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« CHARLIE HEBDO », ACTE II : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME ?

12 Février 2015 , Rédigé par forumsi Publié dans #Je ne suis pas Charlie !

« CHARLIE HEBDO », ACTE II : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME ?

Revenons maintenant aux questions de fond soulevées par les attentats commis les 7, 8 et 9 janvier à Paris. Nous publions ci-dessous et commentons la traduction d’un article en anglais mis en ligne par un site israélien. Ceux de nos lecteurs qui souhaiteront se reporter au texte original pourront y accéder en utilisant le lien reproduit après notre commentaire.

Extrait du site israélien d’information en ligne timesofisrael.com, le 14 janvier 2015 à 4 heures 50 (article signé par les initiales JTA) :

« LE MAIRE D’ANKARA L’AFFIRME : LE MOSSAD EST DERRIÈRE LES ATTAQUES TERRORISTES DE PARIS

« Melih Gökçek estime que les services israéliens ont planifié ces attaques en représailles à l’appui apporté par la France à l’Etat palestinien

« Le maire -de longue date- d’Ankara accuse le Mossad israélien d’avoir piloté les attaques terroristes survenues en France la semaine dernière.

Selon Today’s Zaman, une publication turque en langue anglaise citant l’agence de presse Andalou News Agency, Melih Gökçek estime que les services secrets israéliens ont planifié ces attaques en représailles à l’appui récemment apporté par la France à la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Dimanche, à l’occasion d’un événement politique, Gökçek a indiqué qu’il ''est certain que le Mossad est derrière ce type d’incident, qui lui permet d’enflammer les sentiments islamophobes''.

Le maire de la capitale turque a également affirmé que, après les attaques terroristes survenues à Paris, environ 50 mosquées et quelques musulmans avaient été pris pour cibles, mais que cela n’avait fait l’objet d’aucune couverture de la part des médias internationaux.

Sur Twitter, l’été dernier, Gökçek avait appelé à la fermeture du consulat israélien, avec l’argument suivant : ''nous ne voulons pas, en Turquie, de la représentation de meurtriers''.

Gökçek est maire d’Ankara, la seconde ville de Turquie, depuis 1994. »

Traduit de l’anglais par ForumSi

Le commentaire de ForumSi :

« CHARLIE HEBDO », ACTE II : MAIS AU FAIT, À QUI PROFITE LE CRIME ?

Nous sommes maintenant en plein dans l’acte II de l’affaire “Charlie” et force est de constater que l’on est totalement immergé dans le grotesque. Il n’est question que d’améliorer le “vivre ensemble”, d’être fidèle aux “valeurs de la République” (les “valeurs de la République”, c’est quoi ce truc-là ?), de réformer l’“école de la République” pour qu’elle retrouve son rôle “intégrateur”, et, surtout, de ne pas “stigmatiser”, en restant bien groupés, entre “républicains”, autour de l’“esprit du 11 janvier”. Mais le pompon a quand même été atteint par ceux qui demandent une “réforme du Coran” pour en supprimer les sourates prônant la violence contre les “infidèles”...Comme si le peuple français devait se soucier, d’une façon ou d’une autre, de réformer le Coran !

Tout ceci est évidemment pitoyable, mais occupe les médias pour une bonne part de leur temps, ce qui a pour effet d’envoyer aux oubliettes la seule question qui soit vraiment importante dans l’affaire des attentats des 7, 8 et 9 janvier, cette question que la sagesse populaire et les enquêteurs sérieux ont toujours privilégié dans ce type d’affaire, dont les auteurs “visibles” ne sont pas forcément, ni les concepteurs, ni les bénéficiaires réels, mais peuvent être de simples instruments au service de donneurs d’ordre qu’ils ne connaissent même pas : à qui profite le crime ?

Est-ce aux musulmans ? Bien évidemment non, car on ne voit guère ce que les musulmans ont pu gagner avec ces attentats, qui ont fortement terni leur image. Mais, nous dira-t-on, ce sont pourtant bien des musulmans qui ont commis ces attentats ? C’est indéniable, certes, mais ce ne serait pas la première fois que des terroristes, croyant mener une action au service de leurs idées, travailleraient en réalité pour d’autres, qui les manipulent et poursuivent des objectifs bien différents : le pilotage occulte des cellules terroristes est aussi vieux que les services secrets, dont les plus talentueux sont passés maîtres dans l’art de la manipulation provocatrice. On remarquera d’ailleurs que les terroristes de janvier 2015, qui devaient s’imaginer être des défenseurs de la cause arabe, se référaient peu ou prou à Al Qaida et à l’Etat islamique, c’est-à-dire à de très louches organisations dont les nationalistes arabes authentiques, ceux du Baas, du Hezbollah ou du Hamas, se méfient comme de la peste !

A QUI PROFITE LE CRIME ? LA RÉPONSE SEMBLE ÉVIDENTE...

Alors, si ce n’est pas aux musulmans, à qui donc profite le crime ? Le maire d’Ankara (en photo ci-dessus), qui n’est pas le premier venu (capitale politique, Ankara est la seconde ville de Turquie par le nombre d’habitants) apporte peut-être des éléments de réponse, qui met en cause l’action manipulatrice des services secrets israéliens, lesquels auraient voulu par là mener une action de représailles contre l’appui apporté par la France à la reconnaissance de l’Etat palestinien. On remarquera qu’effectivement, les attentats ont suivi de très près la reconnaissance de l’Etat palestinien par l’Assemblée nationale et le Sénat français, qui ont respectivement voté en faveur de cette reconnaissance les 2 et 11 décembre 2014 (cf. nos commentaires des 4 et 15 décembre derniers), reconnaissance qui avait déclenché la colère de Netanyahu. Dès notre commentaire du 11 janvier, nous nous demandions d'ailleurs si les attentats n’avaient pas un lien avec ces votes de reconnaissance de l’Etat palestinien par les élus français : les propos de Melih Gökçek vont dans le même sens, tout en étant beaucoup plus affirmatifs.

