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UKRAINE : LES NATIONALISTES RADICAUX SONT-ILS FONDAMENTALEMENT HOSTILES À LA RUSSIE ?

7 Mars 2014 , Rédigé par forumsi Publié dans #La crise ukrainienne depuis fin 2013

UKRAINE : LES NATIONALISTES RADICAUX SONT-ILS FONDAMENTALEMENT HOSTILES À LA RUSSIE ?

Extrait du site italien d’information en ligne NoReporter, le 2 mars 2014 à 11 heures 03 :

« EN DIRECT DE KIEV

« Ce que l’on pense derrière les barricades

« NoReporter reçoit des témoignages d’Ukraine depuis le début du mouvement de contestation. Tous ne vont pas exactement dans la même direction, mais tous concordent sur les points fondamentaux. Nous venons juste de recevoir un compte rendu d’une personne qui est sur place et qui, depuis des années, est convaincue qu’il ne saurait y avoir de futur européen sans une alliance avec Poutine, et qui, très liée aux traditions russes, aime le peuple russe, dont elle parle la langue. Voici son témoignage.

« Le chaos était tellement étendu que personne ne savait très bien par où commencer, politiquement ou ‘’géopolitiquement parlant’’. Mais il y avait un sentiment plus diffus, déjà perceptible en décembre : ‘’Les policiers ont frappé sans raison quiconque manifestait ; par conséquent, moi, homme libre, je manifeste contre eux'' disait-on alors. C’est ensuite devenu : ‘’Ils ont tiré sur les gens, et c’est maintenant la seule chose qui compte’’.

D’où une situation dans laquelle personne, non pas seulement chez les militants politiques, mais également dans le reste de la population, ne se disait disposé à se faire représenter par ‘’cette chienne de Timoshenko’’. Aujourd’hui, on cherche à en faire une madone de la protestation et à en tirer profit, mais, sur place, personne n’en veut. De manière surprenante, sa personnalité ne jouit pas seulement de l’appui de quelques pro-UE et des pro-Américains liés à Soros, mais également d’une certaine considération de la part de la Russie.

Poutine a commis, ou laissé commettre, des erreurs successives et le comportement russe semblait quasiment destiné à remettre la révolution entre les mains de nos ennemis. C’est la raison pour laquelle si, jusqu’à il y a quelques jours, tout était en équilibre instable, sans orientation précise (j’ai rencontré de nombreux combattants du Maïdan qui confirmaient se sentir plus russophiles que proches de l’ ''Occident''), maintenant, la Russie, avec le comportement qu’elle a adopté en Crimée, crée une sorte de panique contagieuse : les gens pensent que les blindés vont venir écraser le peuple à Kiev. Et même les plus russophiles brûlent aujourd’hui le drapeau russe et sont disposés à s’allier avec le Diable plutôt que de baisser la tête.

La Russie, si elle voulait défendre ses intérêts, aurait dû envoyer des forces spéciales durant la révolte : il aurait suffi de quelques experts pour la désamorcer. Aujourd’hui, au contraire, est en train de se renforcer une hostilité qui conduit les gens à penser que, par comparaison, l’ ''Occident'' est un moindre mal. Non pas en lui-même, mais comme machine antisoviétique, parce que tout un comportement de ces derniers mois a été celui des anciens tyrans communistes.

Il est un autre point à clarifier : du côté de l’ ''Occident'', on pense que l’Ukraine de l’est est russophone et que le reste du pays est de langue ukrainienne. Or, il est inexact d’affirmer que la partie occidentale parle un ukrainien pur, parce que, pendant des siècles (et, dans le cas de Lviv, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale), elle a été sous domination polonaise et que, par conséquent, lorsqu’elle s’est réapproprié l’ukrainien, elle l’a mélangé de russe et de polonais (c’est ainsi, par exemple, que là où l’on dit ''da'' en russe, on dit ''tac'' en polonais, tout comme en ukrainien). A Kiev, la très grande majorité de la population est russophone. Et même sur la place Maïdan, pendant la révolte, quasiment tout le monde s’exprimait en russe. Cette même Timoshenko, dont nous parlions plus haut, avait pour langue habituelle le russe et dut prendre des leçons d’ukrainien lorsqu’elle devint premier ministre.

En somme, nous nous trouvons en face d’une révolte populaire, et absolument pas d’une confrontation interethnique. La géopolitique n’entre absolument pas en ligne de compte. Nous avions, d’une part, un pouvoir stupide et violent qui s’efforçait de rendre les gens complices du système de profitariat mis en place, et, d’autre part, une population qui a résisté à ce processus. Nous verrons si Poutine est suffisamment intelligent pour sortir du marécage où il s’est fourré : c’est en tout cas ce que nous souhaitons ».

Traduit de l’italien par ForumSi

Le commentaire de ForumSi :

UKRAINE : LES NATIONALISTES RADICAUX SONT-ILS FONDAMENTALEMENT HOSTILES À LA RUSSIE ?

Ce témoignage d’un combattant des barricades de Kiev, probablement proche de Praviy Sektor, confirme que, comme nous l’affirmions dans notre article du 23 février, l’objectif de l’insurrection provoquée lors de la manifestation du 18 février était de renverser Ianoukovitch et sa clique, et nullement de rechercher une quelconque confrontation avec la Russie, ni un quelconque rapprochement avec l’ « Occident », pour reprendre cette terminologie de la Guerre froide que les gros médias « français » continuent systématiquement à utiliser, alors que l’Union soviétique n'existe plus depuis 1991…(c’est dire si cette terminologie est utile aux manipulations des gnomes de Wall Street, qui veulent abattre la Russie de 2014 comme ils ont, en finançant la révolution communiste, abattu celle de 1917).

Sur un autre sujet central, parce que chargé de sens politique, celui des langues parlées dans les différentes parties de l’Ukraine, ce témoignage nous apprend également que la population ukrainienne est très largement russophone, y compris à Kiev : « sur la place Maïdan, pendant la révolte, quasiment tout le monde s’exprimait en russe » ! Il est donc totalement inepte de nous asséner que la division linguistique serait l'une des principales clés pour comprendre la situation actuelle.

Ce que montre enfin ce témoignage, c’est que Poutine, qui a eu la maladresse de ne pas contrer Ianoukovitch, pour lequel il n’a aucune considération (ainsi qu’il l’a clairement laissé paraître lors de sa récente conférence de presse), peut compter, parmi ses nombreux atouts, sur une certaine russophilie des valeureux combattants radicaux de Kiev, une russophilie qui ne demande qu’à s’exprimer, à condition, bien sûr, que la Russie fasse montre de considération à l’égard de ces combattants, au lieu de tomber dans une facile rhétorique antifasciste digne de l’ex-URSS. Comme le témoin et combattant de Kiev qui s’exprime dans NoReporter, nous souhaitons bien évidemment que le président russe sache utiliser avec intelligence cet atout de la russophilie latente des combattants du nationalisme radical ukrainien, dont les héros ne sont certes pas tombés pour permettre aux Lévy, Saakachvili et autres envoyés des réseaux sionistes et néo-conservateurs de venir parader sur la place Maïdan !

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