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MENACE SUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION : CE QUE VALLS NOUS PRÉPARE…

10 Mai 2015 , Rédigé par forumsi Publié dans #Je ne suis pas Charlie !

MENACE SUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION : CE QUE VALLS NOUS PRÉPARE…

Dans notre commentaire du 28 avril concernant l’augmentation du chômage, nous notions que, loin de s’en soucier, Valls se consacrait, 24 heures sur 24, à la lutte contre l’« antisémitisme » et le « racisme ». Prenons maintenant le temps d’examiner les mesures qu’il entend appliquer pour appuyer cette lutte, des mesures qui, comme nous le verrons, représentent une grave menace pour la liberté d’expression.

Extrait du site lemonde.fr, le 18 avril 2015 (article d’Axel Roux) :

« RACISME ET ANTISÉMITISME : COMMENT LA PROMESSE DE HOLLANDE A PRIS CORPS AU FIL DES ÉVÉNEMENTS

« Trois mois après les attentats de Paris, l'engagement n°30 du candidat Hollande de "combattre en permanence le racisme et l'antisémitisme" est sur le point de prendre un nouveau tournant. (…).

(…) C'est à Créteil (Val-de-Marne), que Manuel Valls a choisi vendredi 17 avril de présenter son nouveau plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Une ville symbolique, où cohabitent d'importantes communautés juives et musulmanes. Le premier ministre a dévoilé quarante nouvelles mesures, financées à hauteur de 100 millions d'euros sur trois ans et articulées autour de la justice, d'Internet et de l'éducation. L'objectif : endiguer la hausse drastique des actes racistes et antisémites. (…).

Lors de son discours d'hommage aux victimes de Mohamed Merah, le 17 mars 2013, le chef de l'État fait le premier pas en promettant la fermeté sur les propos racistes sur Internet et les réseaux sociaux. (…). Début 2014, après la polémique autour du spectacle de Dieudonné et les appels répétées de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), le ministre de l'intérieur Manuel Valls est chargé de durcir l’arsenal juridique contre les propos antisémites. (…).

Répondre à l'appel du 11 janvier

Mais ce n'est qu'après les attentats qui ont frappé la capitale, début 2015, et les manifestations d’ampleur du 11 janvier, que la nécessité d'un nouveau plan d'action s'est confirmée pour le gouvernement. (…). Les nouvelles priorités en matière de lutte contre le racisme et l'antisémitisme se concentrent sur quatre axes : 

  • Une campagne de mobilisation. Prévue cet été, elle bénéficiera du label " grande cause nationale ". Cette campagne doit s'appuyer sur la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra) et sur des associations partenaires. Ces dernières pourront disposer plus facilement de l'appui de jeunes en service civique, dont les ambitions ont été revues à la hausse en début d’année. 
  • Des réponses judiciaires plus rapides et plus efficaces. Sur le volet juridique, le racisme et l'antisémitisme deviendront des ‘’circonstances aggravantes’’ généralisées pour tous les crimes et délits. Les discours de haine, relevant aujourd'hui du droit de la presse, seront intégrés au droit pénal. Un basculement qui provoque néanmoins des divisions chez les juristes et les associations. (…). 
  • Mettre en place une police du web. Une ‘’unité nationale de lutte contre la haine sur Internet’’, composée d'officiers de police judiciaire, sera chargée d'améliorer le signalement et le suivi des actes et propos racistes et antisémites sur la toile. 
  • Renforcer la prévention dans les établissements scolaires. Le gouvernement souhaite que "plus aucun incident ne reste sans réponse". L'État prévoit pour cela de mettre en place ‘’un réseau de référents racisme-antisémitisme dans les établissements’’.

Grande absente du nouveau plan, la lutte contre le délit de faciès, remise sur le devant de la scène après une plainte commune de treize personnes victimes de contrôles arbitraires (…). »

Le commentaire de ForumSi :

MENACES SUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION : CE QUE VALLS NOUS PRÉPARE…

Revenons sur les quatre axes présentés par Valls lors de son discours du 17 avril à Créteil :

1-Une campagne de « mobilisation »

Elle doit s’appuyer, nous dit-on, sur la DILCRA (à ne pas confondre avec la LICRA, semble-t-il) et les « associations partenaires », lesquelles « pourront disposer plus facilement de l’appui de jeunes en service civique ». Qu’est-ce à dire ? Entend-on transformer ces « jeunes en service civique » en militants de la campagne lancée par Valls ? Mais au nom de quoi ? Au nom du peuple français, auquel on n’a pas demandé son avis, comme d’habitude ?

