comportant, par exemple, cette mesure typique du fanatisme libéral que représente une « législation sur l’ouverture des commerces le dimanche » : on a l’impression de lire la loi Macron !

On notera également que l’accord envisage une mesure particulièrement humiliante, obligeant Athènes à « consulter les institutions [créancières] et (à) convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés (…) avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement ». Oui, il s’agit bien d’un « catalogue des horreurs » : mais peut-on au moins en attendre une certaine efficacité ?

La réponse est évidemment négative, car le « catalogue » ainsi imposé à la Grèce n’est rien d’autre que la continuation des mesures d’austérité démentielles qui ont déjà étranglé ce malheureux pays et ont précipité sa chute dans l’enfer de la récession et de la misère. Or, ces mesures, qui devaient, paraît-il, redresser la situation du pays, ont totalement échoué. Le « catalogue » se situant dans la même logique, il n’y a aucune raison pour qu’il aboutisse à des résultats différents. On peut donc d’ores et déjà prévoir que l’accord du 13 juillet 2015 se traduira par un échec. Pourquoi ? Tout simplement parce que, comme les mesures précédentes, il ne s’attaque nullement, sinon, en mentionnant, au passage, une hypothétique « réforme fiscale », à la cause principale de la situation grecque, une cause qui, selon de nombreuses études publiées, en particulier, au plus fort de la crise dite des « dettes souveraines », il y a maintenant un peu plus de trois ans (cf. les analyses et commentaires que nous avions publiés sous la rubrique « Quand Wall Street attaque l’euro.. ; »), est représentée par la quasi-inexistence, en Grèce, d’un système fiscal digne de ce nom.

Si la Grèce s’est autant endettée, en effet, d’où résulte les maux dont elle souffre aujourd’hui, avec les mesures de régression économico-sociales imposées par l’ex-Troïka et les conséquences politiques qu’elles ont engendrées, c’est principalement parce que ses impôts ne rentrent pas comme ils le devraient et que, dans ces conditions, la seule solution pour financer les services de l’Etat, c’est de s’appuyer sur la dette.

Ce constat, on pouvait déjà le faire il y a plus de trois ans. Comment se fait-il donc que, depuis, au lieu de demander au gouvernement grec de s’engager dans la construction d’un système fiscal efficace, en contrepartie de l’aide qui lui est accordée, l’ex-Troïka, et maintenant le catalogue du 13 juillet 2015, continuent d’exiger l’application de mesures qui ne peuvent qu’accroître encore la dépression du peuple et de l’économie grecs ? Ce qui est ici en cause, est-ce l’incompétence ou la volonté -mais à quelles fins inavouables ?- de donner à l’Europe, au travers de la Commission et de la BCE, le visage d’une mère indigne, indifférente au sort de ses enfants ? Et comment n’a-t-on pas vu cette vérité évidente que, pour rembourser une dette, il faut en avoir les moyens, des moyens qui ne peuvent naître de l’appauvrissement du débiteur, mais bien plutôt de l’enrichissement engendré par la croissance de son économie ?

POUR SORTIR DE LA CRISE, IL FAUT APPLIQUER DES SOLUTIONS RADICALES ET JUDICIEUSES, EN GRÈCE ET DANS L’ENSEMBLE DE L’EUROPE !

En répondant, une fois de plus, à côté de la question en ce qui concerne la Grèce, en privilégiant, selon son habitude, des mesures de récession, l’Europe a joué une fois encore contre elle-même en imposant l’accord du 13 juillet 2015. Et ce alors que des solutions judicieuses existent -dont la radicalité garantit l’efficacité- qui, au-delà de la question fiscale grecque, pourraient répondre aux problèmes de l’Europe tout entière, solutions que nous avions développées dans notre commentaire du 8 décembre 2011 et dont nous nous contenterons de rappeler ici, une fois encore, qu’elles s’articulent autour des deux éléments principaux présentés ci-dessous, avant de souligner quelles sont les responsabilités particulières de Wall Street dans le cas spécifique de la crise grecque et ce que cela implique :