Mais, nous dira-t-on, en affirmant que le Mossad est à l’origine des attentats, le maire d’Ankara fait l’impasse sur un élément important : la mort de plusieurs Juifs lors de l’attaque de l’“Hyper Cacher” de la porte de Vincennes par Coulibaly. En effet, “Un Juif ne tue pas un Juif”, nous rappelle-t-on régulièrement : comment se pourrat-il alors que les services israéliens aient piloté des attentats qui ont coûté la vie à des Juifs ?

“Un Juif ne tue pas un Juif” : vraiment ? Mais que fait-on alors du cas de l’infortuné Premier israélien Yitzhak Rabin, abattu comme un chien, le 4 novembre 1995, par un colon sioniste obscurantiste ? On nous rétorquera probablement que Rabin était un “mauvais Juif”, puisqu’il fut l’un des très très rares hommes d’Etat israéliens à avoir tenté de négocier sincèrement avec les Palestiniens, allant même jusqu’à envisager, semble-t-il, d’indemniser les propriétaires palestiniens spoliés lors de la création d’Israël : cela allait vraiment très loin, trop loin, et Rabin le paya de sa vie !

D’accord, nous répondra-t-on, mais les victimes de l’Hyper Cacher n’étaient pas, quant à elles, de “mauvais Juifs”. Comment se fait-il donc, si l’on admet d’examiner l’hypothèse du “pilotage” des attentats par le Mossad, que ce dernier ait accepté la mort des victimes de la porte de Vincennes ? Cette mort n’est-elle pas justement la preuve que les services israéliens ne sont pour rien dans les attentats de Paris ?

CEUX À QUI PROFITE LE CRIME SONT-ILS CEUX QUI L’ONT PILOTÉ ?

A cet argument, à première vue imparable, nous répondrons qu’il ne tient la route que s’il est prouvé que la “cible juive” constituée par l’Hyper Cacher attaqué le 9 janvier figurait effectivement dans le “programme” attribué aux terroristes. Or, cela n’est pas plus évident, dans ce cas-là, qu’il n’était évident que l’attaque de l’école juive de Toulouse figurât dans le programme de Merah. Dans ce dernier cas, en effet, on renverra à un article du Monde du 9 juillet 2012, selon lequel Merah a expliqué “que l’école juive qu’il avait pris pour cible était une action improvisée” (cf. notre article du 12 septembre 2012). De la même façon, il semble que Coulibaly ne se soit attaqué à l’Hyper Cacher (cible dont il semble raisonnable de penser qu’elle a été choisie par lui seul), le 9 janvier, après avoir abattu une policière municipale le 8, que parce qu’il n’avait pas réussi à atteindre la cible qu’il visait, le 7 janvier, pour créer une diversion pendant l’attaque de Charlie hebdo par les frères Kouachi.

De plus, les relations entre ces derniers et le même Coulibaly n’étaient pas, semble-t-il, d’une clarté limpide : celui-ci voulait “aider”, mais ne trouvait pas forcément un accueil confiant chez les Kouachi et l’on ne peut donc pas écarter l’hypothèse que Coulibaly ait monté son action totalement seul : si tel est le cas, le fait qu’il ait éventuellement visé une “cible juive” dès le 7 janvier ne prouve rien contre l’affirmation du maire d’Ankara, puisque cette cible ne faisait pas partie des objectifs assignés aux frères Kouachi par ceux qui avaient planifié leur opération.

En définitive, à la question “A qui profite le crime ?”, il semble qu’une réponse claire puisse être apportée, comme l’a montré la visite triomphale de Netanyahu à Paris, lors de ce 11 janvier que le monde entier nous envie (cf. notre commentaire du 13 janvier). Mais cette visite triomphale n’a pas été le seul “profit” qu’Israël ait tiré des tragiques événements de début janvier : ceux-ci ont également représenté une sorte de châtiment, que méritaient notre Assemblée nationale et notre Sénat pour avoir reconnu l’Etat palestinien ; ils ont également renforcé le thème du “choc des civilisations”, cher aux sionistes et aux néo-conservateurs américains ; ils ont, enfin, affaibli un peu plus le peu qui reste de ce qui fut la politique arabe de la France, ce qui va également dans le sens des intérêts israéliens.

Quant à faire l’hypothèse que ceux qui profitent du crime sont également ceux qui l’ont piloté, par exemple via la très louche al-Qaïda, on soulignera que l’absence vraisemblable de “cible juive” programmée lors des attentats rend cette hypothèse tout à fait plausible. On notera d’ailleurs que le site israélien dont nous avons traduit l’article ne comporte aucune dénégation indignée à ce sujet, comme si, le Mossad étant, c’est bien connu, le meilleur service secret “in the world”, on ne faisait ici que rendre à César (qui voudra bien nous pardonner de le mettre en si mauvaise compagnie) ce qui lui appartient : cette absence de dénégation indignée n’est-elle pas, au fond, ce qu’il y a de plus troublant ?

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