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UKRAINE : C’EST IANOUKOVITCH QUI A FAIT PRESSION SUR LA RUSSIE, ET NON L’INVERSE !

6 Décembre 2013 , Rédigé par forumsi Publié dans #La crise ukrainienne depuis fin 2013

UKRAINE : C’EST IANOUKOVITCH QUI A FAIT PRESSION SUR LA RUSSIE, ET NON L’INVERSE !

La présentation donnée par les gros médias atlantistes manipulés de la situation en Ukraine est d’une affligeante pauvreté. Tout serait simple, en effet : il y aurait, d’un côté, l’abominable Russie dirigée par le non moins abominable Poutine, qui aurait fait pression sur l’Ukraine pour l’empêcher de conclure un accord avec l’Union européenne, pression à laquelle le président ukrainien Ianoukovitch se serait empressé de céder ; et il y aurait, de l’autre côté, les nobles démocrates « pro-Européens » (comme si la Russie n’était pas européenne !), protestant contre l’abandon du projet d’accord et exigeant la démission de Ianoukovitch, coupable d’avoir cédé à la pression russe.

Comme d’habitude, la réalité est beaucoup plus complexe. A commencer par les convictions « démocratiques et droitdelhommardes » d’une partie des manifestants de Kiev, qui semblent plus que problématiques. On en a eu la preuve lors de la conférence de presse tenue le lundi 2 décembre par les dirigeants des trois principales forces politiques constituant l’ossature de l’actuel mouvement de contestation du pouvoir ukrainien en place, à savoir (cf. Le Monde daté du 4 décembre) :

-« Svoboda » (« Liberté », mouvement nationaliste dont nous avons choisi le drapeau, comportant trois doigts dressés symbolisant le trident ukrainien, pour illustrer cet article), dirigé par Oleg Tiagnibok ;

-« Batkivchtchina » (regroupant les partisans de l’opposante emprisonnée Ioulia Timochenko), dirigé par Arseni Iatseniouk ;

-« Oudar » (regroupant les libéraux), dirigé par le champion de boxe Vitali Klitschko.

Cette conférence de presse a en effet été filmée et l’on a pu voir, lors du bulletin d’information d’i-Télé du 2 décembre à 19 heures 30, Oleg Tiagnibok, le dirigeant de Svoboda, accueilli par un impeccable salut fasciste de la part de plusieurs personnes présentes (des partisans de Svoboda ?), sans que cela ne déclenchât aucune réaction de la part des envoyés d’i-Télé, qui devaient être quand même estomaqués…Quelques minutes plus tard, à 19 heures 45, lors du bulletin d’information d’Arte, un autre reportage était retransmis sur le même sujet, d’où l’on avait soigneusement expurgé les saluts fascistes adressés à Tiagnibok.

LE NATIONALISME UKRAINIEN, DE L’OUN-B À SVOBODA

Il apparaît en tout cas clairement que le mouvement Svoboda n’a rien, mais vraiment rien, à voir avec les démocrates atlantistes et droitdelhommards. Il semble au contraire plonger ses racines dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, et être assez directement issu de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens), dont une fraction, l’OUN-B, dirigée par le fasciste Stepan Bandera, combattit alors, non seulement les forces soviétiques, mais également celles de l’Allemagne, tant était totalement délirante la politique hitlérienne menée à l’est de l’Europe. Un fasciste combattant le IIIème Reich : voilà qui devrait mettre à mal les argumentaires des professionnels de l’antifascisme et les petites certitudes des incultes antifas !

Voilà pour le contexte historique. Mais en quoi celui-ci justifie-t-il que les héritiers de l’OUN-B (les portraits de Bandera sont très présents dans les manifestations de Svoboda) se joignent aux manifestations d’aujourd’hui à Kiev pour demander la démission de Ianoukovitch ? Est-ce parce qu’ils ont le sentiment que la Russie d’aujourd’hui joue le même rôle que l’Union soviétique d’hier, ce que prouveraient les « pressions » qu’elle aurait exercées sur Ianoukovitch pour l’empêcher de conclure avec l’Union européenne, pressions auxquelles Ianoukovitch aurait cédé sans résistance, d’où l’appel à sa démission ?