1-Il faut dénoncer partiellement la dette européenne

Pour qui se donne la peine d’analyser un peu les mécanisme de la crise des dettes souveraines, il est parfaitement clair que tout a commencé avec celle des subprimes, dont l’impact peut être évalué à 4 000 milliards de dollars (cf. notre commentaire du 20 octobre 2011), et dont la diffusion, sous forme de créances titrisées très largement douteuses, a provoqué une crise financière, suivie d’une crise économique ayant obligé de nombreux Etats européens à mettre en œuvre des plans de relance dont le financement a alourdi leur dette. L’Europe est donc très légitimement fondée à demander réparation du préjudice subi, tant au titre des subprimes que du financement des plans de relance. Il doit être parfaitement possible de calculer les montants en cause et de les déduire des sommes dues aux banques américaines au titre de la dette : voilà une « dénonciation partielle » de celle-ci qui la ramènerait peut-être à des niveaux acceptables et permettrait de libérer une masse de manœuvre financière affectable au financement de la relance plutôt qu’au remboursement d’une fraction indue de la dette.

2-Il faut rendre la dette européenne aux peuples européens

Si l’on parvenait à mettre en œuvre un tel mécanisme, il conviendrait bien entendu de le sécuriser et de se garantir contre le retour d’une crise des dettes souveraines en interdisant que les bons du trésor et autres valeurs d’Etat européennes soient achetés par d’autres investisseurs que des acheteurs européens, lesquels ne s’amuseraient pas, a priori, à spéculer contre leur propre monnaie en fragilisant celle-ci par une manipulation des taux d’intérêt relatifs à la dette des Etats. Un tel dispositif d’européanisation de cette dette contribuerait, lui aussi, à financer de façon saine le nécessaire processus européen de relance par la réindustrialisation et la relocalisation, un processus qu’il conviendrait bien évidemment de garantir par l’indispensable taxation des produits en provenance de pays laissant glisser leur monnaie ou affichant un différentiel notable de prix de revient avec ceux de nos productions.

3-Il faut rappeler les responsabilités de Wall Street dans le cas de la crise grecque et en tirer les conséquences

On a souligné plus haut comment la crise des subprimes, directement issue des malversations de la haute finance américaine basée à Wall Street, avait entraîné une crise financière, économique et sociale dont l’Europe n’est toujours pas sortie. Au-delà de son problème fiscal spécifique, la Grèce en a évidemment souffert comme les autres pays européens et est à ce titre, tout comme le reste de l’Europe, une victime des gnomes de Wall Street. Il serait donc tout à fait légitime de demander des comptes à ces gens-là, non seulement dans un souci de justice élémentaire, mais aussi afin de compléter le dispositif de financement qui serait dégagé par la dénonciation partielle de la dette. C’est ainsi que ce dispositif pourrait être majoré des dédommagements qu’il convient d’exiger de Standard & Poor’s, dont la notation favorable aux dérivés des subprimes a égaré les investisseurs et est ainsi à l’origine de la crise où l’Europe (y compris l’Allemagne, même si c’est dans une moindre mesure) est aujourd’hui plongée. Bien entendu, Standard & Poor’s se verrait interdire toute activité sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne, de même, cela va sans dire, que Goldman Sachs, puisque, ainsi que nous le rappelions dans notre article du 17 juillet, en conseillant à la Grèce de maquiller ses comptes publics pour entrer dans la zone euro, c’est cet établissement emblématique des gnomes spéculateurs et usuriers de Wall Street qui a confectionné le détonateur du volet monétaire de la crise qui frappe les peuples européens, une crise méthodiquement construite dans le but de détruire l’euro et de rétablir la suprématie du dollar.

Tel est le programme en trois points qu’il paraît indispensable d’appliquer pour redresser, non seulement la Grèce, mais aussi l’ensemble de l’Union européenne : qu’attend-on pour aller dans cette direction ?

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