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GABRIELE ADINOLFI : « CAMARADES, NE SOYEZ PAS LES PORTEURS D’EAU D’UN SARKOZY ! »

23 Mai 2015 , Rédigé par forumsi Publié dans #Vive l'Europe impériale !

GABRIELE ADINOLFI : « CAMARADES, NE SOYEZ PAS LES PORTEURS D’EAU D’UN SARKOZY ! »

Nous présentons et commentons maintenant un long article de Gabriele Adinolfi sur la situation européenne, article que nous avions mis de côté pour prendre le temps de le traduire correctement. Comme on le verra, ce texte, qui date déjà du 31 mars, conserve toute son actualité.

Extrait du site italien d’information en ligne NoReporter, le 31 mars 2015 à 1 heure 32 (article de Gabriele Adinolfi) :

« QUI ATTAQUE L’ALLEMAGNE ET POURQUOI ?

« Dans la société du spectacle, il ne faut pas se fier aux apparences…

« L’écrasement de l’avion de la Germanwings, vraisemblablement piloté à distance après détournement des commandes, a été travesti à l’aide d’une version de confort : celle du copilote devenu fou. On n’hésite pas à salir la mémoire d’une victime pour cacher la vérité (…).

Le copilote n’y est évidemment pour rien et les reconstitutions présentées sont évidemment fausses ; mais qui a donc voulu donner ainsi un signal aussi fort à l’Espagne, à la France et, particulièrement, à l’Allemagne, jusqu’à menacer l’existence même de la Lufthansa ? On ne peut encore le dire avec certitude. Même si divers services ont fourni des messages codés (le double prénom du terroriste présumé, la présence à bord, à un moment donné, d’une ‘’contractuelle’’ américaine équipées de matériels sophistiqués) suggérant la piste de la CIA, l’actuel enchevêtrement d’intérêts et de frictions est tel que l’on ne peut non plus exclure que d’autres coupables (anglais, israéliens) aient fait en sorte que l’on s’orientât vers cette piste-là.

Quoiqu’il en soit, il est certain que l’on se trouve en face d’un genre spécial d’offensive terroriste. Il en existe des ‘’directes’’, qui ont aussi une fonction déstabilisatrice (comme dans le cas de la gare d’Atocha, à Madrid, ou dans celui de Charlie hebdo) et des ‘’indirectes’’, porteuses de messages transversaux, qui, habituellement, se manifestent sous la forme de désastres aériens et qui, précisément, sont camouflées en catastrophes accidentelles.

Le chaos progresse

Derrière cet acte de terrorisme, on peut avoir, soit les Américains, soit les Israéliens, soit les Anglais ; ils peuvent aussi avoir agi tous ensemble. Dans l’imbroglio actuel, les acteurs peuvent se retrouver alliés à un endroit et rivaux à un autre. Dans certains scénarios, on découvre que l’Arabie séoudite est liée à la Russie, dans d’autres que l’Iran l’est aux Etats-Unis, dans d’autres encore que le Qatar et les Emirats sont dans des camps opposés : c’est le Nouveau Chaos organisé. Une seule chose tient unis les principaux acteurs (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Israël, pétromonarchies et, parfois, Russie et Chine) : freiner, contrôler et contrer le retour de l’Europe. Un retour accompagné d’une velléité de puissance qui oscille entre ses deux pôles et demi, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, et qui ne réussit à se développer correctement que s’il y a prédominance de Berlin.

Les médias ne parlent pas, mais probablement ne s’en sont-ils même pas aperçus, de la façon dont Berlin et l’Europe évoluent ici sur un terrain miné, en devant faire face aux incessantes actions de sabotage anglaises et à l’assaut d’origine Wasp contre l’Europe, amplement financé par les banques Rothschild.

Pourtant, les Allemands progressent constamment, ont réussi à se réassocier stratégiquement avec la France (c’est pour cela qu’un retour de Sarkozy au pouvoir serait une catastrophe) et également à ouvrir un pont au-dessus de la Méditerranée, aussi bien en ce qui concerne la crise libyenne qu’à propos de la Tunisie, en impliquant les gouvernements espagnol et italien, lequel a complètement rompu avec l’orientation qui prévalait aux temps infâmes de Monti et Terzi [NDT : ministre des Affaires étrangères du gouvernement Monti].