Si les dirigeants de Svoboda pensent cela, ils se trompent, car si quelqu’un a exercé une quelconque pression dans cette affaire, ce n’est pas Poutine à l’encontre de Ianoukovitch, mais bel et bien le contraire ! Pour s’en convaincre, il suffit de lire un article du Monde daté du 4 décembre et intitulé « Bruxelles affirme que ‘’la porte est ouverte’’ », article dont on peut extraire le paragraphe suivant, particulièrement significatif :

« La Commission européenne se rend compte qu’elle a trop cédé au jeu d’un dirigeant qui a fait traîner en longueur sa décision sur le partenariat afin d’assurer sa survie politique et l’enrichissement de son clan, puis pour obtenir davantage d’argent de Moscou ».

IL FAUT UN ACCORD DE LONG TERME ENTRE L’UE ET LA RUSSIE

Comment mieux dire que Ianoukovitch n’avait nullement l’intention de conclure avec l’UE et qu’il n’a utilisé les négociations avec celle-ci que pour mieux faire monter les enchères du côté de Moscou, les dirigeants russes étant prêts à bien des gestes financiers pour conserver l’alliance de Kiev ? C’est donc bien Ianoukovitch qui s’est livré à un chantage vis-à-vis de la Russie, et non l’inverse ! Il faut dire que l’UE, littéralement ensevelie sous le chômage de masse, la désindustrialisation, l’immigrationnisme forcené, la drogue, le crime et la crise monétaro-financière n’a rien de spécialement attirant…

Dès lors, il convient de savoir quel est l’objectif de la propagande mensongère sur les pressions russes, propagande à laquelle ont cédé les nationalistes ukrainiens de Svoboda, puisque ces pressions sont une invention pure et simple. Pour répondre à cette interrogation, il suffit, comme toujours, de se demander à qui profitent les événements que l’on a sous les yeux. Certainement pas à la Russie, traînée une fois de plus dans la boue par les gros médias atlantistes. Certainement pas, non plus, à l’Union européenne, dont on ne voit pas très bien ce qu’elle aurait à gagner à une confrontation avec cette Russie dont elle dénonce les soi-disant pressions à l’encontre de l’Ukraine, alors qu’il est maintenant parfaitement évident que, s’il y a eu des manœuvres condamnables, ce sont celles du pouvoir ukrainien se servant de l’UE pour faire monter les enchères du côté de Moscou.

Non, si l’on veut y voir clair, il faut, à notre sens, s’intéresser au calendrier des événements et se demander, par exemple, si c’est pur hasard si ceux de Kiev se développent après les deux échecs que les néo-conservateurs américains (qui représentent encore une puissance considérable aux Etats-Unis, même si Obama tente avec un certain succès de s’en affranchir) et les réseaux sionistes viennent de connaître dans les affaires syriennes et iraniennes. Car même si ces deux échecs ne sont quand même pas totalement catastrophiques pour les forces dont nous parlons, celles-ci ne les ont certainement pas bien digérés et cherchent à rebondir le plus rapidement possible.

On se souvient du rôle joué par un personnage comme Soros dans le financement des « révolutions de couleur » au sein de pays de l’ex-Union soviétique. Croit-on vraiment que ce sinistre personnage soit totalement étranger à ce qui se passe en Ukraine ? Et, plus largement, croit-on vraiment que les gnomes de Wall Street, dont les connexions communautaires avec les forces dont nous parlons sont évidentes, soient elles aussi totalement étrangères aux diverses manœuvres visant à discréditer la Russie, cette Russie à laquelle ils ne pardonnent pas d’avoir conservé le contrôle de ses gigantesques ressources naturelles, ce grâce à la direction éclairée de Poutine ?

Ce qui est clair, en tout cas, c’est que le jeu des forces dont nous venons de parler n’a rien à voir avec les intérêts de l’Europe. Si l’Union européenne veut enfin exister sur le plan international, elle doit cesser de jouer le jeu des adversaires de la Russie, la plus grande puissance européenne, et rechercher au contraire un accord politique et économique de long terme avec cette grande puissance et ce peuple frère. Voilà un thème qui devrait être un élément central de toute liste défendant sincèrement les intérêts de nos peuples lors de la prochaine campagne des Européennes. Mais nous n’en sommes pas encore là : en attendant, refusons toutes les provocations antirusses, qui ne sont que des provocations anti-européennes, et exigeons de nos diplomates qu’ils se consacrent enfin à la défense des intérêts légitimes de l’Europe !

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