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UKRAINE : SOMMES-NOUS EN FACE D’UN NOUVEAU YALTA ?

4 Septembre 2014 , Rédigé par forumsi Publié dans #La crise ukrainienne depuis fin 2013

UKRAINE : SOMMES-NOUS EN FACE D’UN NOUVEAU YALTA ?

Extrait du site italien d’information en ligne NoReporter, le 1er septembre 2014 à 8 heures 52 (communiqué de Gabriele Adinolfi) :

« SI C’EST PAS D’LA SOUPE, C’EST DU PAIN TREMPÉ !

« Poutine aurait pu :

a) Soutenir Ianoukovitch.

b) Procéder immédiatement à une invasion généralisée, plutôt que de s’en tenir à la seule Crimée.

Au lieu de cela, il a laissé passer tout le temps qu’il fallait pour faire monter la tension. Aujourd’hui que ses troupes sont finalement entrées en Ukraine, que propose-t-il ? La PARTITION (…). Et quelle est l’alternative à la partition ? L’intervention, à l’Ouest, d’une force dirigée par les Anglais, lesquels récupéreraient ainsi du terrain sur les Allemands, ces derniers étant les seuls à jouer les pompiers dans cette affaire. Qui tire avantage de la situation ? Les Russes, qui, face à la rude crise qu’ils sont en train d’affronter sur le plan économique, ont ainsi une excuse pour ne pas tailler dans leurs armements, et les Américains, pour la même raison. Car le jeu de Poutine se déroule selon la logique de la Guerre froide. Etre avec Poutine -DANS LA CONFIGURATION ACTUELLE, NON DANS LA PERSPECTIVE D’UN RETOURNEMENT DE SITUATION RÉSULTANT D’UNE AFFIRMATION DE LA DILOMATIE ALLEMANDE- équivaut, par conséquent, à être avec Obama. Car, que l’on soit avec l’un ou avec l’autre, la logique de la Guerre froide fonctionne de telle façon que l’on est toujours perdant, au bénéfice de l’un et de l’autre. »

Traduit de l’italien par ForumSi

Le commentaire de ForumSi :

UKRAINE : SOMMES-NOUS EN FACE D’UN NOUVEAU YALTA ?

Dans notre commentaire du 27 août, nous exprimions l’espoir que, pour en finir, par exemple en appliquant l’idée d’une Ukraine fédéralisée, avec l’insupportable guerre entre Européens que représente le conflit à l’est de l’Ukraine, la Russie et le gouvernement ukrainien fassent enfin preuve d’esprit européen, la première en rompant avec une rhétorique (et une pratique) antifasciste (dictée par ses nouveaux amis israéliens ?) qui n’apporte aucun élément de solution (et contribue à alimenter l’incendie), le second en cessant de se conformer servilement aux mots d’ordre des gnomes de Wall Street, dont l’objectif (désormais largement atteint) est de créer un large fossé entre l’Union européenne et la Fédération de Russie.

Malheureusement, les évolutions les plus récentes vont totalement à l’encontre de nos souhaits. En effet, si l’on peut, à la limite, considérer que les déclarations de Poutine concernant une nouvelle organisation étatique à l’Est peuvent éventuellement venir en appui de l’idée d’une fédéralisation (cf. l'article ci-dessous du Figaro), la récente intensification des combats (suivi, semble-t-il, d’un cessez-le-feu, d’après les informations données par Le Monde daté du 4 septembre) laisse mal augurer de la suite. Il apparaît, en effet, que l’armée ukrainienne est maintenant en déroute : or, comment négocier correctement la mise en place d’une solution acceptable par toutes les parties lorsque l’on est à la tête d’une armée en déroute ? Tel est, nous semble-t-il, le dilemme du gouvernement ukrainien, dans la mesure où celui-ci est effectivement à la recherche d’une solution équilibrée et viable (ce qui n’est pas forcément évident...).

Dans ces conditions, on peut se demander si l’on ne va pas assister à une prise en main rapide de l’est ukrainien par la Russie (ce qui ne pourrait, bien entendu, que contribuer à élargir encore un peu plus le fossé entre celle-ci et l’UE). Et c’est ici que l’idée d’un nouveau Yalta, suggérée par Gabriele Adinolfi, prend toute sa valeur. Un nouveau Yalta, c’est-à-dire un partage de zones d’influence décidé d’un commun accord, en amont des événements actuels, entre les Etats-Unis et la Russie, cette dernière prenant en charge l’Est et laissant le reste de l’Ukraine sous influence américaine.

Et il faut bien reconnaître que les conditions dans lesquelles se sont déroulés les derniers combats viennent largement appuyer l’hypothèse d’Adinolfi. En effet, malgré leurs rodomontades et leurs ridicules “sanctions”, qui n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu, les gens de l’OTAN et les Américains n’ont pas levé le petit doigt pour aider les combattants ukrainiens. Qui plus est, on peut se demander si le gouvernement et l’état-major ukrainiens n’ont pas joué un jeu similaire, en refusant de fournir de l’armement lourd aux volontaires nationalistes qui affrontaient les insurgés de l’Est, récemment renforcés par plusieurs milliers de volontaires russes. Le Monde daté du 4 septembre comporte à ce sujet des informations particulièrement intéressantes, allant jusqu’à dire que l’état-major a volontairement laissé les nationalistes sans armement lourd pour éviter de donner trop de poids à leurs bataillons : ce faisant, il les a laissé démunis, face à des adversaires de mieux en mieux armés. Il s’agit-là d’une véritable trahison, que le gouvernement ukrainien risque de payer très cher lorsque les volontaires nationalistes regagneront la capitale : que Kiev prenne garde à la colère des combattants de Praviy Sektor !

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