L’AIIB n’est pas en cause

J’ai lu que les Américains seraient énervés par la constitution de l’AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank), une structure dominée par les Chinois, avec une participation conjointe des Français, Allemands et Italiens. Bien qu’il s’agisse là d’une initiative entrant dans le cadre de la politique que Berlin est seule, à l’Ouest, à réaliser et à soutenir face aux Etats-Unis, je ne pense pas que ce soit la cause de l’action en cause. Tout d’abord parce que, dans ce type d’action, lorsqu’on l’accomplit, on recourt à l’attentat déclaré, mais surtout parce que, dans les cénacles WASP, ce qui préoccupe, c’est l’euro et non la Chine, avec laquelle ils construisent ouvertement une situation de duopole commercial. C’est au contraire l’émancipation européenne impulsée par l’Allemagne qui leur fait froncer les sourcils. En Méditerranée comme à l’Est, parce que c’est là que sont leurs préoccupations, contrairement à tout ce qu’ils nous racontent…

La potion empoisonnée

La paix de Minsk a été l’œuvre de la diplomatie allemande. Pour signer l’accord correspondant, il y avait non seulement les Russes et les Ukrainiens, mais également la Merkel [NDT : comme d’habitude, nous conservons ici la réjouissante façon italienne d’identifier les personnalités féminines en faisant précéder leur nom de l’article ‘’la’’] et Hollande, soit une façon significative et inusuelle de signifier qu’ils avaient joué un rôle totalement officiel : le message était lourd de sens. L’engagement pour la paix a été paraphé dans le respect des intérêts russes, mais en convaincant Moscou que c’était à l’OSCE, avec la participation active de Paris et Berlin, de garantir la vie en commun des Ukrainiens dans le cadre d’une fédération devant s’orienter vers un désarmement progressif des parties et n’adhérer, ni à l’UE, ni à l’OTAN. En d’autres termes, la crise à l’Est, causée par la mauvaise gouvernance de Kiev et des ingérences russes excessives, largement initiée par Soros, alimentée par les Anglais et saisie au bond par Poutine pour n’avoir pas à affronter les crises intérieures russes, a, de façon surprenante, été parfaitement gérée par Berlin, au point de recomposer, même s’il est encore fragile et ponctuel, cet axe Paris-Berlin-Moscou qui, dans un passé récent, c’est-à-dire lors de la guerre à l’Irak, créa de grosses difficultés à la suprématie Wasp. Londres a fini par céder et par repartir, la queue entre les jambes, après avoir rangé les cornemuses dans leurs sacs.

Les clés de la situation actuelle sont entre les mains de deux acteurs imprévisibles : Paris et Moscou.

Si le Kremlin laisse de côté la démagogie à usage interne dont il s’est un peu trop servi durant le conflit ukrainien, et s’il recommence, par contre, à nouer des relations économiques, énergétiques et stratégiques avec l’Europe, en tournant le dos à son nouvel allié, Netanyahu, chose possible, compte tenu de la force d’attraction réelle de l’Allemagne, nous pourrons alors considérer l’avenir avec confiance.

Comme précédemment, il y aura néanmoins une offensive en direction du maillon faible, Paris, qui misera sur l’agent d’influence habituel, Sarkozy, d’où il résulte que la France jouera un rôle stratégique.

Maroni et Sarkozy

Dans ce contexte, nous ne pouvons faire grand-chose, quant à nous, mais il serait quand même gratifiant de ne pas jouer le rôle d’idiots utiles des réseaux nostalgiques de la victoire sur l’Axe et de laquais bénévoles des banques Rothschild.

Lorsque Maroni [NDT : Roberto Maroni, membre de la Ligue du Nord, est président de la région italienne de Lombardie], depuis Tel Aviv, déclare que la Ligue est une alliée du Front national, des Russes et des droites américaines et israéliennes, il entend quelque chose de plus précis et qui ne concerne pas seulement la Ligue, mais l’ensemble de la droite populiste européenne d’aujourd’hui. Il admet tout à fait candidement une situation de dépendance à l’égard des banques Rothschild et une adhésion à un courant qui veut que la Russie soit, non pas l’alliée de l’Europe, mais son adversaire. Il s’agit là d’une réédition de la situation de dépendance qui caractérisait le Système de Yalta.

Il reste aux révolutionnaires, si peu nombreux soient-ils, à agir dans ce contexte pour neutraliser tous les Maroni et tous les Philippot. La partition française, en particulier, sera décisive : amis du Front et camarades qui en faites partie, ne soyez pas les porteurs d’eau d’un Sarkozy en route pour l’Elysée !