2-Des réponses judiciaires plus « rapide » et plus « efficaces »

Le « racisme » et l’« antisémitisme » deviendront des « circonstances aggravantes » pour tous les crimes et délits, et les « discours de haine » relevant aujourd’hui du droit de la presse seront intégrés au droit pénal. On comprend que cette orientation provoque une réticence inquiète chez certains juristes et associations, car cette « pénalisation » des délits de presse représente, à l’évidence, une profonde régression, touchant le cœur du cadre juridique régissant la liberté d’expression. Quant à faire de l’« antisémitisme » et du « racisme » des « circonstances aggravante », on peut se demander s’il n’y a pas là une atteinte au principe constitutionnel d’égalité : ne va-t-on pas, en effet, créer des catégories privilégiées de victimes, alors que d’autres, les « Français de souche », comme les appelle Hollande, ne seraient que des victimes d’un moindre intérêt de la part des pouvoirs publics ?

3-La mise en place d’une « police du Web »

Sur quels critères va-t-on identifier la « haine sur Internet » ? Prenons l’exemple de l’antisémitisme. Il s’agit, nous dit-on de la « haine des Juifs parce qu’ils sont Juifs ». Mais, qui peut donc être assez stupide pour « haïr les Juifs parce qu’ils sont Juifs » ? Cela doit représenter vraiment très peu de monde. Pas suffisamment, en tout cas, pour justifier l’action d’une « police du Web ». Alors, qui donc cette « police » va-t-elle viser ? Nous ne voyons guère que les antisionistes, ou bien ceux qui se montrent critiques à l’égard de certains financiers de Wall Street. Admettons qu’il s’agisse des antisionistes. Valls va-t-il demander des comptes à tous les partisans de la cause palestinienne, par exemple au chef d’orchestre Daniel Barenboïm, dont Le Monde nous disait, il y a quelques semaines, qu’il était dans le collimateur du lobby juif pro-sioniste américain ? Aurait-il, pour la même raison, demandé des comptes à Leonard Bernstein, le compositeur de la musique de West Side Story, ou au grand violoniste Yehudi Menuhin, lequel Menuhin avait d’ailleurs aggravé son cas en réintroduisant le « nazi » Herbert von Karajan dans le circuit international des chefs d’orchestre ? Toutes ces personnalités sont de « mauvais juifs » aux yeux des obscurantistes sionistes, ceux-là mêmes qui, en 1995, ont assassiné l’infortuné premier ministre d’Israël, Yitzhak Rabin, l’un des très rares hommes d’Etat israélien ayant cherché à négocier sérieusement avec les Palestiniens (cf. notre commentaire du 12 février dernier) : s’agit-il donc de mettre la « police » du Web au service, entre autres, de l’obscurantisme sioniste ? Mais alors, les Français auront-ils encore la possibilité de défendre, dans leur propre pays, en même temps que leur identité, une politique étrangère authentiquement française et européenne ?

4-Le renforcement de la « prévention » dans les établissements scolaires

Elle doit s’accompagner de la mise en place d’un réseau de « référents racisme-antisémitisme » dans les établissements : est-ce vraiment ce qu’il faut faire dans nos établissements d’enseignement ? La mise en place de « gardes rouges » de la pensée unique est-elle compatible avec cet éveil de la pensée autonome, du raisonnement et de l’esprit critique qui doit caractériser ces établissements ?

Tout ceci est très inquiétant et sent le flicage à plein nez. La question de fond est en effet la suivante : comment se fait-il que l’on n’applique pas, tout bonnement, la loi commune, qui permet de condamner l’incitation à la haine dès lors que l’on a décidé de combattre celle-ci, quelles qu’en soient les victimes, alors que, contrairement, au principe constitutionnel d’égalité, Valls a décidé de créer des catégories de victimes privilégiées ? Sa démarche est vraiment très louche et amène, légitimement, à se demander ce qui restera de la liberté d’expression une fois son train de mesures adopté. Pour résumer les choses, on rappellera que, en 1990, alors qu’elle combattait la loi Gayssot, coupable, selon elle, de réintroduire le délit d’opinion dans le droit français, la regrettée Annie Kriegel avait mis en cause « une insupportable police juive de la pensée » (cf. la fiche de Wikipédia consacrée à A. Kriegel). L’universitaire Annie Kriegel, qui était Juive, savait de quoi elle parlait et n’était évidemment pas suspecte d’« antisémitisme » : aurait-elle encore le droit de s’exprimer ainsi avec ce que Valls nous prépare ?

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