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SYRIE : POUR SAUVER PALMYRE, IL FAUT SOUTENIR LE PRÉSIDENT ASSAD !

4 Juin 2015 , Rédigé par forumsi Publié dans #Après la Libye - à qui le tour

SYRIE : POUR SAUVER PALMYRE, IL FAUT SOUTENIR LE PRÉSIDENT ASSAD !

La grand-messe qui vient de se tenir à Paris à propos de la lutte contre l’Etat islamique a montré, une fois encore, la division et l’impuissance de la soi-disant « coalition » montée par les Américains. En ce qui concerne le cas particulier de la Syrie, nous reproduisons et commentons, ci-dessous, les passages à notre avis les plus importants d’un éditorial du Figaro paru il y a quelques jours et qui nous paraît bien résumer la problématique de la lutte contre les forces obscurantistes dans ce pays, en particulier après la chute récente de Palmyre, célèbre pour ses vestiges antiques, mais également point de passage pour rejoindre Damas.

Extrait du Figaro du 22 mai 2015 (éditorial de Philippe Gélie) :

« DES HOMMES ET DES PIERRES

« Doit-on se résigner à voir les trésors culturels du Moyen-Orient tomber les uns après les autres sous le sabre des hordes sauvages de l’Etat islamique ? Palmyre, sur un axe qui relie leurs conquêtes syriennes à leurs fiefs en Irak, n’est pas dénuée d’intérêt stratégique pour les combattants du califat. L’oasis antique commande une route vers Damas, à 200 km seulement, ainsi que l’accès à d’importants champs gaziers. Mais c’est avant tout le symbole qui a motivé les assauts de Daech. Ce joyau du désert témoigne de vingt-deux siècles d’histoire humaine, au carrefour des civilisations grecque, romaine, perse et arabe. Sa destruction au bulldozer ou à coup de masse, (…) ou son pillage loin des regards, à des fins moins ''glorieuses'' d’enrichissement, signeront la perte d’un patrimoine unique et irremplaçable.

Doit-on, en parallèle, se résoudre à ne voir la communauté internationale réagir que lorsque d’antiques vestiges sont menacés, et rester de marbre lorsque les populations sont massacrées ? A Palmyre, le martyre des hommes et le saccage des pierres soulèvent la même question : pourquoi la coalition qui domine le ciel de Syrie et d’Irak n’a-t-elle pas fait en sorte d’empêcher ce carnage humain et architectural ? (…).

La froide vérité géopolitique est que les Etats-Unis s’intéressent avant tout à l’Irak, dont ils espèrent encore sauver l’intégrité, et que nul ne sait plus qui soutenir en Syrie, maintenant que les rebelles ''modérés'' ont jeté le masque en s’acoquinant avec al-Qaida. Pourtant, la guerre approche du moment de vérité. Affaibli, le régime de Bachar el-Assad se replie sur ses derniers bastions. Bientôt, il fera face à Daech dans la bataille de Damas. Combien de morts en plus et de trésors perdus avant que les Occidentaux choisissent leur camp et s’accordent sur une stratégie ? »

Le commentaire de ForumSi :

SYRIE : POUR SAUVER PALMYRE, IL FAUT SOUTENIR LE PRÉSIDENT ASSAD !

Il y a eu beaucoup de pleurnicheries à propos de la prise de Palmyre par l’Etat islamique (EI) : mais qu’a-t-on réellement fait pour empêcher ce dernier de poursuivre sa progression, non seulement en Syrie, mais aussi en Irak ?

En Irak, le pouvoir laïc de Saddam permettait de souder les différentes communautés ethniques et religieuses autour des objectifs définis par le parti Baas. Une fois Saddam renversé par les soi-disant « Occidentaux », avant tout désireux de servir la politique israélienne (qui considérait les baasistes irakiens comme des ennemis dangereux, en particulier en raison de leur soutien indéfectible -et efficace- à la cause palestinienne), le pouvoir mis en place par les Yankees a fait montre d’un tel sectarisme que le développement de l’EI en a été grandement facilité, alors qu’un tel développement eût été tout bonnement impensable à l’époque de Saddam.

Qui plus est, d’anciens partisans de ce dirigeant laïc sont maintenant alliés de l’EI, qui profite de leur expertise, bien que les baasistes soient idéologiquement hostiles à tout obscurantisme religieux ; il s’agit donc d’une situation hautement paradoxale : comment se fait-il que les services de la « coalition » n’aient pas cherché à en tirer parti, en attisant cette évidente contradiction latente entre baasistes et obscurantistes, dont l’alliance de circonstance n’a été rendue possible qu’en raison du sectarisme des nouveaux dirigeants de Bagdad ?

La situation syrienne est, quant à elle, beaucoup plus simple, où l’on a, d’un côté, un front terroriste représenté, au choix, par l’EI ou par al-Qaïda, et, de l’autre, le pouvoir légal du président Assad, qui combat courageusement ce front terroriste. La composante « modérée » de l’opposition armée a complètement disparu, si tant est qu’elle n’ait jamais existé ailleurs que dans les esprits manipulateurs des Sarkozy, Lévy, Hollande et autres Fabius. Dans ces conditions, le choix de l’action à mener n’est guère difficile à faire : il faut soutenir Assad, son gouvernement et ses partisans, sans quoi la Syrie sera prise en main, soit par l’EI, soit par al-Qaïda. Est-ce cela que l’on souhaite ?

Ajoutons qu’il est d’autant plus urgent de soutenir Assad que la Russie (conseillée par son nouvel allié israélien ?) semble s’éloigner du président syrien (cf. Le Monde daté du 4 juin)…Nos dirigeants savent bien tout cela : qu’attendent-ils pour réagir en conséquence ? Que les forces obscurantistes aient pris le pouvoir à Damas ?

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