Au risque de paraître abstrus, je soutiens qu’il est indispensable de revenir sans tarder à la ligne électorale de Jean-Marie : au premier tour, on vote national, socialiste au second tour. Sinon, les choses iront de mal en pis pour la France, pour le plus grand bien de tous les maîtres et seigneurs. Si nous ne comptons pour rien, mieux vaut ne rien faire que de travailler pour l’ennemi. »

Traduit de l’italien par Forumsi

Le commentaire de ForumSi :

GABRIELE ADINOLFI : « CAMARADES, NE SOYEZ PAS LES PORTEURS D’EAU D’UN SARKOZY ! »

Il est indéniable que, en l’état actuel, la politique allemande joue, d’une façon générale, un rôle positif, allant dans le sens des intérêts européens dans leur ensemble. C’est vrai aussi bien dans le cas de l’Afrique du Nord que dans celui de l’Ukraine, même si cela n’a pas toujours été vrai en ce qui concerne la crise ukrainienne, face à laquelle l’Allemagne a longtemps été très influencée par Washington. Cette influence s’est manifestée, en particulier, sous la forme de « sanctions » infligées à la Russie, sanctions dont les conséquences ont été particulièrement dommageables aux économies d’Europe occidentale.

Mais les choses ont progressivement un peu changé, il est vrai. Comme il est vrai que cela s’est fait autour d’un partenariat renaissant, à l’Ouest, entre la France et l’Allemagne, qui a permis la reprise d’un dialogue constructif avec la Russie et quelques progrès vers une paix juste en Ukraine, sur la base des accords de Minsk, obtenus pour l’essentiel grâce au savoir-faire diplomatique allemand. Il est également exact, et Gabriele Adinolfi a raison de le souligner, que la puissance d’attraction de l’Allemagne est telle qu’elle peut, éventuellement, parvenir à détacher la Russie de ses accords ineptes avec Israël, accords qui expliquent le silence pesant de Moscou lors de la dernière agression sioniste contre Gaza, et qui ne furent probablement pas pour rien dans l’attitude inutilement rigide de la Russie au plus fort de la crise ukrainienne, de même que, parallélisme « yaltaïque » oblige, les manœuvres des gnomes de Wall Street ne furent pas pour rien dans la politique stupidement agressive adoptée, dans le même temps, par l’Union européenne.

Si les choses continuent à se développer dans le bon sens, cela peut effectivement déboucher sur une remise en cause du nouveau Yalta, ce qui suppose logiquement, répétons-le, une rupture entre la Russie et son nouvel allié israélien. Mais une telle évolution n’est nullement garantie et il y a, à l’évidence, une « inconnue » russe. L’autre « inconnue », comme le note Adinolfi, est bien évidemment la France, où Sarkozy est prêt à jouer à nouveau la partition des gnomes de Wall Street. Il faut donc lui barrer la route et, dans cette optique, il est assurément tentant d’appliquer le réjouissant mot d’ordre qu’Adinolfi attribue à « Jean-Marie » : « au premier tour, on vote national, socialiste au second tour ! ».

C’est très certainement ce que nous ferons si nous nous retrouvons dans une situation identique à celle de 2012, où nous avions déjà choisi de voter contre Sarkozy. Tout en étant conscients que si Hollande, par exemple, représente un moindre mal par rapport à Sarkozy, il n’est pas du tout évident qu’il ne soit pas, lui aussi, tenté de saboter le développement d’une politique authentiquement européenne. Car l’influence sioniste sur Hollande, au travers, par exemple, d’un personnage comme Fabius, est très forte -même si elle est probablement moindre que celle qui s’exerce sur Sarkozy- et peut très bien venir ruiner cette lente maturation d’une politique authentiquement européenne. Car si Hollande est effectivement venu appuyer les initiatives allemandes en direction de la Russie pour ramener la paix en Ukraine, la décision qu’il vient de prendre d’annuler la livraison de deux « Mistral » à la Russie (cf. notre commentaire du 19) va en sens inverse, celui souhaité par les gnomes de Wall Street. De même qu’il est clair que l’appui marqué et permanent du tandem Hollande-Fabius à l’opposition anti-Assad, ainsi que leur rapprochement très médiatisé avec l’Arabie séoudite et autres pétromonarchies du Golfe vont à l’évidence dans le sens souhaité par Israël, pour qui le seul objectif régional à atteindre est l’abaissement de l’Iran, dont Assad est l’allié et les réactionnaires arabes les adversaires.

Il y a donc des éléments très inquiétants dans la politique étrangère de Hollande : souhaitons, là aussi, que l’attraction germanique soit la plus forte, mais restons vigilants, car les facteurs négatifs sont diablement puissants…

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